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Amadou Lamine Sall encourage les jeunes poètes à écrire en langues nationales

lundi 31 mars 2014


Le poète Amadou Lamine Sall appelle ses jeunes confrères à s’orienter vers les langues nationales, pour ne pas forcément écrire en français.

« Je dis aux jeunes poètes qu’ils ne sont pas obligés d’écrire en français, surtout quand on ne maîtrise pas cette langue. (…) Il ne faudrait pas que tout le monde se rue vers la langue française, en se disant que si on n’écrit pas dans cette langue, on ne sera pas connu », a dit M. Sall dans un entretien avec l’APS.

« Une langue, quelle qu’elle soit, doit être respectée, quand on choisit de la parler et de l’écrire. C’est valable pour le français, pour le sérère, le wolof, le pulaar, le mandingue, etc. », a-t-il soutenu.

Amadou Lamine Sall, lauréat du Grand prix de l’Académie française, estime qu’« on peut écrire et produire des œuvres de beauté dans les langues nationales, qui sont très belles, au lieu de vouloir coûte que coûte écrire en français, sans maîtriser cette langue ».

« Toute la poésie écrite ou déclamée en langue nationale est extraordinaire. C’est une poésie belle, forte et vivante, qui dame le pion à la poésie d’expression française », a encore dit ce poète qui a toujours écrit en français. Selon lui, il existe au Sénégal de « prodigieux » écrivains en langues nationales.

Il souhaite que le gouvernement trouve un budget pour assurer la traduction des productions littéraires faites en langues nationales en français et dans d’autres langues internationales, dont l’anglais, l’espagnol et le chinois.

« Ce qu’il faut, c’est une politique de traduction des œuvres en langues nationales vers le français et réciproquement. Le ministère de la Culture et le ministère des Affaires étrangères doivent ensemble, coopérer dans ce sens, avec leur budget », a plaidé M. Sall, fondateur de la Maison africaine de la poésie internationale (MAPI).

« Des écrivains ont été récompensés du Prix Nobel de littérature, et ils n’ont jamais écrit en français, ni en anglais ou en espagnol (…). Il faut aussi que les aînés, dont nous-mêmes, acceptions de faire aimer la poésie aux jeunes », a-t-il ajouté.

Aussi exhorte-t-il les jeunes désireux de devenir poètes à « beaucoup lire » les langues dans lesquelles ils veulent s’exprimer.

MF/ESF/BK

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