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Comment Pierre Aïm s’est accaparé des biens d’un symbole de la reussite senegalaise

vendredi 14 août 2009

Le dossier qui oppose les Douanes sénégalaises au délinquant financier Pierre Aïm a finalement accouché d’une souris. Ce Français, « interdit de compte bancaire et d’exercice de gestion » en Europe après une nuit passée à la gendarmerie du Port, a été finalement libéré ce jeudi à dix-huit heures. Par quelle alchimie ? Quoi qu’il en soit, sa démêlée avec la Douane, qui a levé un coin de voile sur son vrai visage, sonne comme un début de descente aux enfers pour ce complice de Me Wade et de son fils, Karim, dans l’accaparement de biens appartenant à autrui ? Esquisse pour vous de la vraie face de ce délinquant Français à col blanc, dont les complices commencent à distiller des contrevérités.


Pierre Aïm est un protégé obligé du président sénégalais, Me Abdoulaye Wade. Car, comme lui-même l’explique, Me Wade « n’a pas oublié sa traversée du désert » durant laquelle il l’a « assisté ». Ainsi, dés son accession à la magistrature suprême, Me Wade prendra son téléphone pour dire à M. Aïm : « Il y a une affaire à prendre ici au Sénégal, et toi, tu as connu ça dans le passé ». Me Wade pouvait renvoyer l’ascenseur à son ami, parce qu’un jeune Sénégalais, qui avait tenu tête à la multinationale Coca-Cola, sept ans durant, s’était ouvert à lui pour avoir un concordat aux fins de créer plus d’emplois au profit du pays. Il venait de se jeter dans la gueule du loup, qui se présentait à lui sous des apparences de « président de tous les Sénégalais », avec à la bouche le slogan « travailler, encore travailler et toujours travailler ».

Ce jeune Sénégalais, c’était Cheikh Tall Dioum, auquel, le ministre d’Etat, sous Diouf, Me Wade avait remis « l’Oscar du meilleur manager africain ». C’était en 1993 au Méridien Président et devant tous ses pairs africains. En lui et place de coup de pouce, Cheikh Tall recevra un coup de massue, puisque qu’ayant ouvert au nouveau président la possibilité de s’affranchir d’un ancien souteneur intéressé, qui commençait à réclamer ses « investissements. Car l’affaire » juteuse qu’évoque le nouveau président Wade n’est rien d’autre que les Nouvelles Brasseries Africaines (Nba), montées à la sueur de son front par le jeune et innovateur opérateur économique sénégalais, Cheikh Tall Dioum, baptisé éloquemment « Golden Boy ». Et, puisque la morale, ce n’est pas pour un nouveau prince, en plus endetté, il fallait coûte que coûte récupérer cette « affaire » ; quitte à fabriquer un dossier pour envoyer son propriétaire en taule.

Ce qui sera exécuté, en faisant liquider la société par voie judiciaire et la récupérer. Pour un investissement réel de plus de dix milliards, les NBA seront reprises par M. Aïm à cinq cents millions , soit 5 % de leur valeur réelle. M. Aïm ne respectera aucun des engagements tenus envers Monsieur Dioum. Me Wade le sait, mais le tait. C’est cette usine qui rapporte aujourd’hui, comme le confesse Pierre Aïm, plus de 500 millions de francs par mois, soient sept milliards l’an. M. Aïm avait fait la révélation dans les colonnes du journal « Le Quotidien ».

Toujours avec l’appui de Me Wade, M. Aïm va encore s’enrichir sur le dos du Golden Boy, auquel, également, il arrachera le groupe de presse « Com. 7 », avec la connivence de l’entrepreneur Bara Tall, qui était en son temps le levier de Wade et famille. Il n’est donc pas étonnant que le journal « Le Populaire », qui appartient au groupe « Com. 7 », prenne faits et cause pour Pierre Aïm, qui est devenu le patron de l’organe « Le Populaire » avec Bara Tall. Sa Une est d’ailleurs révélatrice : « Dossier vide ». C’est sa conviction à propos de la fraude douanière commise par Pierre Aïm. On ne peut pas mieux aller plus vite en besogne, pour qui sait que la Soboa, qui produit 80 % des boissons sucrées du Sénégal, sans compter l’alcool, importe environ 4000 tonnes de sucre par an. Pierre Aïm qui ne produit même pas les 10 % des boissons sucrées du pays, ne peut pas en conséquence importer plus de 800 tonnes par an.

C’est dire qu’il aura du mal à justifier ses importations de ces quatre dernières années. Faites le calcul ! Le journal va encore très vite en besogne, pour qui sait que les Douanes sénégalaises sont réputées professionnelles, équipées et sérieuses.

Chapeau quand même à nos confrères, parce que Goebbels, le propagandiste du nazi Adolphe Hitler, n’aurait pas trouvé meilleur titre pour chercher à brouiller les cartes et à semer la confusion et le doute dans l’esprit des Sénégalais. Ce que ce journal évite qu’on dise c’est que, de fait, Pierre Aïm n’a rien créé au Sénégal. Toutes les sociétés sur lesquelles il est assis ont été arrachées, mais appartiennent toujours à Cheikh Tall Dioum, qu’il a saigné grâce à la complicité de Me Abdoulaye Wade, de Bara Tall et de Me Mame Adama Guèye ; celui-là même qui avait mis sa maison, sise sur le littoral et derrière le cabinet « Atepa », à la disposition de Pierre Aïm à raison de 30 millions de francs Cfa par an.

Hélas, aujourd’hui c’est comme un début d’une justice divine qui a fait que Me Wade et Bara Tall se regardent en chiens de faïence ; tout comme Me Wade et Me Mame Adama Guèye. C’est encore ce même début de justice divine qui vaut à Pierre Aïm ce qui lui arrive. Tous ont mauvaise conscience d’avoir scalpé un jeune Sénégalais qui ne connaît et ne compte que sur le travail. Bien qu’étant un des acteurs dans ce que l’on pourrait appeler « la cabale contre le Golden Boy », Youssou Ndour, censé être son ami, baissera les bras pour aller faire prospérer ses propres affaires. Il laissait ainsi le champ libre aux vautours qui voulaient, vaille que vaille, récupérer le groupe de presse, l’imprimerie et les usines de Monsieur Dioum.

Ulcéré, le golden boy regardera faire pour s’activer dans d’autres secteurs. Cheikh Tall Dioum, qui séjourne actuellement à l’Extérieur et que nous avons pu joindre au téléphone, a clairement indiqué qu’il n’est pas « du genre à renoncer aux fruits de la sueur de (son) front ». Finalisant une « affaire d’envergure », il nous a promis un entretien dès son retour au cours duquel il clarifiera « tout ».

Ce que « Le Populaire », qui est une création de Cheikh Tall Dioum, cherche, encore, à cacher ou étouffer, c’est que son « patron » Pierre Aïm est un délinquant à col blanc d’envergure internationale : En Italie, il a été coffré pour détournement de biens sociaux. Il a détourné 50 millions d’euros à la trésorerie de la Société parisienne d’alimentation et de distribution (Spad), soient 30 milliards de nos francs ! C’est pour toutes ces raisons qu’il est « interdit de compte bancaire et d’exercice d’un métier de gestion » partout à travers le monde. Cela, Me Wade le sait mieux que quiconque, tout comme son ancienne ministre Fatou Taya Ndiaye, qui fut employé de Cheikh Tall et de M. Aïm. D’ailleurs « Le Populaire » devait interroger l’ancienne ministre sur ses relations avec Pierre Aïm. Un jour, tout se saura.

Contrairement à ce qu’avance une certaine presse, entre Me Wade, son fils Karim et M. Aïm, ce n’est pas encore tout à fait la banquise. Ils ne sont pas, du tout alors, restés deux ans sans se voir. Ceux qui le disent veulent cacher qu’avant d’aller en vacances, Me Wade a rencontré M. Aïm. C’était il y a une quinzaine de jours de cela. Nos sources sont catégoriques à ce sujet. Qui fabrique un monstre sera poursuivi par celui-ci. C’est comme ça ! Ce que « Le Populaire » de M. Aïm cherche, également, à cacher, c’est que son « patron » est si conquérant au Sénégal, grâce à Me Wade, qu’il s’est opposé à la volonté d’un grand assureur de la place de construire sa maison, en dépit d’une autorisation en bonne et due forme. M. Aïm lui a signifié que son projet allait l’empêcher d’avoir une « vue sur la mer ». Le repris de Justice ne se terre plus. Leur contentieux est d’ailleurs pendant devant la Justice.

Le francais d’origine tunisienne, M. Aïm, tient le président Wade au collet. C’est une lapalissade. Pour preuve, il détient, toujours, son passeport diplomatique sénégalais ! Celui-là même qu’il avait utilisé pour aller retirer les 7 milliards taïwanais, qu’il transférera dans le compte de son fils Emmanuel Aïm aux Etats-Unis d’Amérique. En dépit de tout, comme il l’a reconnu, il a perçu une commission de 800 millions de nos francs à l’occasion de cette mission ! À propos, où sont ces 7 milliards que Me Wade, sous la pression des médias, s’était engagé de remettre au Trésor sénégalais, qui ne les a pas encore encaissés ? Seuls, Me Wade, Pierre Aïm et leurs fils respectifs, Karim et Emmanuel, connaissent ; l’ancien Premier ministre Idrissa Seck, aussi, probablement.

Nous reviendrons sur l’affaire qui vaut à Pierre Aïm de passer sa première nuit à la gendarmerie du Port, au moment où son ami Me Wade se repose en Suisse, face aux montagnes. Quant à Karim, il est entre deux avions pour peaufiner sa stratégie dans la perspective de succéder à son père. Certainement qu’en dépit de leurs différences de situations, tous les protagonistes de « la cabale contre le Golden Boy » méditent sur l’adage qui dit que : « Bien mal acquis ne profite jamais » ; s’ils n’ont pas commencé à le vérifier. En tout cas, Karim ne dîne plus avec Bara Tall, qui a juré de le « détruire ».

Source : Xibar

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