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Franc-maçonnerie : Une association secrète au Sénégal depuis 1781

lundi 16 février 2009

Association, en partie secrète, de personnes qui professent des principes de fraternité, se reconnaissent entre elles à des signes et à des emblèmes et se divisent en groupes appelés « Loges », la franc-maçonnerie qui est au coeur de l’actualité nationale depuis le fameux droit de réponse du président Wade au journal français « L’Express » en date du 7 février 2009, n’est pas une nouveauté au Sénégal. En effet, la première loge maçonnique a été créée par le Grand Orient en 1781 à Saint-Louis. Blaise Diagne, premier député africain élu à l’Assemblée nationale française en 1914, était devenu franc-maçon en 1899. En sa mémoire, une loge Blaise Diagne a été fondée à Dakar en 1977. « Le Réveil » était une publication franc-maçonne sénégalaise. Dans un pays majoritairement musulman, la franc-maçonnerie s’est heurtée aux islamistes intégristes. Cependant, en 2007, il y aurait 200 francs-maçons actifs au Sénégal, en particulier de jeunes adeptes.


Assimilée à tort ou à raison à une nébuleuse où le sexe, l’argent et le pouvoir se confondent, la franc-maçonnerie qui est définie par l’assemblée des grands maîtres européens en 1952 comme « une institution d’initiation spirituelle au moyen de symboles » ; aurait pour but le perfectionnement de l’homme et de l’humanité. Bien qu’existant au Sénégal depuis 1781, ses adeptes, en tout cas à Dakar, seraient environ au nombre de 200 répartis dans trois loges.

« Ici, vous avez trois loges. On peut dire que le nombre est estimé à 200, même si je ne maîtrise pas les effectifs. C’est une maçonnerie en plein développement, dynamique. D’ailleurs, tout à l’heure, j’étais en tenue et il y avait l’ensemble des frères de Dakar qui étaient réunis. J’ai constaté qu’il y avait beaucoup de jeunes. Il y a même un frère qui a fait une planche qui nous a dit qu’il est âgé de 30 ans. C’est très important parce qu’en France, la maçonnerie, depuis quelques années, est un peu vieillissante, même si on voit tout de même qu’il y a un retour de l’intérêt de la jeunesse vers la maçonnerie ».

C’est là, une révélation de Jean Michel Quillardet, le Grand Maître du Grand Orient de France (Godf), une des plus anciennes loges maçonniques françaises, le 20 avril 2007, à Dakar. Chef de Godf depuis septembre 2005, il est avocat de profession. Il était en visite dans notre pays à la rencontre de ses frères maçons et aussi pour assister au 30e anniversaire de la loge Blaise Diagne et s’est, à cette occasion, confié à notre confrère « Le Soleil ».

Les mystères de la Franc-Maçonnerie

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Certains pensent que c’est un lieu de libertinage où la sodomie, des pratiques et comportements contre-nature sont légion. « Faux », répond, ce responsable des trois points…, nous parlant sous le sceau de l’anonymat. « Chez nous, il n’y a aucun acte répréhensible. Nous sommes dans la solidarité. En atelier, pour étrenner nos grades, il nous faut faire preuve d’intelligence, de travail et de dévouement pour tendre vers la perfection. C’est notre credo en atelier. Il y a parmi nous, les gens de toutes les confessions, mais c’est qu’entre frères de loges, les croyances politiques et religieuses sont laissées hors du lieu de culte.

Nous travaillons à la recherche de la vérité, dans la discipline et l’éthique. N’importe qui ne peut pas être franc-maçon. Pour l’être, il faut avoir une position intellectuelle ou professionnelle importante. Rien de ce qui se dit du dehors dans nos pratiques n’est vrai. D’ailleurs, un franc-maçon ne dénonce jamais un frère. Et on n’y entre pas pour en sortir. On y reste pour l’éternité, à moins que nos comportements nous valent des sanctions pouvant aller du blâme à l’exclusion.

Cependant, on ne réussit pas à l’examen du bandeau qui nous fait passer du monde des ténèbres à celui des lumières pour ensuite abandonner. Là, on signe un pacte avec Hiram Abi (tué entre les colonnes Nord Jakin (J) ou le symbolisme solaire, place des apprentis et celle du Sud, Boaz (B) ou le symbolisme lunaire, place des compagnons), à l’honneur de qui, la maçonnerie est née ».

Ce n’est pas ce qu’en disait M. Jean Michel Quillardet, le Grand Maître du Grand Orient de France, en visite à Dakar, le 20 avril 2007. Selon lui : "La maçonnerie, c’est l’élitisme. Mais, entendons-nous sur le mot élitisme. C’est un élitisme pour tous. Autrement dit, on ne vient pas au Grand Orient de France parce qu’on est de telle ou telle classe sociale, parce qu’on a telle responsabilité professionnelle ou tel diplôme. Ça ne nous intéresse pas. Mais, comme on sélectionne les gens qui viennent au Grand Orient de France, on essaie de sélectionner ceux qui ont une curiosité intellectuelle, qui ont une capacité humaine, une humanité et qui ont envie de s’engager dans le combat pour les valeurs humanistes.

Cela peut être partagé par tout le monde, quelle que soit votre origine sociale, votre profession ou vos diplômes. C’est la raison pour laquelle, lorsque la maçonnerie se définit de cette manière, ce n’est pas contradictoire avec notre conception de la démocratie. La maçonnerie est à l’image de la société. On a un recrutement qui est plus classe moyenne. On a des employés, des ouvriers chez nous. Ils ne sont pas majoritaires chez nous, faut pas se voiler la face.

Mais, là aussi, il faut faire évoluer la maçonnerie, comme il faut faire évoluer la société, pour une plus grande démocratisation. La maçonnerie, c’est essayer de découvrir dans la personne en face de soi et qui souhaite entrer dans le Grand Orient, toute une espèce d’approche de la vie. C’est-à-dire que quelqu’un a envie de donner un sens dans sa vie, de s’améliorer, d’aller à la rencontre de la différence et de s’engager dans la société, sur ses valeurs qui peuvent réunir tout un ensemble de gens quelle que soit leur singularité".

D’autres personnes approchées par nos soins nous inviteront à revisiter les archives, et ainsi, savoir que la Franc-maçonnerie existe au Sénégal depuis 1781. Et à son origine chez nous : Les quatre Loges de Saint-Louis du Sénégal de 1781 à 1899.

1781 : Saint-Jacques des Trois vertus

Parler des débuts de la Franc-maçonnerie (FM) au Sénégal, c’est évoquer les quatre Loges successives de Saint-Louis du Sénégal avant que ne soit allumés les feux de la première Loge de Dakar en 1899. C’est aussi incidemment rappeler que le bicentenaire de la FM au Sénégal aurait pu être fêté en 1981. En effet, selon ce document, « en l’an de vraie lumière 5781, le 9e jour du 5e mois maçonnique et de l’ère vulgaire, 9 juillet 1781, la Respectable Grande Loge de France convoquée en Assemblée Générale..., le Respectable président Excombart tenant le maillet à l’Orient... » note dans son compte rendu : « Art. 6.

Lecture faite d’une lettre envoyée par le Vénérable Maître Chorier en date du Sénégal par laquelle, il demande un changement en sa lettre de constitution, au lieu d’être sur Paris, il désire qu’elle soit pour le Sénégal… En 1784, cette loge est bien en place puisqu’une lettre du Vénérable Maître Chorier à l’Orient de St-Louis rédigée « le 6e jour du 4e mois de la L.V.L. 5784 au moment où la frégate met la voile » recommande au président de la Loge, son second surveillant le T.’.C.’.F.’., J. B. Balichon, « c’est un excellent Frère que je vous recommande beaucoup, tous les services que vous lui rendez maçonniquement compteront comme à moi-même... ».

Mais qu’en est-il de cette loge « Saint-Jacques des Trois Vertus » et des membres qui la composent ? Quelle est son importance dans la ville de Saint-Louis ? On peut penser que cette Loge, dont le V.’.M.’. Chorier était marchand tapissier à Paris, s’adresse surtout à des éléments puisés dans l’armée et l’administration majoritaires dans la ville naissante, et dans le monde du commerce lié à la compagnie du Sénégal, auxquels viennent s’adjoindre quelques négociants établis à leur compte et de petits artisans. Quelle relation établir justement avec Durand le directeur de la Compagnie du Sénégal et qui dans une lettre du 28 mars 1786 adressée à Hennin aux Affaires Étrangères à Versailles annonce : « Nous perdons M. le Comte de Repentigny et son remplacement est une perte irréparable pour la colonie. Nous vivions comme deux frères raisonnables... ».

De même, on peut s’interroger sur l’existence d’une Loge Anglaise entre 1809 et 1816, les Britanniques étant à nouveau maîtres de St-Louis. Dans l’état actuel de nos connaissances « St-Jacques des Trois Vertus » de la GL est donc entre 1781 et 1787 ( ?), la première Loge Maçonnique au Sénégal.

1823 : « La Parfaite Union »

A Saint-Louis, 8e jour du 5e mois 1823, 8 juillet 1823, animés du désir de travailler régulièrement, des Francs-maçons demandent au Grand Orient de France (GODF) d’accorder « des constitutions qui régularisent la Loge élevée à l’Ordre de St-Louis sous le signe distinctif de La Parfaite Union, conformément au voeu de la délibération prise le 24e jour du 4e mois 1823 »… Le Tableau de « La Parfaite Union » à cette date du 24 juin 1823 comprend 12 membres inscrits dont les principales caractéristiques sont d’être soit attachés à la Marine, soit Négociants.

De plus, c’est une Loge relativement jeune puisque le plus âgé est né en 1779 et la plupart des membres, initiés vers l’âge de vingt vingt-cinq ans, sous l’Empire, ont entre trente et quarante ans sous la Restauration… Au total, à la suite du Baron Roger leur Vrai Maître d’honneur, les Frères Francs Maçons (FF) ont pignon sur rue à divers titres dans St-Louis ; d’ailleurs dans cette logique, le premier initié à St-Louis même est Pellegrin François, maire de l’Île, choisi institutionnellement dans la puissante société Métisse de St-Louis et dont le rôle est celui d’intermédiaire entre le gouverneur et la population. Il faut attendre juin-juillet 1824 pour que l’allumage officiel des feux s’opère avec une Loge et un Chapitre, tous les deux au nom de « La Parfaite Union ».

1874 : L’Union Sénégalaise

Le 14 avril 1874, sous une IIIe République balbutiante, le Frère Simon adresse à Paris une lettre : « Déjà, nous avons eu des réunions... La Loge aura à subir probablement quelques ennuis de la part de l’influence occulte qui agit contre la Maçonnerie. Il a fallu longtemps pour atteindre le faible résultat actuel... » Le 3 mai, la Nouvelle Loge « L’Union Sénégalaise » affiliée au GODF travaillera aux deux rites, français et écossais ; les tenues ayant lieu le ler vendredi de chaque mois ».

La Loge a pour timbre un cercle avec trois palmiers, en relation certainement avec la rue du Palmier où s’installe le temple. Le tableau des effectifs annonce quatorze frères dont la moitié initiés à Bordeaux et ceux-là même étant négociants les autres sont de la Marine… Il faut remarquer que le nom de cette nouvelle Loge commence par le mot « Union », celui-là même qui terminait l’appellation de la Loge précédente ; comme pour assurer à la fois une continuité et une différenciation « La Parfaite Union » est suivie de « L’Union Sénégalaise ».

La Loge « L’Union Sénégalaise » est installée le 22 septembre 1874. Et dès son installation, trois capitaines au long court partent. Ils font aussitôt passer au grade de maître avec dérogation Camus, Epaulard et Domecq pour avoir le nombre de maîtres nécessaire à l’ouverture des travaux. Ce qui laisse perplexe quant au tableau de trente quatre membres inscrits annoncé par courrier du 12 décembre. Lors de l’installation de la Loge, le Frère Merle dans son discours précise que « beaucoup de membres appartiennent à l’armée, l’administration, la marine ». Seuls Merle, Beynis et Delaplace, tous trois initiés à Bordeaux, sont négociants…

Le 4 avril 1876, « Le Moniteur », page 57, publie l’abrogation de la décision autorisant l’ouverture de la loge « considérant que plusieurs membres de la Loge maçonnique se sont permis d’organiser l’après-midi du 28 de ce mois (de mars) des funérailles du chef de service des Ponts et Chaussées. Signé gouverneur Valière ». Le 11 avril, la Loge « L’Union Sénégalaise » adresse un rapport signé par le Vénérable Maître Burot, à noter la rotation des Vénérables sur l’incident : effectivement des FF ont tiré une triple batterie de deuil au cimetière. A cette occasion, la Loge dénonce le climat hostile qui se développe à St-Louis à l’encontre de la Maçonnerie.

Le GODF reçoit au cours du mois de mai des demandes d’intervention en faveur de la Loge du Sénégal, émanant des Loges de Bordeaux. Le 12 juillet Grivet Louis informe Paris que bien que fermée par l’autorité, la Loge dissoute a initié en présence de sept de ses membres un profane qui leur demandait la lumière. Cette tenue a eu lieu le 26 mai ; parce qu’« il faudrait des maçons appelés à y vivre définitivement... ». En 1877, Merle, retiré à Bordeaux, exprime son mécontentement au GODF dans la mesure où rien n’est fait pour la loge de St-Louis. En 1878, il revient à la charge par courrier du 28 octobre :

« Les nombreux travaux du Conseil de l’Ordre font différer la solution de notre affaire. La situation n’est plus tenable si vous ne venez à notre aide par des démarches auprès du Ministère de la Marine ». Le 30 novembre encore, Merle propose une solution trompe-l’oeil à l’usage externe : mettre en sommeil « L’Union Sénégalaise » condamnée par le gouvernorat et rallumer les feux de « La Parfaite Union » du nom de l’ancienne Loge…

Dès le 8 mars 1881, après une interruption de près de cinq ans et demi, la Loge « L’Union Sénégalaise » se réunit en son local, rue de la Mosquée, pour élire son nouveau Vénérable Beynis entouré de ses officiers : Massips, Laplène, Allys, Pronnier, tous négociants, Crespin avocat, Ryckman, capitaine de marine, et Taylor, pasteur. Le négoce qui vient de l’emporter sur le plan profane avec le départ de Brière de l’Isle s’impose majoritairement dans la Loge. Mais les grands ténors, à deux ou trois exceptions près, ne sont plus là comme du temps de « La Parfaite Union » cinquante ans plus tôt ; la place de la Loge « L’Union Sénégalaise » dans la cité se présente de façon plus limitée, face à des réactions plus hostiles du milieu profane majoritairement catholique.

Aussi en 1881-82, les Frères Francs-maçons s’efforcent de renforcer leurs rangs. Ils multiplient leurs tenues et affilient le maximum d’impétrants. En même temps, ils s’efforcent, par les planches faites en Loge, de donner à la fin, un intérêt plus grand aux tenues et une possibilité d’extériorisation valorisante. C’est dans cet esprit qu’un long rapport établi par Ruault sur la création d’une école d’apprenti pour les hommes de couleurs et anciens esclaves est adressé au gouverneur et au GODF : le point de départ de ce rapport est en fait une question mise à l’étude de la loge sur le passage d’esclave à ouvrier.

Le choix du sujet correspond d’une part aux préoccupations des Républicains en matière de scolarisation et d’autre part situe la Loge dans le débat sur l’esclavage qui a provoqué ces derniers mois des tensions accrues à St Louis au point de rendre obligé le départ de Brière de l’Isle. Que le nouveau gouverneur et le GODF soient informés des prises de position de la Loge place « L’Union Sénégalaise » sur l’échiquier.

Biran Sady, le premier franc-maçon sénégalais

Surtout, on retiendra pour l’année 1882, année d’apogée en quelque sorte de « L’Union Sénégalaise », l’initiation le 17 juillet de Biran Sady employé de commerce du fleuve né vers 1852 à St-Louis. Biran Sady, initié en juillet 1882, fait naître en octobre 1884 par la Loge « L’Union Sénégalaise », le premier Sénégalais Franc-Maçon. 1883 et 1884 n’ont déjà plus le même éclat... Certes Mamadoun Racine, capitaine aux tirailleurs né à Podor en 1842, et Mademba Saye, employé télégraphe né à Saint-Louis en 1852, rejoignent Biran Sady sous les colonnes, confirmant la volonté manifeste de s’ouvrir à la vie sénégalaise dans la droite ligne de son nom « L’Union Sénégalaise » ; il est fort probable que Crespin joue un rôle dans cette orientation eu égard à ses prises de positions dans le monde profane.

Certes, également, les diplômes continuent à être réclamés auprès de Paris pour initiations et augmentations de salaire ; mais justement cet aspect administratif repasse au premier plan pour occuper progressivement l’essentiel du temps passé en Loge : réélection en mai 1883 du Frère Beynis au vénéralat, élection du Frère Allys au même poste en janvier 1884... Dépression si importante qu’elle est dénoncée à la tenue du 8 septembre, « depuis quelque temps les membres de cette loge se plaignent d’une sorte de lassitude, de laisser aller qui se manifestait dans la direction des travaux » ; ce qui explique que le Vénérable soit relevé de ses fonctions.

Pendant quelques mois, le rythme des demandes de diplômes s’accroît effectivement mais rien d’autre en fait ne se produit. Dans le même laps de temps, le Temple passé de la rue du Palmier à la rue de la Mosquée s’annonce désormais rue des Boufflers dans un nomadisme symptomatique de problèmes matériels non réglés. De 1885 à 1893, la loge entre définitivement dans sa phase déclinante au point qu’en 1892, ses membres ne peuvent acquitter leur dette envers le GODF et qu’il y a mis en sommeil effective par le dernier Vénérable en titre le Frère Duval.

Certains rachètent « à une vente publique la plupart de ce qui avait appartenu à l’ancienne Loge et continuent à faire des prosélytes dans l’espoir de former une Loge nouvelle ». En fait, la mise en sommeil officielle, comme bien souvent, ne fera que prendre en considération avec retard la fin réelle de cette Loge ; la mise en sommeil officielle de « L’Union Sénégalaise » est fixée le 22 septembre 1893.

1893 : « L’avenir du Sénégal »

La troisième Loge de l’histoire maçonnique du Sénégal disparaît, vive la quatrième Loge qui voit le jour dans la foulée, « L’Avenir du Sénégal », alors que la IIIe République s’est consolidée en France avec la participation active de la FM. La continuité avec « L’Union Sénégalaise » est symbolisée au départ, tout au moins, par le sceau de la Loge qui conserve trois palmiers ; on a simplement changé le nom de la Loge et remplacé 5874 par 5893. La rupture est signifiée par contre par le ton de la première lettre, du 18 juillet 1893, adressée par le Vénérable Bonnefoi au GODF : « Le niveau moral de notre ordre a besoin d’être relevé de la déchéance dans laquelle l’avait plongé l’inertie du néfaste Frère Crespin.

Cette déchéance est telle qu’il n’y avait pour nous relever aux yeux de la population que la démolition des colonnes de l’ancien et la reconstruction d’un nouveau... ». Le 15 janvier 1894, l’installation est faite en bonne et due forme… Par ailleurs, « L’Avenir du Sénégal » se positionne immédiatement sur le plan idéologique. « Les 200 exemplaires de Jeanne d’Arc ont été expédiés sous enveloppes à toute la population du Sénégal, ils ont produit en particulier chez les cléricaux une rage tellement forte qu’ils ne peuvent la cacher »...

De même, la Loge « s’empresse de demander 20 exemplaires de l’ouvrage d’Amiable sur l’ingérence du clergé dans la politique »... Une lettre de juin 1895 résume assez bien l’ensemble de sa correspondance, souvent confidentielle c’est-à-dire non présentée en Loge : le nouveau gouverneur Chaudié et le colonel Boilève qui vient avec lui sont-ils maçons « si oui, ce serait le début de la réalisation de mon plan de campagne anticlérical... » Vains espoirs puisque le 18 février 1896, il se plaint : « Avec le temps, je suis persuadé que vous seriez arrivés.., mais je crois qu’il sera trop tard... ».

Entre 1896 et 1897, c’est une Loge de faible rayonnement qui se maintient à St-Louis… La Loge subit la pression qui s’exerce sur elle et que rappelle un courrier de janvier 1898 repris dans le détail par deux longues lettres en avril et juin de la même année. Effectivement, en raison de ce volontarisme affirmé et de cette vigueur retrouvée s’opère l’essaimage de la Loge « l’Avenir du Sénégal » avec l’allumage des feux de « l’Étoile Occidentale » à Dakar, ville dont le développement se concrétise chaque jour davantage par l’implantation d’administrations et des maisons de commerce. Le 4 août 1899 est créée une loge à Dakar. Son installation sera faite officiellement le 12 novembre.

Sur les 7 fondateurs de cette loge, quatre sont de « L’Avenir du Sénégal » de Saint-Louis : Cancé René, Cornu Alain, Lhôte Eugène et Morilhan J. Baptiste. De 1781 à 1899, la ville de St-Louis, capitale administrative du Sénégal, a connu quatre Loges avec chacune sa personnalité en relation avec l’époque concernée comme en une sorte de projection de l’évolution de la Maçonnerie Française ; avec des coups de projecteurs ponctuels sur un mouvement continu et dont on perçoit ainsi les grandes lignes directrices. Avec en plus, nécessairement, la prise en compte de la réalité sénégalaise et là aussi des réponses différentes selon la Loge et l’époque concernées.

Cette étude aura donc permis de rappeler tout d’abord que « St Jacques des Trois Vertus » Loge de la monarchie d’avant la Révolution, « La Parfaite Union » sous la restauration et la monarchie de Juillet, « L’Union Sénégalaise » sous la IIIe République naissante puis « L’Avenir du Sénégal » dans une IIIe République confortée, ont dans un rayonnement plus ou moins intense participé à la vie de Saint-Louis et par là même du Sénégal de rappeler en outre qu’un FM mériterait une plus grande attention selon le Baron Roger.

Origine de la Franc-maçonnerie

Selon Wikipedia : « Les premières véritables loges de francs-maçons, distinctes des corporations, sont apparues au XVIIe siècle, en Écosse, la franc-maçonnerie a toujours ajouté à cette origine historique une origine légendaire et symbolique plus ancienne, support du travail initiatique de ses membres. Les premiers francs-maçons positionnaient symboliquement cette origine mythique aux origines de la maçonnerie elle-même (comprendre aux origines de l’art de bâtir). Dans un siècle où les travaux de la paléontologie n’existaient pas encore, il fut tout naturel pour eux de placer cette origine à l’époque d’Adam (le premier homme, selon la conception de l’époque), à celle de Noé (construction de l’arche et religion première) ou, beaucoup plus fréquemment, à celle de la construction du temple de Salomon par l’architecte Hiram Abi.

Vers 1390 déjà, le « Manuscrit Régius », qui décrivait les usages des maçons anglais, plaçait emblématiquement leur corporation sous l’égide d’Euclide et de Pythagore, pères de la géométrie, et sous la protection du roi Athelstan d’Angleterre. En 1736, en France, le chevalier de Ramsay rattache la franc-maçonnerie aux Croisés. D’autres, un peu plus tard, transformeront cette référence en une référence symbolique au Saint Empire romain germanique, ou à l’Ordre du Temple (en Allemagne, en Angleterre et en France).

Suite à la parution en France du Séthos de l’abbé Jean Terrasson en 1731 puis à la redécouverte de l’Égypte antique par les occidentaux, c’est tout naturellement que certains rituels maçonniques déplacèrent l’origine symbolique à l’époque de la construction des pyramides. Au milieu du XIXe siècle romantique enfin, à l’occasion de la redécouverte de l’héritage du Moyen Âge, le mythe maçonnique renforça tout aussi naturellement ses références à la construction des cathédrales. Derrière toutes ces apparentes modifications symboliques se détache clairement une constante : la franc-maçonnerie s’est toujours placée sous le patronage symbolique de tous ceux qui firent progresser, tout au long de l’histoire, l’art de bâtir et les valeurs dont elle se réclame.

Une loge maçonnique est une structure locale regroupant typiquement quelques dizaines de francs-maçons. La plus ancienne loge maçonnique connue dont on puisse clairement établir qu’elle était structurellement distincte de la corporation locale de maçons opératifs (à laquelle elle restait cependant adossée) fut celle de Mary’s Chapel, fondée en 1599 sous l’autorité de William de Saint Clair, à Édimbourg en Écosse. Comme elle, la plupart des toutes premières loges maçonniques distinctes des corporations sont écossaises et créées sous le régime des Statuts Schaw. Elles sont jalouses de leur indépendance et pratiquent :

• soit l’ancienne cérémonie d’admission datant des corporations et connue sous le nom de « Rite des Anciens Devoirs »

• soit à partir des années 1630 et en milieu presbytérien, un rituel d’initiation fort simple, connu sous le nom de « Rite du Mot de maçon ». Ce rituel comporte la transmission d’un « secret », à l’origine composé uniquement d’une poignée de main et de deux mots de passe.

Ces deux rites sont comparables à ceux qu’on peut trouver dans d’autres corporations ou confréries de métiers de l’époque, telle que, par exemple, celle des francs-jardiniers. Toutefois, la prééminence donnée dans la société de l’époque au métier de maçon, leur réputation et celle de leur rituel attirèrent dans leurs rangs, surtout à partir de 1670, d’assez nombreux gentilshommes et bourgeois. Assez souvent, ceux-ci, après avoir reçu l’initiation maçonnique, continuaient à se passionner pour le sujet mais fréquentaient assez peu les réunions ordinaires de leurs loges...

Le mythe d’Hiram, Maître fondateur de la Franc-Maçonnerie

Cependant, à partir du XVIIIe siècle, la vie et la mort d’Hiram, enrichies par les légendes deviennent un mythe initiatique qui inspire le rituel maçonnique. D’après le récit mythique, Hiram (ou Hiram Abif) fut assassiné à la fin des travaux du Temple (vers 1570 avant notre ère) par trois compagnons pour avoir refusé de leur donner la parole secrète. Ces trois hommes, postés à une porte différente du Temple, lui réclamèrent, sous la menace, la parole secrète. Hiram se tut, estimant que le temps n’était pas venu. Le premier le frappa d’un coup de règle sur la gorge, le deuxième d’un coup d’équerre de fer sur le sein gauche et le dernier l’acheva d’un coup de maillet sur le front. Les compagnons enterrèrent le maître sans connaître le secret. Convaincus alors de l’inutilité de leur crime, ils plantèrent une branche d’acacia sur la tombe.

La lecture allégorique du mythe montre qu’Hiram perd sa vie physique (la gorge), sa vie sentimentale (le cœur) et sa vie spirituelle (le front), à cause de l’Ignorance, de l’Hypocrisie et de l’Envie que figurent ses assassins. Il renaîtra (acacia) grâce à ses qualités antithétiques : le Savoir, la Tolérance et le Détachement. Dans les cérémonies maçonniques, le récipiendaire au titre de Maître s’identifie à Hiram : il doit d’abord « mourir » pour renaître, investi des qualités du Maître.

Le « secret » n’est que devenir intérieur, transformation spirituelle dans un processus d’individuation. En ce sens, il est incommunicable. Ainsi, la Franc-Maçonnerie reconnaît en Hiram un Maître fondateur. D’autre part, aujourd’hui encore, les deux colonnes du temple maçonnique ont pour modèles les réalisations supposées d’Hiram pour le Temple de Salomon qui devaient s’inspirer elles-mêmes des deux obélisques précédant l’entrée des Temples de l’Égypte antique.

En outre, les Francs-Maçons s’identifient symboliquement comme les « enfants de la veuve ». Cette expression renvoie aussi à Hiram ; la Bible précise, en effet, qu’il est « le fils d’une veuve de la tribu de Nephthali ». L’absence de père semble récurrente dans les mythologies et les religions. Ainsi, Horus est le fils posthume d’Osiris. Pas de présence paternelle non plus dans l’histoire de Krishna, Mithra, Sargon ou Moïse. De même, Anne, la mère de Marie, est veuve et stérile. Elle bénéficie d’une intervention divine pour concevoir la mère du Christ. En termes de psychanalyse, la figure du père inhibe : elle représente la loi, la domination des forces instinctives et l’autorité traditionnelle. Privés de père, les « fils de veuve » (ou de vierge) sont des novateurs ; ils représentent les forces nouvelles de changement.

Comment se font les recrutements ?

Si la cooptation est la règle en franc-maçonnerie, chacun est cependant libre de déposer sa candidature. Les sites web de certaines obédiences précisent les démarches à suivre. Si on connaît l’adresse d’une loge particulière, il est également possible de lui écrire. En pratique, il y a peu de candidatures spontanées : la plupart des postulants connaissent un membre de la loge qui leur a proposé de les instruire sur la démarche maçonnique et de parrainer leur candidature.

Cependant, le processus d’admission est le même pour tous et prend du temps. Il faut être majeur ainsi que libre et de bonnes mœurs pour devenir franc-maçon. Si cette Liberté visait autrefois à exclure l’esclave, son interprétation évolua rapidement au sens de libre de tout préjugé, ouvert à une remise en question de soi. Être « de bonnes mœurs » se traduit aujourd’hui, entre autres, par un casier judiciaire vierge.

Une fois la candidature introduite, le postulant pourra être interviewé à différentes reprises pour évaluer si sa démarche est honnête, sincère, murie et motivée, et si elle s’adresse à la loge la plus susceptible de correspondre au sens de sa quête spirituelle. En fonction de leurs landmarks, certaines obédiences de la branche traditionnelle exigent que le candidat soit chrétien (Grande Loges scandinaves), d’autres ne lui demandent que d’affirmer sa foi en Dieu, d’autres enfin se bornent à exiger de lui qu’il accepte l’existence d’un Être suprême. Dans les obédiences libérales, aucune croyance particulière n’est exigée.

Au terme de la procédure, à l’issue d’une audition sous le bandeau devant la loge réunie, celle-ci décide en toute souveraineté d’initier -ou non - un nouveau membre. En cas de refus, le ou les parrains aident le candidat malheureux à analyser son échec et, à moins d’un motif grave, une nouvelle demande peut être introduite au bout d’une période de maturation. On dira de ce candidat qu’il s’est fait blackbouler, le vote des membres de la loge se faisant traditionnellement à l’aide de boules blanches et noires.

Qu’est-ce qu’un franc-maçon dormant ou en « sommeil » ?

Un franc-maçon peut à tout moment se mettre « en sommeil » - c’est-à-dire cesser de participer aux activités tout en continuant de payer sa cotisation - ou présenter sa démission. Les maçons aiment dire que la difficulté d’y entrer et la facilité d’en sortir font de la franc-maçonnerie tout le contraire d’une secte. C’est sous cette casquette que L’Express avait peint le président Wade, le poussant à annoncer solennellement qu’il avait démissionné de cette société depuis plus de quarante ans, dans un droit de réponse publié par le même journal en date du 7 février dernier.

L’Initiation et les gants blancs

Une fois, le candidat accepté par la loge, il est initié au cours d’une cérémonie particulière. Celle-ci peut être légèrement différente selon les rites, mais son déroulement consiste toujours en une série d’épreuves qui mènent symboliquement l’impétrant d’un état d’obscurité, d’aliénation et d’enfermement à un état d’illumination, d’ouverture et de liberté. Les premiers signes de reconnaissance lui sont alors enseignés et l’initié devient apprenti.

A cette occasion, la recrue qui vient de réussir avec brio le test du bandeau ou ce masque de velours opaque que l’on place sur ses yeux lorsqu’il vient défendre sa candidature et répondre aux questions que lui pose la loge, passant ainsi du monde des ténèbres à celui des lumières. Il porte à cette occasion des gants blancs pour signifier son innocence face au meurtre d’Hiram, mais aussi une rose à l’honneur de la personne qui lui est la plus chère. Et peut à cet instant commencer par la sculpture son combat pour la recherche de la perfection. C’est en ce moment aussi que l’on voit le tronc de la vierge qui sert à recueillir l’obole…

Statut des membres

Dans cette société initiatique, les frères et sœurs sont d’abord « apprentis » avant de passer « compagnons » puis d’être élevés à la « maîtrise ». Durant tout le temps où le nouveau membre sera apprenti, il ne lui sera pas permis de prendre la parole au sein de la loge : il devra seulement écouter, afin de s’imprégner de l’esprit des tenues.

A ces trois degrés fondamentaux s’ajoutent différents systèmes facultatifs de « hauts grades » échelonnés sur un nombre variable de degrés additionnels (trente degrés supplémentaires au Rite Écossais Ancien et Accepté, quatre au Rite Écossais Rectifié, six au Rite Opératif de Salomon et jusqu’à 90 et 96 dans certains rites égyptiens). Dans les systèmes où ils sont nombreux, seuls quelques-uns de ces grades sont réellement pratiqués lors des « tenues ».

Une loge est encadrée par les « cinq lumières » : le vénérable maître-en-chaire (ou président), le premier surveillant, le second surveillant, l’orateur (dans les rites d’origine française) et le secrétaire. Il existe aussi d’autres « officiers » occupant des fonctions (offices) spécifiques. Celles-ci n’ont aucun rapport avec le grade ou degré (hormis qu’il faille être maître depuis deux ou trois ans). Les officiers sont généralement élus chaque année par la loge. Suivant les loges, les fonctions sont reconductibles deux ou trois ans.

Les tenues

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Les francs-maçons se réunissent dans des temples où les réunions, appelées tenues, se déroulent selon le rituel adopté par l’atelier, le rite ou l’obédience. Les maçons portent un tablier et des gants blancs, les officiers sont en outre munis d’objets symboliques (maillet, glaive…). Les tenues sont présidées par le Vénérable Maître-en-chaire. Certaines tenues sont dites « blanches ouvertes » parce qu’elles sont ouvertes à des profanes, d’autres « blanches fermées », car l’orateur est profane et l’assemblée composée de maçons. Dans la tradition d’origine française, les membres de la loge présentent à tour de rôle, pendant la « tenue », des travaux de réflexion symboliques, philosophiques, sociaux ou d’actualité nommés morceaux d’architecture ou plus communément « planches » qui sont ensuite discutés au sein de la loge. Dans la tradition d’origine britannique, ces exposés sont le plus souvent présentés en dehors des tenues symboliques.

Les Grades ou degrés

Au-delà des trois premiers degrés des loges bleues, il existe des hauts grades particuliers à certains rites, 33 au total, dans la Maçonnerie au Rite Ecossais Ancien et Accepté, 95 au Rite Egyptien de Memphis-Misraïm, 7 au Rite Français, 5 au Rite Ecossais Ancien rectifié.

Loge

1. Apprenti

2. Compagnon

3. Maître

Collège

4. Maître Secret

5. Maître Parfait

6. Secrétaire Intime

7. Prévôt et Juge

8. Intendant des Bâtiments

9. Maître Élu des Neuf

10. Illustre Élu des Quinze

11. Sublime Chevalier

12. Grand Maître Architecte

13. Royal Arche

14. Grand Elu de la Voûte Sacrée dit de Jacques VI ou Sublime Maçon

Chapitre

15. Chevalier d’Orient ou de l’Épée

16. Prince de Jérusalem

17. Chevalier d’Orient et d’Occident

18. Chevalier Rose-Croix

Sénat

19. Grand Pontife ou Sublime Écossais dit de la Jérusalem Céleste

20. Chevalier du Temple

21. Noachite ou Chevalier Prussien

22. Chevalier Royal Hache

23. Chef du Tabernacle

24. Prince du Tabernacle

25. Chevalier du Serpent d’Airain

26. Écossais Trinitaire

27. Grand Commandeur du Temple

28. Chevalier du Soleil ou Prince Adepte

29. Grand Ecossais de Saint-André d’Écosse

Aréopage et Tribunal

30. Grand Élu Chevalier Kadosch

31. Grand Inspecteur Inquisiteur Commandeur

32. Sublime Prince du Royal Secret

33. Souverain Grand Inspecteur Général ou Chevalier Templier

Les différentes loges françaises

Il y a plusieurs grandes obédiences en France dont :

• Le Grand Orient de France, créée en 1773 (GO)

• 1000 loges

• 41 000 membres

• La Grande Loge de France, créée en 1894 (GLF)

• 675 loges

• 26 000 membres

• La Grande Loge Nationale Française, créée en 1913 (GLNF)

• 22 loges

• 1250 ateliers

• 28 000 membres

• L’Ordre mixte du droit humain créé en 1893 (DH)

• 470 loges

• 13 500 membres

• La Grande Loge Féminine de France créée en 1895 (GLFF)

• 350 loges

• 11 000 membres

Parmi les loges moins importantes, on peut citer :

• La grande Loge templière et Souveraine (GLS),

• La Grande Loge Unie de France (GLUF) : environ 2000 membres,

• Le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm (MM.

Ferloo.com avec « Les Dossiers de l’Histoire Mystérieuse », hors série - n° 7 ; « Points de vue initiatiques », Cahiers de la Grande Loge de France - 4e trimestre 1990 - n°79 ; « Histoire de la franc-maçonnerie française », P. Chevallier - Fayard – 1984 ; Wikipedia et Dictionnaire Illustré de Franc-Maçonnerie : Histoire et légendes, Symboliques et rituels, Francs-Maçons célèbres, les Obédiences actuelles…/J.B ; Editions de Lodi (EDL), 1999 ; Isbn : 2-84308185-8

Source : Ferloo

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