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DIAGNOSTIC - Violences politiques au Sénégal : L’élite politique, « la racine du mal »

mardi 18 mars 2014

Les experts du collectif des victimes des violences électorales de 2012 indexent l’élite politique sénégalaise qui, estiment-ils, manque de culture démocratique. A travers un Groupe de réflexion et d’actions, ils proposent des formations pour cette frange qui est « la racine du mal » de ces violences.


Les membres du collectif des victimes des violences électorales de la Présidentielle de 2012 ont formalisé leur combat à travers le lancement, hier, d’un Groupe de réflexion et d’actions sur les violences politiques. Ce cadre qui regroupe des universitaires, des avocats, des commissaires de police à la retraite et d’autres experts spécialistes des affaires politiques, investit le terrain de la prévention en vue de l’éradication des violences politiques qui ont émaillé le processus de démocratisation du pays depuis l’indépendance et qui continue d’étendre ses tentacules. En attestent les évènements de Matam. Ces violences épousent plusieurs formes : partisanes (entre partis politiques lors des élections), intra partisanes (à l’intérieur du parti au pouvoir comme on en voit récemment), étatiques (comme ce fut le cas en 2012 avec la répression sanglante des manifestations). Partant du postulat que la conquête du pouvoir est naturellement source de confrontations, Me Abdoulaye Tine, avocat au barreau de Paris et membre du Groupe de réflexion, pense qu’« il faudrait que les politiques voient leurs adversaires non pas comme des ennemis, mais comme des interlocuteurs avec qui il faut débattre ». En effet, les experts estiment, pour l’essentiel, que l’élite politique est « la racine du mal » à travers sa démarche visant à mettre le pays dans une « perpétuelle campagne électorale » occultant les vrais enjeux de développement. Ils restent convaincus que l’élite politique sénégalaise « manque de culture démocratique » car, souligne le Pr Oumar Diop, « ils ont une conception biaisée du pouvoir. Ils vont à la conquête du pouvoir non pas pour servir le Peuple, mais pour se servir ; c’est ce qui explique la création de mouvements de soutien à des personnalités de l’Etat ». Pour corriger cette tare congénitale, Rokhaya Gassa­ma et ses pairs proposent des modules de formation pour l’élite politique, les forces de sécurité, mais aussi les citoyens.

Le Quotidien

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