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Contrefaçon d’anti-paludéens, d’anti-rétroviraux... : Ces médicaments qui tuent

lundi 29 décembre 2008

Les médicaments les plus touchés par la contrefaçon en Afrique sont les anti-paludéens qui sont parmi les produits les plus contrefaits, mais également les anti-tuberculeux, les médicaments contre le Sida… Ce qui rend le phénomène plus dangereux, c’est qu’on retrouve ces médicaments sur le marché informel. La révélation a été faite hier par le Dr Amor Toumi de l’Unité de régulation des médicaments à l’Oms, lors du 1er Salon international de la pharmacie, de la parapharmacie et du bien-être, ouvert samedi à Hammamet, à l’est de la Tunisie.


HAMMAMET- (Tunisie) - ‘Dans les pays développés, 1 % des médicaments mis en circulation sont contrefaits alors qu’ils sont environ 10 % dans les pays en développement. Pour certains pays africains, les médicaments contrefaits peuvent atteindre jusqu’à 40 % des médicaments consommés. C’est le cas du Nigeria’. La révélation a été faite hier, dimanche, par le Dr Amor Toumi de l’Unité de régulation des médicaments à l’Organisation mondiale de la santé (Oms), qui introduisait, dans le cadre du 1er Salon international de la pharmacie, de la parapharmacie et du bien-être, ouvert samedi dans la station balnéaire de Hammamet, dans l’Est de la Tunisie, le panel sur ‘la contrefaçon du médicament dans le monde’. Cependant, reconnaît l’expert, des efforts sont en train d’être menés pour éradiquer le phénomène. Ainsi, dira le Dr Toumi, ‘le Nigeria est passé de 40 % de médicaments contrefaits mis sur le marché à près de 16 % d’après nos statistiques’.

D’après l’expert de l’Organisation mondiale de la santé, ‘en Afrique, il y a un problème majeur : les médicaments les plus touchés par la contrefaçon sont les anti paludéens qui sont parmi les produits les plus contrefaits, mais également les anti tuberculeux, les médicaments contre le Sida… Ce qui rend le phénomène plus dangereux, c’est qu’on retrouve ces médicaments sur le marché informel dans des pays confrontés à un sérieux problème de contrôle aux frontières. En effet, les marchés informels constituent un lieu propice’ à ce commerce délictueux.

Or, un tel commerce rapporte gros, très gros même d’après tous les experts qui se sont exprimés, hier, à la tribune du 1er Salon international de la pharmacie surtout quand on sait que même les médicaments entrant dans le traitement des cancers sont contrefaits. Ainsi, d’après l’Oms, le commerce des médicaments contrefaits devrait générer 60 milliards de dollars en 2010. Et les experts présents à Hammamet de confirmer par un constat : ce commerce connaît une croissance plus importante que celle de l’économie mondiale.

Toutefois, ces produits peuvent s’avérer très nocifs pour l’homme. D’après le Dr Amor Toumi, ‘le danger majeur de ces médicaments contrefaits, c’est leur toxicité. Celle-ci peut résulter de la mauvaise fabrication, parce que fabriqués avec des produits qui sont eux-mêmes contrefaits’. Mais l’expert de l’Oms refusera de donner des statistiques sur le nombre des victimes de la contrefaçon des médicaments en Afrique au motif qu’une enquête est actuellement en cours. Tout juste, constatera-t-il que ‘dans les pays fortement réglementés, seuls moins de 1 % des médicaments sont contrefaits et dans les pays où la réglementation est faible, moins de 2 % des produits ne sont pas contrefaits’.

Consciente que la contrefaçon sur les médicaments est un fléau qui menace le bien-être de l’humanité, l’Organisation mondiale de la santé lui a déclaré la guerre. C’est ainsi qu’annonce le Dr Toumi, ‘plusieurs dizaines de millions de médicaments contrefaits viennent d’être saisis en Asie’. Mais il reste que le pays le plus affecté par le phénomène est la République populaire de Chine, suivie du Pérou. Pourtant, les pays où transitent les médicaments contrefaits avant d’inonder le monde sont connus. C’est le cas notamment des Emirats arabes unis, en particulier de Dubaï qui est considéré aujourd’hui comme un danger pour l’Amérique et l’Union européenne parce que la majorité des produits contrefaits introduits sur ces marchés proviennent de ce petit émirat du Golfe arabe.

Seulement voilà : aucune convention internationale n’interdit la commercialisation des médicaments contrefaits. Il s’y ajoute qu’au niveau interne, les pays touchés par le fléau ne le sanctionnent pas ou si peu. Ainsi, révèlera pour s’en désoler le Dr Ali Ibrahim, le secrétaire général de l’Union des pharmaciens arabes (Upa), ‘aux Etats-Unis, la contrefaçon sur un tee shirt vous vaudra une peine de 10 ans de prison alors que celle sur un médicament n’est sanctionnée que d’une peine allant d’un à deux ans’.

Source : Walf

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