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Faible niveau des élèves : Le Sénégal perd 500 heures de cours par an

samedi 2 août 2008

Les faibles résultats constatés lors des examens de fin d’année ne sont pas le fruit du hasard. En conférence de presse hier, le coordonnateur du collectif des syndicats enseignants, Ibra Diouf Niokhabaye, a mis en cause le nom respect du quanta horaire. Selon lui, les enseignements ne dépassent pas 400 heures de cours par an, alors que la norme internationale est de 900 heures.


Si le niveau des élèves continue de baisser, d’année en année, et si les résultats des examens de cette année ont été catastrophiques, c’est en partie à cause du non respect du nombre d’heures de cours, auxquelles les enseignants sont assujettis. Depuis trois ans, en effet, regrette le coordonnateur du Collectif des syndicats enseignants (Cse), Ibra Diouf Niokhabaye, il y a un déficit d’heures de cours. ‘Le quantum horaire a fait l’objet de tous les commentaires, il est le centre de gravité des enseignements et répond à des normes internationales, son déficit est préjudiciable pour tous systèmes éducatifs qui tendent vers la pérennisation’, indique le coordonnateur de ce collectif, qui regroupe neuf syndicats.

Ainsi, au Sénégal les enseignements, depuis l’année scolaire 2005, peinent à dépasser 500 heures voire 400 heures de cours, alors qu’au plan international, le quanta horaire est de 900 heures par an. D’ailleurs, selon Adjouma Sagna, le secrétaire général de la Sneel/fc, le Sénégal, malgré la bonne réputation de son système scolaire comparé aux autres de la sous région, ‘n’a jamais atteint 900 heures de cours’. ‘Alors que le respect du quantum horaire est un facteur essentiel pour une bonne année scolaire’, estime-t-il.

Le secrétaire général du Cse veut désormais un respect du quantum horaire, car, il s’agit de faire en sorte que le quantum horaire, qui est défini au plan international, soit appliqué au Sénégal, indique-t-il, avant d’ajouter : ‘Trouvons un moyen pour que notre système éducatif ne souffre plus du déficit d’heures de cours qui influe négativement sur le niveau et le savoir-faire des élèves’. D’ailleurs, selon Ibra Diouf Niokhabaye, le nouveau ministre de l’Enseignement moyen et primaire, Kalidou Diallo, qui est lui aussi issu du milieu syndical, en est conscient.

C’est la raison pour laquelle, ajoute le coordonnateur, il a appelé les enseignants à respecter le quantum horaire, qui est indispensable pour avoir un enseignement de qualité. D’après les syndicalistes, les perturbations avec les grèves incessantes - tantôt des enseignants tantôt des élèves - et les nombreuses fêtes religieuses et civiles empêchent le déroulement normal de l’année scolaire. Par ailleurs, le Cse, qui se reconnaît une responsabilité dans la fin de la grève et la bonne tenue des examens de fin d’études, ‘de par sa vigilance et son sens élevé de la négociation collective’, rappelle qu’il est parvenu a signé des accords le 23 mai 2008 avec le gouvernement.

Cependant, les partisans de Ibra Diouf Niokhobaye, qui souhaitent que le gouvernement fasse des efforts, exhortent l’Etat à respecter ses engagements lors des prochaines négociations qui s’ouvriront dans quelques jours. Le protocole d’accord, signé avec le gouvernement, avait des désaccords sur l’Ird (Indemnité de recherche documentaire) et l’augmentation de l’indemnité de logement, souligne-t-on. ‘Nous pensons qu’en l’espace de trois mois, le gouvernement ne se reniera pas pour transgresser le contenu du document à l’occasion des éventuelles négociations en vue’, a indiqué Niokhobaye. Le syndicaliste est convaincu que les positions du gouvernement vont évoluer, comme il l’a fait dans le passé. Par ailleurs, le collectif des syndicats d’enseignants souhaite la mise en place d’un comité de suivi dans les plus brefs délais pour une bonne gestion du protocole d’accord.

Unité du mouvement syndical enseignant : Le Cse se dit favorable

Le Collectif des syndicats d’enseignants, fort de neuf syndicats, a lancé un appel en faveur de l’unité du mouvement syndical. Pour cette Intersyndicale, proche du pouvoir, ‘l’unité du mouvement syndical est devenu une nécessité aussi bien pour les enseignants, les élèves que pour les pouvoirs publics’. En effet, selon le secrétaire général du Cse, l’Intersyndicale veut une union syndicale, ouverte à tous les syndicats quelle que soit leur sensibilité politique.

Car, même si chaque syndicat ou central syndical enseignante, est affilié à une formation politique, il n’y a pas de raison, selon lui, de ne pas trouver un terrain d’entente entre enseignants. Car, poursuit-il, cette unité, va entraîner des propositions consensuelles. Et non seulement, le gouvernement va y trouver son compte, parce qu’il y aura désormais un seul interlocuteur en face de lui, mais les enseignants y trouveront également leur compte, ‘car dans la division, il est extrêmement difficile de conquérir des luttes victorieuses’, a indiqué Adjouma Sagna, le secrétaire général de la Sneel/fc. Selon lui, les syndicats sont ‘obligés’ de tendre vers une unité, parce qu’aucun syndicat à lui seul, ne peut faire face à l’Etat pour régler ses problèmes.

Par ailleurs, concernant les nombreux cas de fraudes, notés lors des examens du Bfem 2008, et pour lesquels certains enseignants ont été mis en cause, Ibra Diouf Niokhobaye rappelle qu’il y a une structure qui s’occupe de ce problème. Ainsi, il souhaite qu’elle fasse toute la lumière et sanctionne au besoin les enseignants responsables. Il demande que ‘justice soit faite, sur ces personnes qui n’ont aucune déontologie et qui jettent le discrédit sur notre système éducatif’. Cependant, il refuse que tous les enseignants soient mis dans le ‘même sac’. Il est nécessaire de ‘séparer l’ivraie de la bonne graine’, conclut-il.

Source : Walf

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