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Emprunts à rembourser d’ici 2013 : Wade lègue 700 milliards à Macky

vendredi 18 mai 2012

Depuis quelques années, le Sénégal a usé et abusé de la capacité qui lui a été accordée de lever des fonds sur les marchés financiers internationaux. Sous prétexte de réaliser des infrastructures, l’Etat a placé des obligations ou des bons du Trésor à des échéances très courtes. Conséquences, il se retrouve avec un colossal montant qui échoit très bientôt.


La somme des créances à rembourser d’ici l’année prochaine va atteindre 700 milliards de francs Cfa. Alors que le chef de l’Etat et son chef du gouvernement prônent une gestion au plus près des dépenses, cette information n’est pas de celles qui font vraiment plaisir. Ces 700 milliards sont constitués pour l’essentiel des créances levées sur le marché financier international et régional qui sont échues. On sait que le régime du président Wade avait pris l’habitude de régler ses problèmes de fin de mois en levant des fonds sur le marché financier de l’Uemoa en particulier. Depuis des années, il ne se passe pas un mois sans que le gouvernement ne lance une souscription pour des emprunts obligataires, ou pour placer des bons du Trésor. Souvent, vu l’urgence de ces opérations, leurs taux d’intérêt sont des plus élevés, et les échéances excèdent rarement un ou deux ans. Les montants recherchés varient souvent entre 25 et 50 milliards de francs Cfa. Dans leur grande majorité, ces ti­tres de l’Etat sont cédés à des institutions comme les banques ou les compagnies d’assurance de la sous-région Uemoa. Et ces dernières ne sont pas particulièrement connues pour faire dans la philanthropie, et ne font pas de cadeau. On peut donc penser sans trop de risque de se tromper que les montants qui leur sont dus seront payés rubis sur ongle, si l’Etat veut conserver sa crédibilité.

Prime du bon élève Depuis qu’il a réussi à passer avec succès le processus d’annulation de sa dette extérieure à travers le programme dit Pays pauvres très endettés (Ppte), et qu’il s’est par la suite lié au Fmi par le programme dit Ins­trument de soutien à la politique économique (Ispe), qui est en théorie un programme sans décaissement, mais assez contraignant, le Sénégal dispose d’une large capacité d’endettement aussi bien sur le marché financier sous-régional que sur le marché international de Londres. On pourrait dire que c’était un peu la prime pour avoir été pendant longtemps un « bon élève » des institutions de Bretton Woods, que sont le Fmi et la Banque mondiale. Grâce à ces levées de fonds sur ces marchés, bien de programmes d’infrastructures ont pu être réglés, en passant outre les objections des partenaires occidentaux. Mais dès 2007, ces montants servaient très souvent aussi à régler des problèmes ponctuels de trésorerie. La stabilité politique et la relative liberté d’expression dont jouit la population, ont toujours été des gages dont les dirigeants politiques de ce pays ont su jouer pour obtenir des faveurs en matière de crédits. Pourtant, bien de fois, des spécialistes ont exprimé leurs doutes quant à l’efficacité de cette levée de fonds à court terme pour réaliser des investissements à long terme. Au contraire, on a eu l’impression, ces dernières années, que ces montants servaient plutôt à l’Etat pour régler des problèmes ponctuels, plutôt que de faire tourner réellement l’économie. Mieux, des observateurs ont ajouté que ces emprunts sur le marché financier servaient en fin de compte… à rembourser des emprunts sur le marché financier. Il est donc fort à parier que le régime de Macky Sall, qui pour le moment, jouit encore de plus de crédibilité que celui de son prédécesseur, va recourir encore plus au marché financier régional pour honorer ses créances arrivées à terme. mgueye@lequotidien.sn LeQuotidien.sn

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