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Gestion laxiste de l’arsenal militaire de Thiès : Des armes subtilisées au Bataillon blindé

lundi 30 avril 2012


Six armes sont portées disparues du magasin de l’Escadron de commandement et des services du bataillon des blindés de Thiès. Ces quatre pistolets automatiques et deux fusils M16 sont jusque là introuvables. Une enquête a été ouverte suite à une plainte déposée à la Compagnie de Thiès par le chef de Corps du bataillon des blindés. Mais, cette enquête n’a pas encore porté ses fruits.

Une histoire de vol d’armes secoue depuis quelque temps le Bataillon des blindés de la base militaire de Thiès. Six armes ont disparu au courant de l’année 2011 du magasin d’armes de l’Escadron de commandement et des services (Ecs) du bataillon des blindés de Thiès. Cette disparition qualifiée de mystérieuse par les hautes autorités de l’Armée semble inquiéter plus d’un. Selon des sources proches de cette affaire, tout a commencé le 7 juin dernier lorsque le chef de corps chargé de l’expédition des affaires courantes de l’Escadron de commandement et des services (Ecs) avait ordonné un contrôle du magasin. Ainsi, il a été constaté, à l’entame de l’enquête, la disparition de six armes, notamment quatre pistolets automatiques Mac50 et deux fusils M16 de fabrications coréenne et américaine. Cependant, au fil de cette enquête, il a été aussi, précisent nos interlocuteurs, rapporté que deux fusils M16 appartenant aux 1er et 3e escadrons non compris dans les six déclarés, avaient été retrouvés abandonnés nuitamment sur la chaussée devant le magasin d’armes du 1er escadron. L’ampleur de ce phénomène a amené les contrôleurs à consulter le registre de sorties et d’entrées des armes. Ceci dit, ils ont découvert que le fusil KA1 n° 103902, première arme dont la disparition a été découverte, est sorti le 17 janvier 2011, sans l’inscription du nom d’utilisateur sur le registre et sans émargement.

« UN SOLDAT DE 1re CLASSE, PRINCIPAL MIS EN CAUSE » Dans cette affaire, des soupçons pèsent principalement sur un soldat de 1re classe qui a assuré la fonction de garde-magasin de l’Ecs du bataillon des blindés du début du mois de septembre 2010 au 18 juillet 2011. D’ailleurs, il a été relevé de ses fonctions le 18 juillet dernier et remplacé par un autre de la même classe. Cela, après la constatation de la disparition du premier fusil M16 de fabrication coréenne KA1 n°103902. Il a, selon nos informateurs, après avoir nié à plusieurs reprises, reconnu finalement que toutes les armes perdues relevaient de sa gestion, à l’exception du fusil M16 n° 3404263 dont la disparition a été constatée après son remplacement et sa mise aux arrêts pendant un mois. D’autres soldats ont aussi été cités dans ce dossier, mais ils ont presque tous nié leur implication dans ces disparitions. L’officier matériel du bataillon qui est le conseiller administratif du corps, le sous-officier Tam, le soldat de 1re classe qui assure la fonction de garde-magasin du Gabom et le soldat de 2e classe qui était le fourrier du bataillon des blindés ont été, tous, entendus dans le cadre de l’enquête.

« LA GESTION ET LE CONTRÔLE DES ARMES DECRIES » En effet, malgré l’enquête et les différentes auditions des soldats cités dans cette affaire, aucun élément probant pouvant permettre d’identifier l’auteur ou les auteurs du vol de ces armes n’a encore été relevé. Dans cette affaire, la gestion et le contrôle des armes sont décriés. Les enquêteurs ont dénoncé les manquements qui caractérisaient la gestion du magasin de stockage des armes. Des manquements qui, selon eux, ont sans doute contribué à faciliter la disparition des six armes. « Les transports effectués au bataillon des blindés, les vérifications menées dans le magasin d’armes et les investigations effectuées auprès du personnel ont permis de déceler très rapidement des dysfonctionnement dans la gestion et le contrôle de l’armement stocké dans ce magasin. Un seul local est utilisé pour servir de magasin d’armes à l’Ecs du bataillon des blindés et au Gabom (Groupement administratif des bataillons opérationnels de marche). La qualité de la tenue des registres laisse à désirer, le choix des gardes-magasin et l’organisation du service sont inadaptés. La surveillance et le contrôle des armes sont insuffisants et inefficaces », déplorent-ils.

Pour eux, ces manquements interpellent toute la chaîne de commandement et les organes de contrôle internes et externes du bataillon. L’enquête dénonce aussi le laisser-aller qui caractérisait le magasin d’armes avec « les entrées et sorties anarchiques » des soldats. Un laisser-aller qui n’aide pas trop dans l’évolution de l’enquête. « Toutes ces anomalies participent au blocage de l’enquête, lié aux difficultés de filtrage, de tri et d’indexation nécessaires pour établir la culpabilité de l’un ou de l’autre des acteurs », soutiennent les enquêteurs.

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