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Diène Farba Sarr doute de « la sincérité » du Doing Business

mercredi 30 octobre 2013


Le rapport Doing Business de la Banque mondiale, qui classe le Sénégal au 178e rang mondial, n’a pas pris en compte les réformes réalisées en 2013, a dit le ministre de la Promotion des Investissements et du Partenariat, Diène Farba Sarr, qui a émis ‘’des doutes sur la sincérité’’ de ce document.

‘’Je doute de la sincérité des résultats proclamés hier (mardi) dans le cadre du Doing Business’’, a-t-il dit, mercredi, dans un entretien téléphonique avec l’APS.

M. Sarr, ancien directeur général de l’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (APIX), souligne ce rapport tombe ‘’au moment où le Sénégal est cité en exemple un peu partout et que son expertise est sollicitée par nos voisins de la sous-région’’.

Selon lui, la Banque mondiale, dans ce document qui s’intéresse à l’environnement des affaires dans les pays, n’a pas tenu compte de la possibilité de création d’entreprises en 24 heures, depuis janvier 2013.

M. Sar a en outre cité, parmi les omissions, ‘’l’autorisation de transaction qui été supprimée pour l’indicateur de transfert de propriété et l’adoption d’un code de procédures civiles. Il a également mentionné la procédure automatique de commerce transfrontalier sous prétexte de question méthodologique.

Ce classement contraste avec celui des agences internationales qui ont noté le Sénégal dans l’année en cours, a-t-il encore relevé. ‘’Mo Ibrahim classe le Sénégal parmi les dix pays les plus attractifs en Afrique sub-saharienne’’, a-t-il rappelé.

‘’Le Forum de Davos qui use de 100 indicateurs dans ses hypothèses de travail et incluant en même temps ceux du Doing Business confirme ce classement’’, a indiqué Diène Farba Sarr, non sans rappeler que Standard and Poors donne une place B+ au Sénégal en le considérant comme ‘’un pays stable’’.

Le Financial Times considère le Sénégal comme un des pays africains ‘’les plus sérieux et faisant parmi des dix meilleurs en termes d’attractivité-coût’’, a-t-il dit.

Il a en outre rappelé que le Sénégal a doublé ses investissements directs étrangers agréés de 166,2 milliards en 2011 à 767,8 milliards en 2012, avec des perspectives meilleures en 2013.

‘’Avec le classement du Sénégal, a-t-il soutenu, je subodore que le Doing Business ne peut plus être un référentiel pour les investisseurs et un outil de travail pour les administrations.’’

‘’De plus, selon M. Sarr, les indicateurs retenus ne suffisent plus comme étant des éléments déterminants pour attirer les investisseurs.’’ Bien au contraire, a-t-il insisté, ‘’la stabilité d’un pays et la bonne gouvernance rassurent les investisseurs. Et dans ce domaine, notre pays est un exemple’’, a-t-il conclu.

Le rapport « Doing Business 2014 : comprendre les réglementations pour les petites et moyennes entreprises », constate que le Sénégal a simplifié le transfert de propriété en réduisant les taxes, mais a « rendu plus coûteux le paiement des taxes et impôts en augmentant le taux d’imposition du revenu des sociétés ».

Il indique également que le pays, classé au 178e rang mondial, a « facilité le paiement des taxes et impôts en mettant à disposition en ligne des formulaires d’impôt et en créant le Centre pour les moyennes entreprises ».

Le rapport note par ailleurs que le pays a amélioré de 0,8 % la distance de la frontière entre 2012 et 2013, en atteignant un chiffre de 46,0 contre 45,3. Le Sénégal fait d’ailleurs partie des 50 pays qui ont le plus réduit la distance de la frontière depuis 2005, passant de 35,7 à 47,6 pour un total de 11 réformes réglementaires.

AD/SAB

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