A peine la stupeur du résultat dissipée, les deux partis n’ont pas perdu de temps pour s’accuser mutuellement de l’échec du passage du plan de sauvetage : les démocrates montrent du doigt les républicains, dont les deux tiers ont voté « non » ; les républicains accusent les dirigeants démocrates, qui avaient la maîtrise de la procédure et du reformatage du texte, d’avoir mal mené leur barque.
Le fait est que le texte rejeté a été proposé par un gouvernement républicain, ce qui en dit long sur le peu d’influence que George Bush garde sur son propre parti, dans les derniers mois de sa présidence. En tout cas aucun camp de la classe politique ne sort intact de cet épisode, que ce soient les dirigeants du Congrès, qui n’ont pas anticipé l’issue du vote, ou même les deux candidats à l’élection présidentielle, qui avaient participé aux négociations.
Après une grande séance de blâmes, les acteurs doivent maintenant ramasser les morceaux. Nancy Pelosi, speaker de la Chambre des représentants a expliqué qu’elle avait appelé le président et le ministre des Finances pour envisager de remettre le procédé sur les rails. « Toutes les lignes de communication sont ouvertes », a-t-elle dit.
Il est possible que le même plan soit à nouveau soumis au vote jeudi, ce qui laisserait trois jours aux dirigeants des deux partis pour rallier leurs troupes. La plongée du marché boursier dès l’annonce du passage à la Chambre sera sans doute un argument.
