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Éthique pour la presse au sénègal.

vendredi 14 novembre 2014

L’éthique (du grec ηθική [επιστήμη], « la science morale », de ήθος (« ethos »), « lieu de vie ; habitude, mœurs ; caractère, état de l’âme, disposition psychique » et du latin ethicus, la morale1) est une discipline philosophique pratique (action) et normative (règles) dans un milieu naturel et humain. Elle se donne pour but d’indiquer comment les êtres humains doivent se comporter, agir et être, entre eux et envers ce qui les entoure.

Il existe différentes formes d’éthique qui se distinguent par leur degré de généralité (l’éthique appliquée par exemple ne possède pas le degré de généralité de l’éthique générale). Elles se distinguent aussi par leur objet (comme la bioéthique, l’éthique de l’environnement, éthique des affaires ou l’éthique de l’informatique), ou par leur fondement culturel (qui peut être l’habitat, la religion, la tradition propre à un pays, à un groupe social ou un système idéologique). Dans tous les cas, l’éthique vise à répondre à la question « Comment agir au mieux ? ». L’éthique a les deux pieds dans le réel : il ne s’agit pas que d’un ensemble de concepts abstraits. Cette notion est empreinte de nuances : rien n’est noir ni blanc. Il faut savoir nuancer les couleurs2.


Les morales du devoir fondent le caractère moral de nos actions par le concept d’obligation. Ce type de morale se conçoit indépendamment de toute conséquence qui pourrait résulter de nos actions. Par exemple, selon Kant, l’homme ne doit pas mentir pour éviter un meurtre, car l’obligation de dire la vérité est absolue et ne tolère aucune condition particulière5.

Un ensemble de règles appliquées a priori et ayant le statut d’obligations morales. Par exemple, le décalogue et la règle d’or ou l’éthique de réciprocité.

L’éthique des droits provient des droits de l’homme. Cette invention moderne est attribuée originalement à Rousseau et établit pour la première fois pour l’homme un ordre moral indépendant du cosmos, de la nature. Dorénavant, l’homme ne se distingue plus comme étant un animal doté de la raison comme chez Aristote, mais comme être ayant la liberté de s’arracher à la nature et d’instaurer une autre légalité que celle naturelle, c’est-à-dire celle de l’homme. Ce principe d’égalité est uniquement un droit juridique et non naturel.

Valeur

En éthique, il est communément question de valeurs — qui sont de l’ordre de l’Être et du Bien, qui indiquent des idéaux à poursuivre (Autonomie, vie et santé, justice) — des principes — qui donnent des grandes orientations à l’action, qui fixent des attitudes (Autodétermination, respect de la vie, rendre à chacun son dû) — de normes et de règles — qui déterminent l’action, qui encadrent la décision (Consentement libre et éclairé, prendre les « moyens proportionnés », respect des contrats). Le mot « valeur » est le plus général et le plus dynamique ; il a d’abord une évocation philosophique avant d’avoir une retombée éthique. Le mot « principe » désigne une orientation fondamentale, inspiratrice d’action. Le mot « règle » évoque quelque chose de plus concret, plus proche de l’action. Le principe est souvent indéterminé, et admet des applications diverses. La règle a un contenu précis.

Les grands principes sont relativement peu nombreux et stables ; les règles peuvent être nombreuses et variables. Ainsi Durand (1994) souligne la difficulté de présenter l’éthique (ou la morale) selon trois points :

elle vient du fait qu’elle n’est pas un secteur séparé de la vie, mais une dimension permanente de tout comportement. Des valeurs, en effet, sont mises en œuvre plus ou moins explicitement dans tous les comportements et toutes les décisions. Ainsi la pratique de la médecine, des sciences infirmières, du travail social, du droit, par exemple, implique inévitablement des choix éthiques, des choix de valeurs morales ; elle tient au vocabulaire qui varie selon les auteurs. Les mots comportent, d’un milieu à l’autre, des connotations ou des sens divers ; elle tient au fait que celle-ci renvoie finalement à une réflexion philosophique, laquelle a donné naissance à une multitude de théories éthiques plus ou moins contradictoires.

Selon Durand (1994), trois mots reviennent fréquemment dans le discours sur l’action humaine : éthique, morale, déontologie ; et ceux-ci sont parfois pris comme synonymes. D’ailleurs historiquement pour les deux premiers, ils ont été employés très souvent l’un pour l’autre. Étymologiquement, les mots éthique (d’origine grecque) et morale (d’origine latine) renvoient aux mœurs, à l’analyse des mœurs, aux réflexions sur la conduite humaine. Le mot déontologie (du grec : deon-deonlos) désigne lui aussi des règles, devoirs et obligations. Les trois mots renvoient au comportement, à l’action humaine, à la prise de décision. Ils concernent ce qu’il faut faire, ce qui doit être fait (le devoir, les valeurs), par opposition à ce qui se fait (les mœurs).

Droz (Droz et al., 2006) définit l’éthique comme un ensemble rationnellement structuré de valeurs explicites qui définissent le bien, le juste et le beau, par lequel quelqu’un rend compte de lui-même, de ce qui le fait exister et agir. Elle est la manière de dire comment l’individu se doit de vivre et à partir de quoi il doit juger et décider. Il s’agit en conséquence, d’un système explicite et argumenté de valeurs qui induisent des comportements ou des pratiques sociales. Il y a donc des éthiques universelles (droit de l’homme) ou des éthiques propres à une culture. Bob Jickling (1996) propose deux façons de concevoir l’éthique : l’éthique comme un code, qui tend à reproduire des rôles dans la vie sociale. Les prescriptions et les valeurs qui les informent, ont tendance à être prises pour acquis, faisant ainsi autorité, et applicables dans un large éventail de contextes ; et si l’éthique est pensée, associée à un processus pour étudier et évaluer un système de valeurs. Alors dans ce sens, éthique implique de chercher des principes pour guider le comportement moral et les évaluer. Il faut tout d’abord identifier les valeurs, qui peuvent être contestées, existant au sein d’une communauté.

L’organisation des valeurs entre elles, sous forme de système, correspond à une éthique ; celle-ci donne sens et cohérence aux valeurs qui s’y rattachent (Sauvé, Villemagne, 2006). Une valeur (comme la démocratie ou le développement durable) ne prend son sens qu’en fonction du champ éthique dans lequel elle s’inscrit. Parmi les valeurs sont retrouvées les valeurs d’ordre fondamental, correspondant à des buts à atteindre (par exemple, l’équilibre écologique), et des valeurs d’ordre instrumental destinées à l’atteinte de ces buts (comme la responsabilité). Il y a également les valeurs abstraites (la solidarité) et les valeurs correspondant à des objets, et également des valeurs qui sont intrinsèques (la nature ou le patrimoine architectural). Une valeur est une croyance durable (Rokeach, 1979), un mode spécifique de conduite ou d’état final d’existence, qui est personnellement ou socialement préférable à un autre mode de comportement ou but de l’existence opposé ou convergent. Un système de valeurs est une organisation durable de croyances concernant les modes souhaitables de conduite et les conceptions de l’existence.

Traditionnellement, le concept de valeur est utilisé de deux manières distinctes (Rokeach, 1979), soit il est question de valeur que possèdent les objets, soit ce sont celles que possèdent les personnes. Les valeurs diffèrent des attitudes (aussi bien que d’autres concepts tels que les besoins, les normes, les intérêts) et sont d’ailleurs moins nombreuses que ces dernières, elles dépassent les conceptions spécifiques d’attitudes d’objets et de situations et sont dynamiquement plus près des besoins et plus centrales aux personnes identifiées comme individus (Rokeach, 1979). Se rapportant aux propos d’Audigier (1999), il est inutile de s’attacher à déterminer une liste bien établie et cohérente de valeurs, puisque dans toute situation, dès qu’il faut prendre une décision, l’individu est aux prises avec des valeurs en contradiction les unes avec les autres. Mais elles définissent comme un point de vue à partir duquel l’individu évalue, au sens fort du terme évaluer, les actions sociales, les comportements, voire les opinions.

Vertus

L’éthique des vertus est ancienne. Elle naît de la rencontre entre morale antique, notamment aristotélicienne et stoïcienne, et de la sagesse biblique. C’est au cours de la « patristique » (première théologie chrétienne), puis dans la philosophie médiévale, notamment scolastique, qu’elle atteint son achèvement. Au XVIIIe siècle, les vertus prennent une place considérable dans l’imaginaire révolutionnaire (Robespierre). Aujourd’hui, un certain nombre de philosophes la reprennent à leur compte, comme en France André Comte-Sponville. Il ne faut pas comprendre la « vertu » au sens d’une dame habillée de noir et vitupérant contre les excès et les défauts, au nom d’une morale bien-pensante. La « vertu », du latin virtus s’apparente plus à la « virtuosité » des artistes. Elle mobilise un entraînement et un équilibre des contraires qui s’appuie sur la sagesse. Mais il ne s’agit pas pour autant de mortification ou d’ascétisme.

La théorie s’articule autour de quatre vertus autrefois dites « cardinales ». La « prudence », la « force » (ou le « courage »), la « justice » et la « tempérance ». Cette formulation définitive se produit au XIIIe siècle, sous l’influence des ordres chrétiens franciscains et dominicains.

La prudence est la vertu principale : c’est elle qui guide la décision et qui la pèse, en fonction de la responsabilité, de la situation contextuelle, des conséquences. Elle n’est pas contraire au risque, contrairement à l’image qu’on[Qui ?] peut s’en faire. Il est des décisions audacieuses qui sont des décisions de prudence. La force ou le « courage » est la capacité de tenir bon face à l’adversité. C’est aussi elle qui donne l’énergie pour se lancer dans des entreprises. La tempérance est la vertu qui canalise les dérèglements. Elle n’est pas opposition aux passions, mais modération des passions. La justice est la prise en considération du comportement avec autrui. Elle comporte une dimension économique (le sens du partage), une dimension sociale (respect du droit) et politique (égalité de tous). Mais elle possède aussi une fonction critique, quand l’apparente justice s’oppose à l’éthique.

La tradition chrétienne y a ajouté trois vertus dites « théologales » :

La foi, qui est participation à la connaissance que Dieu a de lui-même. L’espérance, qui est la confiance dans l’achèvement de l’histoire dans une transformation et recréation du monde et des personnes, par delà la mort (voir Jürgen Moltmann) La charité, qui est l’amour du prochain, à commencer par les plus petits et les laissés pour compte.

Aujourd’hui, la vertu est considérée comme une qualité qui pousse l’homme et la femme à aller jusqu’à l’excellence, au meilleur de soi.

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