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Escroquerie : Le marabout se sucre sur le dos du Procureur Ousmane Diagne

jeudi 9 avril 2009

Chérif Ibrahima Aïdara, chef religieux, était jugé hier pour les délits d’escroquerie et d’outrage à magistrat. Car, pour faire libérer Badara Diop, condamné pour détournement de deniers publics, il a réclamé 22 millions de francs Cfa à sa famille pour une intervention auprès du procureur de la République qui serait son talibé. Le parquet a requis 5 ans pour le premier délit et 1 an pour le second. Le délibéré est prévu demain.

Le Tribunal des flagrants délits a jugé, hier, une affaire d’escroquerie pas comme les autres. La famille de Badara Diop, agent du Trésor public, condamné pour détournement de deniers publics d’un montant de 600 millions, a voulu faire bénéficier leur père d’une liberté provisoire. Un ami de la famille, Cheikh Khadim Counta de Ndiassane, les met en contact avec Chérif Ibrahima Aïdara qui s’est voulu marabout du procureur de la République, Ousmane Diagne. Le chef religieux a réclamé à la famille 22 millions qu’il remettrait au procureur pour qu’il libère le détenu.

L’argent reçu le 14 août dernier et accompagné de son ami, Cheikh Kounta, et de la fille de Badara Diop, Fatou, Chérif est venu au Bloc des Madeleines pour remettre la somme au Procureur Diagne. Après un entretien téléphonique, il dit à ses accompagnateurs que le procureur leur demande de remettre l’argent à son fils, un certain Djiby, chez lui au quartier chic des Almadies. Ce qui a été fait.

Devant la barre du tribunal, Fatou Diop, qui a représenté la famille de Badara Diop, a affirmé que sa famille a remis à Chérif 22 millions afin de libérer leur père. « Chérif et Alioune Badara Mbaye se sont proposés de faire sortir notre père de prison contre la somme de 22 millions pour le marabout et 20 millions pour le promoteur de lutte.

Cependant, nous avons choisi Chérif, parce qu’il a dit que le procureur de la République était son talibé », a déclaré la fille à l’interrogatoire d’audience. Elle a ajouté que le guide religieux leur a fait croire que Djiby, à qui elle a remis l’argent, est le fils aîné. Cependant, Ibrahima Aïdara a réfuté toutes ces déclarations.

Il a certes confié qu’il compte beaucoup d’amis au parquet sans, toutefois, dire qu’il a réclamé quoi que ce soit. « Je n’ai jamais réclamé un franc pour faire bénéficier à Badara Diop de la liberté provisoire. Cet argent devait représenter une consignation », s’est défendu Chérif. Il ajoute que c’est son ami Cheikh Kounta qui l’a embarqué dans cette affaire dont il a ignoré les tenants et les aboutissants.

Les témoins, Cheikh Khadi Kounta, Ndèye Fatou Ndiaye, tante de Fatou Diop et Nancy Ndiaye, inspectrice du Trésor public et ex-épouse de Badara Diop, ont tous témoigné à charge, certifiant la thèse de la partie civile. Vu la constance des faits, l’avocat de Fatou Diop a réclamé 25 millions pour toute cause de préjudices confondus. Le substitut du procureur général s’est appesanti sur la gravité des faits, excluant toute circonstance atténuante.

Il a requis 5 ans pour le délit d’escroquerie et 1 an pour celui d’outrage à magistrat dans l’exercice de ses fonctions. Les avocats de la défense, eux, disent qu’il n’y a pas de délit d’escroquerie, encore moins d’outrage à magistrat établi. Ils ont plaidé la relaxe pure et simple de leur client et de débouter la partie civile de sa constitution. L’affaire est mise en délibéré au 10 avril prochain.

Source : L’observateur

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