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Abrogation du décret sur la taxation des appels entrants Comment Sonatel a « dribblé » Macky Sall !

mardi 22 mai 2012


n arrivant au pouvoir, Macky Sall a été clair. Il lui faut trouver de l’argent pour satisfaire les nombreuses doléances des sénégalais, et il a commencé par recouvrer toutes les créances de l’Etat et essayer de normaliser les rapports avec des multinationales dans lesquelles, notre pays détient des actions. C’est dans ce cadre que l’Etat et les opérateurs de télécommunications sont convenus de travailler ensemble pour résorber le gap de recettes sur les prévisions de 50 milliards de francs Cfa que devrait générer la taxation des appels téléphoniques internationaux entrant au Sénégal. Puisque, seuls, en effet, 26 milliards de francs Cfa, en recettes, seront engrangés pour l’exercice 2012, en attendant des lendemains meilleurs supposés provenir de la hausse du trafic qui doit advenir, avec l’abrogation du décret de la taxation des appels entrants.

Abrogation du décret sur la taxation des appels entrants Comment Sonatel a « dribblé » Macky Sall ! Ainsi, des négociations ont abouti à la signature, le 5 mai dernier, d’un protocole d’accord entre les différentes parties, par ce que l’abrogation de l’ancien décret instaurant les taxes sur les appels entrants est expliquée par plusieurs raisons, dont la perte de recettes engendrée par l’importante réduction du volume du trafic sur l’international. On parle même d’une baisse des recettes, aussi bien pour les opérateurs que pour l’Etat, sans compter une charge supplémentaire pour la Diaspora sénégalaise.

Pour y remédier donc, et pour permettre à l’Etat de récolter 50 milliards de francs Cfa de recettes fiscales, par an, un nouvel accord de principe a été conclu pour que ces 26 milliards constituant les redevances attendues au 15 mai (ce sont les estimations de recettes d’avril et mai), soient versés au Trésor public. Et pour le recouvrement du gap, il est retenu principalement la reprise de la hausse du trafic. Mais, que signifient 5O milliards annuels face à des super-profits des opérateurs de téléphonie qui taquinent les 400 milliards, à chaque exercice ?

Depuis quand les opérateurs de téléphonie ont-ils connu des gaps qui ont impacté sur leurs chiffres d’affaires durant tout le temps des appels entrants ? L’Etat est-il informé à bonne source, ou sont-ce encore les compromissions « célestes » de la cour présidentielle qui sont entrées en action, pour permettre aux opérateurs de téléphonie de se sucrer sur le dos des sénégalais, avec des super-bénefs que s’octroient France Télécom et quelques heureux actionnaires, quand le client sénégalais se plaint de la qualité et du coût des services ?

En tout cas, en ce qui concerne Sonatel (qui doit être aux anges, pour avoir réussi à signer pareil accord qui l’épargne de bien de contrôles), les choses sont tout autres. Si la société peut prétendre, une seule minute,avoir perdu des sous, avec l’entrée en vigueur des appels entrants, c’est qu’alors son bilan d’activités, est pipé dès le départ. Dans ses résultats financiers de l’exercice 2O11, il ressort des performances maintenues. Autrement dit, le maintien de la dynamique de croissance est resté rentable, toute l’année passée, malgré la mesure de la surtaxe sur les appels entrants réintroduits au quatrième trimestre par le Président Wade, lequel avait bien besoin de renfler ses caisses, en direction de la présidentielle et ne se faisait aucun souci majeur avec les moyens d’y parvenir. Ainsi, si le chiffre d’affaires d’Orange –Sénégal a été de 599,002 milliards en 2010, il a été porté à 635,361 milliards en 2011, soit une hausse approximative de 6%. Comment une entreprise qui fait des bénéfices, peut-elle perdre ? Comment surtout, dans ces conditions, prétendre que Sonatel a subi le contrecoup de la surtaxe sur les appels entrants ? Mieux ou pire. Comment accepter que la société fasse miroiter à l’Etat, une cinquantaine, voire une soixantaine de milliards par an, alors que ses bénefs dépassent largement les trois cent milliards, par exercice ? Et qu’on ne vienne surtout pas nous parler de moins d’appels des sénégalais de l’extérieur (surtout de France), et de hausse sur les coûts d’appel. D’abord, parce que ces appels de particuliers ne pèsent pas bien lourd sur le chiffre d’affaires de Sonatel, ensuite parce que quand ils viennent de l’extérieur et sont facturés Orange, ils sont restés les mêmes pour toute la zone Afrique. Et depuis un bon nombre d’années, ils n’ont subi aucune variation, facturation appels entrants ou pas.

En revanche, on peut très bien disserter sur les motivations des dirigeants de la boite qui, lors du Conseil Présidentiel avec Wade, avaient montré des dispositions à payer leur écot, si on leur laissait le soin de le faire avec leurs propres méthodes. Et qui, dès la signature de l’accord avec les nouvelles autorités, se sont dépêchées de récompenser une partie du personnel, avec même de nouveaux syndicalistes maison, dans le Conseil d’administration. Les mêmes « braves travailleurs » qui avaient mené le combat au front, alors que la direction générale a fait profil bas durant toute la bataille.

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