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Coumba Gaye sur la défaite de Wade : « La jeunesse du parti n’a pas pu contrecarrer Y’en a marre »

mardi 10 avril 2012


Elle est d’attaque : Malgré la défaite humiliante de son candidat à la Présidentielle, les anges du pouvoir n’ont pas encore quitté l’ancienne ministre déléguée Coumba Gaye. Dans sa villa douillée nichée dans un quartier résidentiel de Dakar, Coumba Gaye savoure encore les beaux restes du pouvoir confisqué par Macky Sall. Loin des bruits des moteurs et bercée par les vagues de la mer, l’ancien ministre délégué tente de se remettre de la défaite du 25 mars 2012. Drapée dans une robe bleue de nuit assortie de rouge, elle ne laisse transparaître sur le visage aucun signe de déception. Elle affiche même une mine radieuse. Mais ceci n’est que l’effet du discret maquillage qu’elle a posé avec délicatesse sur son visage. Dans son discours, Coumba Gaye laisse pourtant transparaître un brin de regret. Elle se rémémore les fautes, leurs fautes, qui ont conduit à la débâcle, les querelles liées au renouvellement fratricide des instances de l’Ujtl. Coumba Gaye aborde également dans cet entretien son avenir dans le Pds, Wade à sa tête et les chances de Karim comme SG. Elle a aussi donné sa position sur une possible transhumance. Comment appréciez-vous la défaite de votre candidat ? On a vécu des moments très intenses récemment avec la défaite. On aurait souhaité que notre candidat remporte la victoire. Mais les réalités sont autres parce que nous sommes dans un combat démocratique où le choix du peuple importe énormément. Mais ce n’est pas par faute de compétences que nous avons perdu. On a un candidat qui a le profil des meil­leurs. Mais, le peuple aussi a ses raisons qui guident ses choix. Abdoulaye Wade nous a éduqués sur la base de principes démocratiques et des principes républicains qui font que quelle que soit la décision du peuple nous avons l’obligation de l’accepter avec sérénité. C’est ainsi que nous le prenons et nous respectons ce choix. Nous souhaitons également au nouveau Président de réussir sa mission. Qu’il puisse vraiment répondre aux attentes du peuple Sénégalais parce qu’après tout, la République prend le dessus sur tous les combats. On ne peut pas considérer le nouveau Président comme un adversaire ou un ennemi ou quelqu’un qui nous a arraché le pouvoir.

Aujourd’hui on a perdu le pouvoir, mais on peut dire qu’on s’en est sorti très satisfaits. Wade nous a honorés. De ce point de vue, il a accompli sa mission. C’est vrai que les priorités changent, entre 2000 et 2012, les réalités ne sont plus les mêmes. A l’époque Wade a pu satisfaire les demandes des Séné­galais. C’est ce qui explique sa réélection en 2007. En 2012, il a perdu car les sénégalais ont d’autres priorités. Cela ne veut pas dire qu’il a démérité, parce qu’il a eu à faire un travail colossal et remarquable. C’est une source de satisfaction et de fierté.

Avez-vous été surprise par cette défaite ? J’ai été surprise. Cela m’a fait mal parce que je ne m’attendais pas à cette défaite. Après le travail de base qui a été fait, et notre proximité avec les populations, je me disais que Wade allait gagner. Je le pensais avec certitude. Mais lorsque les résultats ont commencé à tomber, j’ai su que ce n’était pas exactement ce à quoi je pensais. Sur ce, je me suis félicité de la grandeur de Me Wade qui a reconnu sa défaite à un moment où personne ne s’y attendait. Il a montré vraiment qu’il était un homme d’une dimension incommensurable. Pour moi, il restera le plus grand panafricaniste du Sénégal et de l’Afrique. Cela nous a donné un peu de baume au cœur et nous a permis de mieux digérer cette défaite. Quand il a pris son téléphone pour appeler Macky Sall, on avait du mal à le croire. Il a eu une grande sortie. Les Sénégalais l’ont accompagné. Sa maison ne désemplit pas. Du matin au soir, il reçoit les gens, et les écoute sans se fatiguer parce que c’est un amour qu’il a pour le Sénégal et son peuple.

Vous dites que vous aviez un bon candidat. Comment expliquez-vous alors votre défaite ? Il y a des raisons internes et externes. Comme tout grand parti, le Pds a eu à traverser énormément de remous internes. Parce que les grands partis ont toujours des tendances, des courants avec souvent des sensibilités. Ceci ne profite pas à l’unicité du parti. Nous l’avons vécu, il y a eu des combats internes, parce ques nos intérêts ne convergent pas forcément. Pour­tant nous répondons de la même idéologie et à une même constante qui est Me Wade. D’autres raisons externes liées à la candidature de Abdoulaye Wade. Mais moi, j’ai toujours été convaincue que la candidature de Wade était constitutionnellement valable. D’aucuns ont contesté sa candidature, mais moi j’ai toujours été certaine qu’il pouvait légalement et légitiment se présenter. Cela aussi a créé pas mal de frustrations et a déboussolé certains qui se sont radicalisés. Cette réaction même si elle n’était pas celle de la majorité, était une réaction du peuple qui n’a pas profité au régime lors de l’élection. Le Sénégal est un pays de paix, les tensions ont joué en faveur de ceux qui ont joué à déstabiliser la quiétude nationale. Ce qui reflète les résultats que nous avons obtenus alors que nous avons bien travaillé au sein du parti. Les responsables du Pds ont fait ce qu’il fallait faire. Et dans le fond, on s’est rendu compte que les gens n’étaient pas contre Wade, contrairement à ce que certains voulaient faire croire. Les gens n’avaient plus de repères, ils ne comprenaient pas leur besoin de changement. C’est le Sénégalais qui est comme ça, il a le goût du nouveau. Mais toujours est-il que Me Wade reste dans le cœur de beaucoup de Sénégalais. Au deuxième tour aussi, la radicalisation de tous les partis de l’opposition a fait la différence.

Est-ce que votre différend avec Bara Gaye n’a pas impacté négativement sur le résultat de Wade ? Je ne dirais pas non. La jeunesse est le socle, le fer de lance d’un parti. On a procédé aux renouvellements des instances de l’Ujtl (Union des jeunesses travaillistes et libérales) et il y a eu des failles. Cela a engendré des répercutions. Cela a laissé beaucoup de séquelles. En dehors de ma personne, il y a eu énormément de jeunes du parti qui ne se sont pas retrouvés dans certains choix. A un certain moment dans le parti, il y a eu des personnes qui voulaient imposer et dicter leur loi. Personnellement, je ne vais pas accepter qu’on m’impose certaines lois. Certains jeunes frustrés ont rejoint l’Apr (Alliance pour la république). C’est le cas de notre responsable du plateau qui ne se reconnaît pas dans certaines décisions. On a voulu imposer quelque chose à la jeunesse et torpiller sa volonté en oubliant que nous sommes dans un parti démocratique sénégalais où le libéralisme est notre idéologie. La liberté individuelle, qui est le principe fondamental du libéralisme, était torpillée par des adultes qui croyaient bien faire mais qui sont en réalité passés à Côté. Il y a une faible mobilisation des jeunes. On n’a pas pu contrecarrer l’euphorie de la jeunesse de Y’en a marre. Donc il faut reconnaître que la jeunesse a failli à sa mission. Heu­reusement qu’il y a eu une jeunesse fidèle à Me Wade qui a pu maintenir le score du premier tour. Je pense qu’on va dès à présent tirer les leçons de cette expérience, essayer de travailler dans un cadre beaucoup plus dynamique. Au­jourd’hui qu’on est dans l’opposition, c’est le moment de revoir la structuration et l’organisation de l’UJtl. Il nous faut gérer avec tact cette période de transition. On a besoin de toutes les forces vives, de tous les ténors du parti en commençant par Me Wade.

Karim Wade fait-il partie de ceux dont vous avez besoin pour redynamiser le parti ? Aujourd’hui on ne doit pas être dans une posture de rejet. Toute personne qui a une bonne volonté, qui se dit capable d’apporter quelque chose pour bâtir un parti fort et incontournable est le bienvenu. On n’exclut personne. Pour moi, cela ne sert à rien d’exclure certains au profit d’autres. Chacun doit pouvoir apporter quelque chose. On en a besoin. Toutefois, je pense que celui qui veut être candidat doit mouiller le maillot à la base. Il serait même mieux d’instaurer des élections primaires au niveau de la base pour leur permettre de choisir. Il y aurait beaucoup plus de transparence et de liberté dans le choix des hommes qui doivent nous diriger.

Me Wade a réaffirmé sa volonté de rester à la tête du Pds. Comment appréciez-vous une telle décision ? Je pense qu’à ce niveau il faut faire la part des choses, parce que Me Wade n’a pas exprimé une volonté de rester à la tête du Pds. Mais il a tout simplement dit que du moment où on a perdu le pouvoir exécutif, il nous reste le pouvoir législatif. Nous avons la majorité à l’Assemblée nationale. Pour être un parti d’opposition fort, il nous faut une bonne représentativité à l’Assemblée nationale. Il sait qu’aujourd’hui, il y a énormément de remous dans le parti. Si aujourd’hui Me Wade, qui a toujours été une constante dans ce parti-là, décide de s’en aller, que va devenir le Parti démocratique sénégalais ? Qui acceptera d’être derrière qui ? Tout cela constitue des problèmes alors qu’on n’a pas matériellement le temps de les évacuer, de les solutionner parce qu’à l’époque les Législatives n’étaient pas reportées. Donc, il fallait quand même maintenir ce parti sur les rails en attendant d’y voir plus clair. C’est pourquoi il a été émis l’idée de rester à la tête du parti pour piloter jusqu’aux élections législatives. Et après, on va décider de qui va prendre les rênes de ce parti. C’est ce qu’il a dit lors du congrès. Je pense que c’est vraiment sage comme décision, ça va permettre à tout le monde de converger dans le même sens. Si chacun part de son côté, on va amoindrir nos chances de sortir victorieux de ces élections. Et je ne pense pas que cela puisse favoriser le Pds. On a besoin d’être souder pour bien appréhender ces élections.

Donc vous cautionnez ce qui a été retenu à l’issue du congrès du Cices ? Je ne suis pas dans la logique de cautionner où de ne pas cautionner, mais je suis d’accord pour que me Wade continue à piloter le parti. Je suis une Wadiste pur et dur, je me nourris de ses idéaux. Wade est ma source d’inspiration. Je me dis que je suis disciple de Wade et j’apprends de Wade.

Vous n’êtes pas de ceux qui soupçonnent une dévolution monarchique à la tête du Pds ? Je pense que cela n’est pas possible au Pds. Ce qui est possible c’est le choix, parce qu’on a toujours privilégié le choix libre des militants. Il ne peut pas y avoir de dévolution monarchique parce que Me Wade est un démocrate et un libéral. Lui même l’a dit : le moment venu, les gens vont choisir qui mettre à la tête de ce parti. Je pense que quelqu’un qui tient de tels propos ne peut pas faire le contraire. Si Karim Wade a sa carte de militant du pds, il est libre de postuler à n’importe quel poste. Libre aux militants d’apprécier, de voter pour lui. Si la majorité vote pour lui, je ne pense pas qu’il puisse y avoir de problème. L’idée d’une dévolution monarchique n’est pas possible au sein du Pds, parce que c’est un parti tellement mature et démocratique.

Personnellement accepteriez-vous que Karim Wade prenne les rênes du parti ? Ce n’est pas une question d’accepter ou de ne pas accepter. C’est aux militants de faire leur choix. Ce sont eux qui votent. On ne peut pas se lever un beau jour et dire qu’on met telle personne à la tête du parti. Il faut aller au congrès et ce sera aux militants de décider. Et cela, c’est une décision qui part de la base. Ce sont les Clc et les fédérations qui vont désigner des délégués, ces délégués vont en désigner d’autres qui vont venir apporter la voix des militants qui sont à la base. Je pense qu’il y a tout un processus de transparence pour qu’une personne accède à la tête du parti.

Vous avez suivi la sortie de votre camarade de parti Awa Diop qui est pour une alternance générationnelle au sein du parti. Qu’en pensez-vous ? Je pense que c’est une idée très sage et courageuse. Je pense qu’il ne sert à rien de se bousculer avec les jeunes. C’est une réalité. Le parti doit forcément aller vers une transition générationnelle. Et il faut qu’on le comprenne ainsi. Il y va de la survie du parti. Si vraiment les grands responsables le comprennent les choses ainsi et se mettent dès à présent à encadrer les jeunes et la nouvelle génération, c’est le parti qui va y gagner parce qu’on ne peut pas toujours vivre les réalités d’avant 2000. Il ne faut pas toujours laisser les mêmes personnes devant. Des personnes qui étaient devant avant 2000 jusqu’en 2007. Je pense qu’il faut cette transition générationnelle pour redorer le blason du parti, pour que le parti retrouve son charme d’antan et puisse conquérir encore une marque électorale afin que la nouvelle génération puisse se reconnaître dans ce parti. Je suis parfaitement d’accord pour ce renouvellement générationnel, mais toujours est-il que : renouvellement générationnel ne veut pas dire mettre au frigo des ténors du parti. Aujourd’hui, plus que jamais, la nouvelle génération a besoin d’être encadrée, orientée. Elle a besoin de la présence de ces gens-là.

Concernant Mme Awa Diop, elle a dit qu’elle ne veut pas être sur les listes des Légis­latives. Par rapport à ces élections où aimeriez-vous être, dans les listes départementales où nationales ? Je n’ai pas de position figée, parce que je me suis dit que moi je refuse de faire de la politique politicienne, la politique de marchandage, la politique mercantiliste et de positionnement. Ça ne sert à rien. Je suis au Pds parce que je crois en Wade et en une idéologie. Aujourd’hui tout le monde ne peut pas être investi sur une liste. Il faut qu’on accepte des fois de ne pas trop mettre en avant nos intérêts personnels. Même hier j’ai eu à échanger un peu avec le président et il n’a pas du tout l’intention de confectionner des listes et de faire avaler ça aux gens. Il y aura des missions qui vont aller dans les différents départements pour discuter avec les militants du Pds afin de voir les réalités sur le terrain. Les militants vont donner des orientations sur le choix de la liste finale. Et de ce point de vue, ce n’est pas une personne qu’on va défendre mais la liste. Si le Pds, sur la base de ces orientations, établit une liste on verra qu’elle sera la meilleure. On va défendre cette liste quelles que soient les personnes qui y figureront. Il faut qu’on garde cette unité.

Vous revendiquez votre Wadisme. Quel est votre avenir dans le Pds ? Je pense que parler d’avenir pour le moment est assez tôt parce que nous sortons des élections. Il faut d’abord faire un diagnostic, une analyse profonde de la situation. Voir aujourd’hui quel va être l’avenir du Pds et quel rôle va-t-on jouer ? Si vraiment le Pds reste ce qu’il a toujours été, l’avenir du Pds doit se retrouver dans nos mains. On va voir les conditions d’évolution de notre parti. Moi je resterai toujours une Wadiste convaincue quelles que soient les circonstances. Je serai toujours dans les rangs des personnes qui vont défendre les idéaux de Wade afin de les pérenniser.

Comment voyez-vous l’avenir du Pds ? Je pense que le Pds a un bel avenir si on gère bien la période transitoire. Aujourd’hui on est le parti de l’opposition le plus représentatif, on est même le parti en général le plus représentatif. Il faut juste travailler à consolider cette représentativité à éviter qu’il y ait davantage de départs, car c’est là où se situe le problème. Le Pds a quand même une bonne relève, il y a eu énormément de jeunes qui ont été bien formés, qui ont été préparés pour assurer la relève. Et là je n’ai pas de crainte à avoir. On est certes dans l’opposition mais vous allez voir que le Pds va se remobiliser pour redevenir un parti fort.

Dernièrement on a vu des cadres du parti faire des sorties assez critiques sur sa gestion. Comment voyez-vous ces faits ? Cela se comprend parce que quand on est dans un parti au pouvoir, les gens ne disent pas souvent ce qu’ils pensent. Après cette défaite, les gens ont besoin de sortir ce qu’il y a en eux et de parler. C’est quelque chose de normal parce qu’il faut qu’ils voient et comprennent pour se fixer. Mais il faut savoir le gérer et prendre tout avec sérénité. Ce dont je suis sûre c’est que les militants authentiques, ceux qui croient fermement en Wade vont rester.

Pensez-vous transhumer à l’Alliance pour la république ? Je pense qu’on ne peut pas être Wadiste et être autre chose. Mais Macky Sall c’est quelqu’un que je respecte énormément parce que je l’ai vu évoluer à côté de Wade. En plus c’est un libéral, donc, c’est aujourd’hui une fierté pour les wadistes que nous sommes de voir qu’il y a quelqu’un qui a quand même été modelé par Wade, et est arrivé à ce stade de responsablité. C’est une fierté et il faut le reconnaître. On va suivre de très près ce que Macky va faire. J’espère que cela va s’inscrire dans une logique de continuité de ce que Wade a déjà tracé. Pour le moment, je n’ai pas ces idées de transhumance. Si je dois faire de la politique ça va être sur la base d’idéaux. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut cracher sur la Républi­que. L’Apr c’est un parti mais moi je ne vois pas Macky comme secrétaire général de l’Apr, je le vois comme président de la République du Sénégal. Il est donc mon président. Et ce qui nous lie c’est la République. Je suis aussi bien engagée que lui pour un meilleur devenir du Sénégal.

Autrement dit vous êtes prête à travailler avec Macky Sall ? Pas prête à travailler avec lui, mais je ne le vois pas en Apériste. Il est le président de la République du Sénégal, on est obligé d’avoir un œil sur ce qu’il fait. Si cela épouse l’intérêt du Sénégal, on applaudit. Mais si on se rend compte que ça va à l’encontre de ce que les Sénégalais attendent, on apportera notre contribution de façon objective et sur la seule base de la République.

Votre Camarade de parti Awa Diop a évoqué des audits qu’il fallait faire. Etes-vous du même avis qu’elle ? L’Etat est une machine qui a sa manière de fonctionner. Il a ses règles de transparence auxquelles il est soumis. De ce point de vue, ce n’est pas aujourd’hui qu’on doit se prononcer sur les audits. Cela a toujours été le choix du système. Maintenant qu’il y a un nouveau régime, c’est à lui de voir ses priorités et d’axer ses intérêts sur tel ou tel aspect. Mais je refuse qu’on évoque l’audit pour tout simplement cibler une personne ou un fait. Mais l’Etat du Sénégal a toujours eu une option de transparence par rapport à la gestion des deniers et des biens publics.

Vous êtes justement un des membres du pouvoir sortant, ne craignez-vous pas d’être auditée ? Je ne crains absolument rien. J’ai été ministre délégué, et en tant que tel, on n’a aucun budget, il n’y a pas de fonds à gérer. On a une ligne de crédit, tout a été transparent. Je ne me reproche rien. Et nous en tant que jeunesse, on n’avait pas droit à l’erreur. Ce qui nous importait, c’était moins cela que le défi à relever, le défi de la capacité de mener à bien un département et fort heureusement il y a eu des résultats probants. Et c’est sur la base de ces résulats que le Sénégal continue à faire de la politique sur les droits humains. Donc nous n’avons rien à craindre.

Maintenant que vous perdu le pouvoir et toutes vos res­ponsabilités au sein de l’Etat, que va devenir Coumba Gaye ? Je suis juriste de formation, j’ai eu mon Dea en droit et je m’étais inscrite en Thèse, mais je l’avais suspendue à cause des mes activités politiques. Aujourd’hui, je compte reprendre mes études. Je dis heureusement que Wade nous l’avait dit quand on était étudiants, qu’il faut toujours étudier. Je ne suis pas une politicienne professionnelle, j’ai ma profession de juriste, je suis agent de l’Etat, et il y a énormément de portes qui s’ouvrent à nous puisque Wade m’a permise d’avoir une bonne expérience en droits hu­mains. Et il faut le dire, les droits humains sont la vitrine d’un Etat et il y a des opportunités qui s’offrent à moi que ce soit au niveau des organismes nationaux comme internationaux. Sur ce point, je ne m’inquiète pas parce que j’ai ma profession et je vais continuer à faire de la politique. Je n’ai pas peur parce que Me wade nous a donné l’opportinuté de servir notre pays et il n’y a pas chose plus noble que ça. Mais après cela, il faut penser à donner l’opportunité à d’autres Sénégalais d’avoir ces charges et de savoir combien c’est noble de servir tout un peuple. On va aujourd’hui continuer à se battre pour cela.

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