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Accident à Tassilima : Une femme mortellement heurtée par un gendarme en état d’ivresse

jeudi 28 août 2008

Les populations du village religieux de Tassilima dans le nord de la région de Sédhiou, ont érigé hier, mercredi des barrières sur la route nationale numéro 4 pour, disent-elles, limiter l’allure avec laquelle les automobilistes traversent leur village. Elles ont ainsi réagi à la mort d’une femme de 45 ans mortellement fauchée, le mardi dernier, par un gendarme qui serait en état d’ivresse.


Le réveil a été brutal, hier, mercredi à Tassilima, village religieux situé à la sortie ouest de Madina Wandifa dans le nord de la région de Sédhiou. Et pour cause, une femme de 45 ans a été mortellement fauchée par un automobiliste devant le portail de son domicile, pourtant situé à une dizaine de mètres de la chaussée.

En effet, il était un peu plus de 21 h 30, quand la Peugeot 405 immatriculée ZG 6085 A, en provenance de Bounkiling a heurté une charrette tirée par un cheval qui s’était arrêté au bord de la route. Le chauffeur, un gendarme du nom de Moussa Niang, en service à la brigade de Bounkiling a, à cet effet, complètement perdu le contrôle de son véhicule qui va ôter la vie à la dame Néné Gallé Diallo, venue à la rescousse de son fils, après avoir entendu un bruit inhabituel. Après avoir tué la bonne femme, le véhicule a terminé sa course sur un mur de clôture, de l’autre côté de la route, à cent cinquante mètres du lieu du drame.

La violence du choc et la distance parcourue par le véhicule de part et d’autre de la chaussée avant de s’arrêter font croire aux populations que le chauffeur était en état d’ivresse et roulait à vive allure. ‘Au moment où il faisait cet accident, il était ivre mort. Il ne pouvait même pas se tenir debout quand il est sorti du véhicule. Tous ceux qui étaient là, juste après le drame, pouvaient sentir l’odeur de l’alcool. Il n’était pas du tout lucide’, explique le porte-parole des jeunes de Tassilima, Cheikh Tidiane Coly.

L’intervention du marabout de la localité, El Hadji Cheikh Sidya Diaby, a pu éviter de justesse le lynchage du chauffeur. Ce dernier a tenu, selon les témoins, des propos malveillants à l’endroit des jeunes venus au secours de la victime et des quatre autres personnes blessées. ‘Si le marabout n’avait pas demandé aux gens de rester calme, on allait le bastonner à mort. Parce qu’il a été incorrect avec nous. Il disait que l’état de son véhicule lui préoccupait plus que celui des gens heurtés. C’est quelqu’un qui se croit tout permis du fait de son statut de gendarme’, s’indigne Koutoubo Diaby, un des fils du khalife de Tassilima.

A la gendarmerie de Bounkiling, on confirme les circonstances de l’accident relatées par les témoins du drame. Le commandant de brigade, qui a fait le constat, affirme que la loi sera appliquée dans toute sa rigueur. Ce qu’exigent d’ailleurs les parents de la victime qui ont déposé une plainte contre le gendarme.

Pour l’heure, le village est plongé dans la consternation. La tristesse et la désolation ont envahi les populations. Mais en attendant, conformément aux indications du chef religieux, les jeunes de la localité ont érigé des chicanes sur la nationale 4 pour limiter l’allure des véhicules qui roulent à tombeaux ouverts sur cette route. Ils exigent l’implantation des dos d’ânes pour réduire la fréquence des accidents. ‘C’est la troisième fois en moins de deux ans que les populations sont frappées par ce genre de drame. Donc, il faut que les autorités nous aident à mettre des dos d’ânes pour limiter la vitesse des véhicules à hauteur du village’, soutient El Hadji Cheikh Sidya Diaby, le guide religieux de Tassilima.

Source : Walf

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