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Abdou Latif Coulibaly : « Comment j’ai vécu l’assassinat de Me Babacar Sèye »

vendredi 18 mai 2012

Ce 15 mai est l’anniversaire de l’assassinat de l’ancien président du Conseil constitutionnel, Me Babacar Sèye. Une occasion saisie par l’auteur du livre : « Affaire Me Sèye, un meurtre sur commande », Abdou Latif Coulibaly, pour rappeler comment il a vécu cet assassinat. Témoignage de l’ancien journaliste devenu conseiller spécial du président de la République, Macky Sall. C’était dans les colonnes du journal "Le Quotidien" de ce mardi 15 mai.


"C’est l’un des événements les plus importants dans ma carrière de journaliste. Je reviens sur ça avec beaucoup d’émotion. C’était un samedi 15 mai. J’ai un reçu un appel d’un confrère qui m’a relaté ce qui venait de se passer. J’ai demandé dans quel état il était, il m’a répondu qu’il n’était pas mort. Mais, il a été blessé et transporté à l’hôpital. J’ai immédiatement sauté dans ma voiture", déclare Abdoulatif Coulibaly qui poursuit :

"A l’époque, il n’y avait pas de téléphones portables. J’ai contacté à partir du fixe le rédacteur en chef du journal Sud Quotidien. En moins de deux heures, nous avons tous rappliqué à l’hôpital Principal de Dakar. Nous avons eu la chance d’avoir un appel qui revendiquait l’assassinat de Me Sèye. Je peux dire aujourd’hui sans aucun doute qu’il s’agit de la voix de Clédor Sène (Condamné à 18 ans de prison avant d’être gracié par Me Wade). Nous avions gardé l’enregistrement en lieu sûr. Nous avions la preuve de l’existence de cet enregistrement. Au sein de la rédaction, nous tenions trois réunions par jour sur cette affaire. En tant que journaliste, je pense avoir vécu les moments les plus intenses de ma vie avec cette affaire. C’était fantastique. Le procès a été un moment extraordinaire qui a marqué un repère dans le temps de la naissance des radios. A l’époque, Sud Fm venait de naître.", ajoute le journaliste d’investigation devenu conseiller du Président.

"C’était un moment palpitant. Les Sénégalais étaient capables de dire dans les détails quels étaient les plaidoiries, les points de droit, les faits. Il y avait un témoin-clé auquel les journalistes faisaient allusion régulièrement ce qui faisait rire les Sénégalais. Il s’agit du défunt Ahmet Diène. Clédor Sène lui a dit : « Ahmet Diène, vous êtes mon oncle. » Il lui répondait en wolof : « Clédor, tu aimes avoir des oncles. Je ne suis pas ton oncle. »"

Et le journaliste de souligner : "La presse n’était pas aussi massive qu’elle l’est aujourd’hui. Ce qui fait qu’il ne pouvait pas y avoir de pressions sur la justice. Le président Arona Diouf (décédé), présidait les Assises spéciales. On se régalait. Franchement on se régalait. Il y avait tout dans cette affaire jusqu’à la condamnation à 18 ans de prison pour Assane Diop et Clédor Sène et 15 ans pour Pape Ibrahima Diakhaté".

Avec Nettali

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