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DEUXIEME TOUR DE LA PRESIDENTIELLE Fronde ou front ?

vendredi 2 mars 2012

Tous les leaders de l’opposition ou de la société civile membres de « Benno Siggil Senegaal » originel ou non, partisans du Mouvement du 23 juin (M23) ou pas, s’étaient accordé sur la non candidature du président sortant, Abdoulaye Wade, puis sur l’invalidation de sa candidature. Ils avaient pris l’engagement de soutenir l’un deux, qui serait le mieux placé à l’issue du premier tour du scrutin présidentiel du dimanche 26 février dernier. Macky Sall de la coalition « Macky 2012 », président de l’Alliance pour la République (Apr) s’est adjugé ce rôle. Il va bénéficier donc…du soutien de tous ?


Le candidat de la coalition « Macky 2012 » était hier, chez Moustapha Niasse, porte drapeau de la coalition Benno Siggil Senegaal, son suivant immédiat avec un peu plus de 13% des suffrages valablement exprimés récoltés à l’issue de la publication des résultats provisoires du scrutin du dimanche 26 février. Avant Moustapha Niasse, Secrétaire général de l’Alliance des forces du progrès (Afp), le chef de fil de l’Alliance pour la république (Apr), a reçu Youssou Ndour, le leader de (Fecce ma ci boole). Au Mouvement du 23 juin (M23) réuni en assemblée générale pour la circonstance, il a exposé la veille à grands traits ses propositions d’une gouvernance nouvelle si d’aventure il est élu au sortir du deuxième tour.

Les animateurs du mouvement « Y’en a marre » ont été dans la foulée, « dragués ». Dans son agenda sont également cochés en bonne place, le Parti socialiste et sa coalition ainsi que tous les autres candidats. Il a déclaré qu’il verrait l’ensemble des candidats de l’opposition, pour leur proposer une sainte alliance. Macky Sall veut ratisser large. Et cherche le soutien de tous. « Le partenariat de tous », rectifie-t-on du côté du Parti socialiste (Ps) réuni hier en Bureau politique, mais dont les responsables disent réserver en premier la teneur de leurs appréciations du premier tour du scrutin présidentiel à leurs alliés de la coalition Benno ak Tanor. La coalition devrait se réunir aujourd’hui, vendredi 3 mars, apprenait-on hier.

De la bataille contre la candidature

Il est vrai que la validation par le Conseil constitutionnel de la candidature du président sortant, Abdoulaye Wade a amené le M23 à se rabattre sur la bataille pour le retrait de cette candidature avant le scrutin de dimanche 26 février dernier. Les uns allant jusqu’à proposer le report pur et simple de l’élection présidentielle. Dans le camp de Benno issu du tronc commun du Benno originel, qui a comme porte étendard, Moustapha Niasse de l’Afp, où l’on trouve la plupart de ceux qui avaient amené Wade en 2000 au pouvoir, parmi lesquels, le Parti de l’Indépendance et du travail (Pit), la Ligue démocratique (Ld), les deux Rassemblement national démocratique (Rnd), le slogan était tout sauf Wade. « Na dem, na dema dem » (qu’il parte, qu’il parte loin). Ce camp serait aujourd’hui dans l’impossibilité de se renier s’il veut revendiquer sa légitimité de membre de l’opposition.

L’autre Benno, Benno ak Tanor qui a pour tête de file, le Parti socialiste (Ps) ne saurait être en reste dans ce cadre. Le Ps ne peut en effet, être en porte à faux avec son histoire et son parcours. Tout comme il ne saurait vendanger ce que lui reste de crédibilité en adoptant des positions en deçà de son lustre à reconquérir.

Quant à Idrissa Seck de Rewmi qui a fait de l’inconstitutionnalité de la candidature de Wade son cheval de bataille au point même de croiser le fer avec le maître des lieux dans l’antre du Comité directeur du Parti démocratique sénégalais (Pds) tenu au cœur du pouvoir libéral, au Palais de la République, devant tout le clan Wade et le premier carré des irréductibles de ce dernier. Un Idrissa Seck, seul contre tous dans son camp et en dehors quand il en fut expulsé, mais déterminé à se battre contre la candidature de Wade. N’a-t-il pas perdu une bonne partie de son électorat en se focalisant et en se radicalisant contre cette candidature au lieu de battre campagne, se contentant d’incessants aller-retour entre la place de l’Obélisque et la Place de l’Indépendance ? Recalé aujourd’hui, il ne peut espérer l’avenir politique que dans un compagnonnage même encombrant et forcé avec Macky Sall.

Le syndrome des trois mandats

Quant au candidat de la coalition des Forces alliées 2012 (Fal 2012), le président sortant, il traîne trois contraintes majeures que sont : Premièrement, le syndrome des trois mandats qui expliquerait bien plus que l’inconstitutionnalité de sa candidature qui a fédéré l’opposition et une bonne frange de la société civile, le vote de rejet dont il a fait l’objet dimanche dernier.

Deuxièmement, le fait que le candidat Wade réclamerait un demi-mandat a dérouté et désarçonné lus d’un de ses électeurs acquis pourtant à son coefficient personnel, mais qui ne veulent pas que leurs voix soient détournées au profit de quelqu’un d’autre, fut-il son fils ou quelqu’un de son choix. Autre handicap, la faiblesse de son réservoir électoral. Le candidat Wade a fait le plein avec ses moins de 35% au premier tour en dépit des déclarations tonitruantes de certains membres de son camp sur l’importance de l’abstention des électeurs observée au premier tour.

Des indécis qu’il va falloir amener à voter au deuxième tour. On se demande par quelle alchimie ? Surtout quand on sait qu’Abdou Diouf en 2000 qui avait fait au premier tour 41.30% des suffrages valablement exprimés n’a pas pu augmenter ne serait que d’un petit point son capital au deuxième tour, malgré le soutien de Djibo Ka qui, lui avait 7% au premier tour. Il n’avait obtenu au second que 41.57% des votes validés. Avec six points moins que son prédécesseur Abdou Diouf, le Wade d’aujourd’hui pourra-t-il combler le gap ? Rien de mois sur. D’autant plus que, nonobstant le « ndiguel tardif » d’hier de Cheikh Béthio Thioune en sa faveur, il fait face à tous.

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