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El Hadj Abdoulaye Pouye, marabout de la Tanière : « J’avais prédit que Zidane ne jouerait pas contre les Lions »

mardi 16 octobre 2007


"Le Sénégal peut bel et bien remporter une Coupe du monde...". Il associe allègrement son nom à l’agréable saveur de l’expédition des Lions en Corée et au Japon. La victoire du Sénégal sur la France, en 2002, au stade Incheon de Séoul, il la met dans son « palmarès ». Un glissement vers le monde des dinosaures de la politique française : El Hadji Abdoulaye nous confie que c’est lui qui a fait élire et réélire feu le Président François Miterrand.

Qui est El Hadji Malick Pouye alias Abdoulaye Pouye ?

J’étais auparavant connu en tant que lutteur. J’ai eu vingt-cinq combats dans ma carrière, je ne vais pas tout de même pas citer, ici, les noms de ceux qui étaient mes adversaires. Il faut simplement retenir, pour vous donner une idée de mon palmarès, que j’ai eu treize victoires, six défaites et six nuls. C’est la lumière céleste qui m’est apparue en haute mer, m’obligeant ainsi à renoncer à la lutte. J’ai quitté, alors, les arènes pour devenir marabout. J’ai à ce titre fait bénéficier mes services mystiques à des équipes comme Vessi Estella Stade Dakar et Espérance de Rufisque. Je me souviens d’un voyage à Ndirokhe en compagnie du célèbre lutteur Mbaye Guèye (grand frère de Moustapha Guèye de l’écurie de Fass).

C’était après ses victoires tour à tour sur Ibou Senghor et Pape Kane. On y était juste (à Ndirokhe) pour faire des « bàkk » (chants gymniques à travers lesquels le lutteur se couvre de gloire). Je me rappelle que le vieux Mor Diène, une grande personnalité de la localité, nous avait décorés. C’est sur le chemin du retour, sur une charrette, que j’ai demandé à Mbaye Guèye s’il savait que j’étais marabout. Il répondit « non », en disant qu’il en avait seulement entendu parler. C’est sur ces entrefaites que je lui ai dit que je proposais mes services à des équipes de football.

Comment ont été vos débuts ?

Avec une équipe qui s’appelait Dallas, j’ai d’abord gagné Santos à Santhiaba, ensuite Reims à Diokoul Kao. Remontée et Dinamo figuraient aussi sur la liste de mes victimes. Samir Abourizk jouait dans cette deuxième équipe ; avec celle-ci, j’ai remporté ma première coupe. A la fin de la saison, l’adjudant Mbaye Lô m’a mis en rapport avec Madiabel Guèye qui m’a, lui, mis en relation avec le colonel Alassane Guèye. C’est comme ça que je me suis retrouvé à l’Asfa (Ndlr : l’Association sportive des Forces Armées). Je suis resté avec les militaires de 1969 à 1975. J’étais très jeune, car je n’avais que 17 ans. C’est à partir de cet âge que j’ai commencé à aider l’Asfa. J’ai aidé également la police en 1976, et avec elle, j’ai gagné le Jaraaf par 3 buts à 1 et j’ai remporté la coupe du Sénégal. Mais à l’ouverture de la saison, mon ami et frère aîné Cora Fall m’a prié de travailler pour l’équipe des Saltigués. En 1977, j’ai travaillé pour l’équipe fanion de Rufisque avec laquelle j’ai battu l’Asfa en quart de finale. En demi-finale, j’ai battu l’Us Rails avant de battre Dial Diop sur la marque d’un but à zéro marqué par Amadou Ndoye Attaya.

1977- 2007, c’est trente ans, quelles sont les équipes que vous avez soutenues mystiquement ?

Elles sont nombreuses. Il y avait de grandes équipes que j’avais pour une courte durée. Wagane, c’est mon ami, à chaque fois qu’il y avait eu des remue-ménage au Jaraaf, l’équipe était entre mes mains. Il m’a confié le volet foot, et j’ai tout fait pour le Jaraaf. Toutes les dernières coupes que Wagane a eues, il les a eues sous ma protection mystique. Seulement, ces dernières années je n’ai pas travaillé avec le Jaraaf, parce que, du reste, j’ai ma façon de travailler. Aucune équipe ne m’a embauché. Je travaille avec une équipe sur la base de certaines clauses. Si l’équipe respecte ses engagements, on continue, au cas contraire, on rompt la collaboration. Egalement, si j’obtiens une nouvelle offre plus intéressante, je vais la prendre et rompre le contrat qui me lie avec la formation qui m’a engagé. J’ai aidé beaucoup d’équipes, beaucoup je vous le jure.

Donc en général c’est parce que les dirigeants des équipes ne respectent pas leurs engagements que vous rompez avec eux ?

Le plus souvent, les choses se passent ainsi. Mais Wagane (le président du Jaraaf), lui, il est honnête. Cependant, prendre en charge la gestion mystique d’une équipe nécessite beaucoup de choses. Il fut des temps, le Jaraaf était en crise. Mais, en réalité, je ne pouvais pas vivre cette crise parce que j’ai quatre femmes et une progéniture nombreuse. Et je les couve tous. Sachez qu’avec les revenus que j’ai eus avec ce travail, j’ai beaucoup fait dans le social. J’ai construit des mosquées à Mbao et ailleurs, en voici une (il nous désigne une mosquée faisant face à sa maison). J’ai également construit une salle d’accouchement, des cimetières aussi.

L’année dernière à Keur Daouda Sarr, j’ai offert aux populations un terrain (titre foncier) de 20 mètres de long et 20 mètres de large pour la construction d’un dispensaire pour laquelle, ils avaient pris la décision d’aller voir le président Wade. Alors, je leur ai dit que certes le président est le « père » de toute la nation, n’empêche, je suis un fils du terroir (un Sénégalais) et que comme je possède ce que vous comptez aller lui demander, je vais vous l’offrir. Demandez à Omar Guèye, président de la communauté rurale de Sangalkam, il va vous le confirmer ou bien à Serigne Mbaye. Mieux, chaque année, je finance la construction de mosquées dans des localités du Sénégal ou bien y réaliser quelque chose qui va servir aux populations. Tout cela avec des ressources tirées sur ce métier que je mène. J’ai également des équipes à l’extérieur.

Vous avez vu beaucoup de coupes ici, vous avez vu ici une coupe pour l’Afrique du Sud, j’ai eu beaucoup de succès avec des équipes qui sont en France, en Allemagne, en Arabie Saoudite. D’ailleurs, quand j’ai reçu mes émoluments auprès des Saoudiens, j’ai exigé que tout le monde soit-là pour qu’on sache que cet argent provient d’eux. Je prends en charge également les frais liés au pèlerinage à la Mecque pour le compte de beaucoup de personnes. D’ailleurs, l’année dernière, c’est celui-là (il désigne El Hadj Modou Guèye, un de ses deux proches collaborateurs) qui était allé aux Lieux Saints, cette année-ci, c’est lui ( il prend la main de son autre collaborateur) que je vais envoyer en pèlerinage.

Ce dernier l’interrompt : « C’est toi qui a élu Mitterrand ». Mon talibé a parlé, c’est moi qui ai fait élire François Mitterrand (président français mort auquel succéda Jacques Chirac). (Il le jure sur Dieu). C’est une grande personnalité du pays qui est venue me demander d’aider Mitterrand parce qu’il est fatigué.

Il m’a dit ce qui suit : « C’est en toi que j’ai confiance ». Je lui ai demandé de revenir dans trois jours. A son retour, je lui ai répondu en jurant sur le prophète Mohamed que Mitterrand va être élu. Cette même personnalité me dit alors qu’un seul mandat ne suffit pas. C’est à partir ce de moment que je lui ai promis que Mitterrand en aura deux. Il y a plusieurs témoins. Je vous ai aussi montré un livre écrit par des journalistes français dans lequel ils parlent de moi. Ils m’ont dit qu’un autre livre plus mystique écrit sur moi est en cours de rédaction.

Avez-vous travaillé avec l’équipe nationale ?

Oui, à plusieurs reprises. Comment ? Un jour, j’avais été invité dans une émission à une radio qui était dirigée par Déguène Chimère Diallo. L’émission était tellement intéressante que la directrice avait augmenté de trente minute le temps d’antenne. Cheikh Lamine Sène, Mbassa Sow et le journaliste Pape Assane Seck étaient présents. C’est là-bas qu’on m’a demandé si je peux aider l’équipe nationale et j’ai répondu que si on me la confie, je vais la faire qualifier en coupe d’Afrique et en coupe du monde. Des gens comme Mame Gorgui Ndiaye ont appelé.

Mame Gorgui avait dit que je suis son ami et que lors de son combat retour contre Robert, c’est grâce à moi qu’il a eu une victoire. El Hadj Médoune Thiam a lui aussi téléphoné pour dire que j’ai les capacités de relever un tel défi. Un auditeur a téléphoné pour dire que si j’en avais la capacité, je devrais pouvoir assurer la qualification de Model de Mbao. Et je lui ai répondu que c’est moi qui ai fait qualifier Model de Mbao en match de barrage contre Tawi. Le but est venu d’un corner.

C’est mon neveu Babacar Guèye qui l’avait inscrit. J’avais demandé à Mamadou Marème de descendre et de me ramasser des pierres que j’ai lancées une à une, après avoir fait ce que j’ai eu à faire, et le but est venu. Ils sont montés à un niveau supérieur, mais comme ils étaient moins reconnaissants à cause d’un marabout, j’ai préféré laisser le marabout (dont je ne dévoilerai pas le nom parce que nous avons des liens de parenté), faire le travail et ils sont finalement relégués. Plus tard, ils sont revenus à moi, à nouveau.

Ils m’ont payé de l’argent parce qu’ils devaient rencontrer l’équipe de Bignona et je les ai fait remonter à nouveau. Je n’avais demandé que cinq mille Francs Cfa à Model de Mbao. Mais, ils me faisaient valser parce qu’ils ont voulu savoir entre le marabout et moi qui était le plus fort. J’ai demandé à mon émissaire de laisser tomber. Par la suite, ils sont relégués à nouveau. C’est ainsi qu’un jeune m’a injurié et moi j’ai juré sur Abdou Khadir Jeylani que pendant sept ans Model de Mbao va descendre. Qu’ils aillent voir n’importe quel marabout, il n’y pourra rien du tout. Et ça s’est finalement passé comme ça.

En fin de compte, il y a eu des renouvellements au niveau de la mairie et j’ai campé dans mes positions. Parce que je peux consacrer tout ce que j’ai pour les habitants de Mbao, mais jamais je ne tolérerais qu’on me manque de respect. Par la grâce de Dieu, on m’a confié, par la suite, l’équipe nationale. Parce qu’en 1963, il y avait au sein de l’équipe du Sénégal une personnalité, coéquipier de Youssou Ndiaye et mon neveu Baye Moussé. C’est cette personnalité - dont je vais taire le nom - que j’avais supportée. Elle est venue avec un grand journaliste et son ami. C’est là (il désigne un salon) que nous avons parlé de tout ce qui nous intéressait. Ils m’ont remis quelque chose.

J’ai joué ma partition. Et le Sénégal s’est qualifié pour le Mali où nous sommes allés jusqu’en finale. Ce qui a fait perdre l’équipe, est survenu lors de la finale. Mais, je ne vais pas dire pourquoi ? Parce que le dire me rabaisserait. Du moins, je ne vais pas le dire par voix de presse. Ce que je peux vous dire par contre, c’est que ce n’est pas de ma faute. Puisqu’en décembre, alors qu’on doit jouer en janvier au Mali, je leur ai dit que je vais battre la France. Parce que j’ai supporté la France en 1998 et elle a battu le Brésil. Je l’ai à nouveau supporté en Coupe d’Europe et elle est venue à bout de l’Italie. Est-ce que c’est l’équipe de France qui m’avait contacté et payé ? Non, ce sont des hommes d’affaires français qui m’avaient payé.

Ce sont des hommes d’affaires qui ont fait le déplacement uniquement pour vous ?

Je le jure sur le saint Coran et sur Salaatul Faatihi, les Français peuvent témoigner de la véracité de mes propos. Il y a une émission « Kaay Leen Gnou Wahtaane », pour laquelle des dirigeants sénégalais sont venus me filmer dans ma maison. Ils ont montré les images aux Français. Quand ils sont revenus en 2002 alors que le Sénégal se préparait pour la Can, je leur ai dit que même si vous me proposez quatre milliards, je ne trahirai pas mon pays. En présence de El Hadj Malick Sy Souris ( à l’époque président de la Fédération sénégalaise de foot), j’avais dit, bien avant la Coupe du monde, que je battrais la France par un but à zéro. Car quand j’ai entendu Zidane dire que nous sommes des gâteaux, j’ai juré sur le prophète Mohamed que non seulement on va battre la France par un à zéro, mais que, Zidane va avoir un empêchement. En somme, j’avais prédit la victoire des Lions sur les Bleus, et la blessure de Zidane.

Peut-on dire que c’est grâce à votre action mystique que Zidane a été blessé ?

C’était normal, puisque si la France est victorieuse dans les guerres 14-18 et 39-45, c’est grâce au Sénégal. De tous les tirailleurs qui avaient participé aux guerres, ce sont les Sénégalais qui étaient les plus courageux. D’un point de vue spirituel, personne ne doit pouvoir nous battre eu égard à tous les saints inhumés au Sénégal, ainsi que leurs fils et petits-fils. Si on nous a battus parce qu’il y a une raison tout à fait particulière. Par la suite, les nouvelles autorités en charge de la gestion du football sénégalais sont venus me voir. Je veux nommer Laye Sarr, Amara Traoré. Yatma Lô est témoin. Je leur ai dit que la qualification est acquise, on avait déjà rencontré la Gambie. J’ai dit que le but que la Gambie devrait marquer, je l’ai bloqué. Quand ils viendront pour le match retour, je vais débloquer le but et le remettre au Sénégal, mais je vais en ajouter. C’est ainsi que nous avions marqué trois buts. (...)

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