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Isaac Yankhoba Ndiaye, nouveau vice-président du Conseil constitutionnel : Un spécialiste du droit privé prend la voie de la « sagesse »

samedi 14 mars 2009

Nommés par décret présidentiel le 06 janvier dernier comme membres du Conseil constitutionnel, Isaac Yankhoba Ndiaye, professeur agrégé de droit privé, ancien doyen de la Faculté de droit et le magistrat Mouhamed Sonko, ancien président du Conseil d’Etat ont prêté serment, hier.Ils remplacent, respectivement, le professeur Babacar Kanté et le magistrat Mamadou Kikou Ndiaye qui viennent de boucler leur mandat de six ans au sein des cinq Sages.


Le Conseil constitutionnel vient de s’enrichir de deux nouveaux membres. Il s’agit de l’ancien doyen de la Faculté de droit et des sciences politiques, le Professeur agrégé Isaac Yankhoba Ndiaye et de l’ancien président du Conseil d’Etat, le magistrat Mouhamed Sonko.L’ancien doyen de la Faculté de droit occupe le fauteuil réservé aux professeurs d’université et laissé vacant par le Professeur agrégé de droit public, Babacar Kanté après six ans de bons et loyaux services, tandis que l’ancien président du Conseil d’Etat, remplace un autre magistrat. Le Pr Isaac Yankhoba Ndiaye devient vice- président du Conseil constitutionnel alors que le magistrat Mouhamed Sonko en devient simple membre.

Leur prestation de serment a eu lieu, hier, dans la salle d’audience de la Cour Suprême, sise à la corniche ouest ex-Musée dynamique en présence de la grande famille judiciaire au complet et des parents et amis. ‘Je jure de bien remplir fidèlement mes fonctions dans le respect de la Constitution et en toute impartialité, de garder secret le contenu des délibérations et des votes, de ne prendre aucune position publique et de ne donner aucune consultation en privé sur des sujets dont le Conseil constitutionnel a la compétence’. Telle est la formule consacrée, prononcée solennellement, tour à tour, par le Pr Isaac Yankhoba Ndiaye et le magistrat Mouhamed Sonko. Après cela, la présidente du Conseil constitutionnel, Mireille Ndiaye, a pris ‘acte’ de leur serment, avant de les inviter respectueusement à venir prendre le siège réservé à chacun parmi les cinq Sages.

Auparavant, la présidente du Conseil constitutionnel est revenue sur le sens de la cérémonie d’hier. ‘La vie du Conseil constitutionnel, contrairement aux autres juridictions, est rythmée par ce genre de cérémonie du fait de sa composition et de son organisation. Ainsi, selon l’article 03 de la loi de 92, modifié en 99, le Conseil constitutionnel est renouvelé tous les deux ans en raison de deux de ses membres, en dehors du président. C’est en raison de l’application de cette règle que nous nous retrouvons, ce matin, pour la prestation de serment de Isaac Yankhoba Ndiaye et de Mouhamed Sonko’, souligne, d’emblée, la présidente du Conseil constitutionnel.

Parlant des deux nouveaux membres que le Conseil constitutionnel, considéré comme le juge politique, a accueillis, hier, Mireille Ndiaye estime que ‘les deux profils sont opposés, mais, en réalité, ils sont complémentaires’. ‘Cela est une réponse à la variété de conflits que le Conseil constitutionnel est censé connaître’, croit-elle savoir. ‘C’est la raison pour laquelle, dit-elle, c’est un plaisir d’accueillir parmi nous, un professeur et un magistrat’. A propos de Isaac Yankhoba Ndiaye, la présidente du Conseil constitutionnel a salué sa riche et brillante carrière d’enseignant. ‘Vous avez connu une longue et riche carrière d’enseignant, après un doctorat d’Etat en droit privé.

Vous avez progressivement occupé d’importantes fonctions : chef de département de droit privé, puis assesseur, avant de finir comme doyen. Les activités que vous avez menées au plan national et international, vous ont conduit à dispenser des enseignements dans les universités étrangères. Vos grandes qualités intellectuelles ont fait que vous êtes membres de plusieurs sociétés savantes. Et la confiance des autorités en vous ne date pas d’aujourd’hui, car vous avez été président de la commission nationale de réforme du Code pénal et du Code de procédure pénale’.

Au sujet du magistrat Mouhamed Sonko, la présidente du Conseil constitutionnel dira qu’’en rejoignant votre famille, vous ne faites que poursuivre une longue riche carrière, après un détour dans l’administration où vous avez été directeur de cabinet du ministère des Forces armées, de l’Enseignement supérieur et des Affaires étrangères. Pendant votre séjour dans l’administration, vous avez porté haut le corps de la magistrature par vos performances. Et cette riche carrière a été couronnée par votre nomination à la tête du Conseil d’Etat’. ‘Le Conseil constitutionnel a besoin des connaissances scientifiques du professeur et de l’expérience pratique du magistrat. Et ne doute pas de votre compétence’, observe Mireille Ndiaye avant de leur souhaiter la bienvenue.

Les cinq Sages du Conseil constitutionnel sont désormais Mireille Ndiaye, présidente (magistrat), Isaac Yankhoba Ndiaye, vice-président (professeur) membres : Ciré Condy Diallo (Inspecteur général d’Etat), Malick Chimère Diouf (magistrat) et Mouhamed Sonko (magistrat).

PROFIL

ISAAC YANKHOBA NDIAYE, PROFESSEUR AGREGE DES FACULTES DE DROIT : Un spécialiste du droit privé prend la voie de la ‘sagesse’

Enseignant émérite et riche d’une longue carrière de vingt-sept ans, Isaac Yankhoba Ndiaye en entrant, hier, au Conseil constitutionnel comme vice-président donne une nouvelle tournure à sa carrière. Ce spécialiste du droit privé a été tour à tour, chef de département, assesseur, puis doyen de la faculté de Droit et des Sciences politiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). Sa nomination par le chef de l’Etat comme vice-président du Conseil constitutionnel est donc le couronnement de cette riche carrière d’enseignant, mais elle consacre également la reconnaissance de ses qualités de juriste.

Après la fin de son mandat de doyen, le Pr Isaac Yankhoba Ndiaye a été choisi sur la base d’un appel d’offres par les autorités françaises pour enseigner le droit privé en tant que titulaire de chaire à l’Université Paris XII.‘Le dernier décret pris par Chirac était celui le nommant comme enseignant à la Sorbonne’, souligne-t-on.

Au moment où on parle de fuite des cerveaux, il a choisi de retourner servir son pays, en laissant derrière lui d’énormes avantages matériels. Pourtant rien ne l’obligeait à faire ce ‘retour de cerveau’, laisse entendre un proche.C’est dire donc que le Pr Isaac Yankhoba Ndiaye aurait pu rester en France comme d’autres enseignants de son rang. Mais, chez ce professeur élancé et mince, l’amour du métier et de son pays est beaucoup plus fort.

C’est ainsi que, tout en dispensant ses enseignants à Paris, il prendra en charge le cours d’initiation au droit dispensé aux étudiants de première année. Et, selon ses proches, ‘c’est de sa propre poche qu’il achetait chaque mois son billet d’avion pour revenir dispenser des cours sur l’introduction à l’étude du droit à Dakar’. A l’Ucad où il a toujours enseigné, sa popularité auprès des étudiants est réelle.

Il est aussi un homme affable, ce qui ne l’empêche pas d’être rigoureux en bon juriste. Ses qualités de médiateur sont connues. En tant que doyen et assurant l’intérim du Recteur, il s’était personnellement impliqué dans la résolution de la grève des étudiants et des professeurs en août 2008. Aujourd’hui, en plus de ses charges au Conseil constitutionnel avec le statut de vice-président, il va continuer à dispenser ses cours à l’Ucad.

Pour ses proches, Isaac Yankhoba Ndiaye, plus connu sous le nom de Jacob, est un esprit libre et indépendant. Gageons qu’il usera de ces traits de caractère aussi souvent que nécessaire, pour faire respecter au sein des cinq Sages, l’équilibre des institutions, la constitutionalité des lois et la préservation des libertés individuelles et collectives.

Source:Walf

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