Conscient que la bataille politique se gagne sur le terrain, le leader de la « Génération du concret » galvanise ses troupes en direction des futures échéances électorales. Le discours qu’il a tenu à Thiès est révélateur de son nouvel état d’esprit : « Je vous exhorte tous, mes frères et sœurs, à travailler la main dans la main pour assurer la réélection du Président de la République. Je veillerai personnellement pour qu’il n’y ait pas de division dans notre mouvement ».
Une invite adressée à ses militants dans un contexte où, des voix commencent à s’élever au sein du Pds pour dénoncer la dispersion des forces occasionnée par la prolifération de mouvements de soutien comme celui qu’il dirige.
En descendant dans l’arène politique, le fils du président compte se rapprocher des populations. Bien des observateurs avaient estimé que son image de « fils à papa » combinée à sa non-maîtrise des langues locales, n’était pas étrangère à sa défaite aux locales du 22 mars.
Ces séries de visites pourront sans doute lui permettre de tester sa popularité, tout en lui donnant l’occasion de dérouler son programme pour les villes qu’il visite en sa qualité de ministre d’Etat, ministre de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures.
Karim Wade redescend dans l’arène politique au moment même où, on annonce l’imminence des opérations de vente des cartes et de renouvellement des structures du Parti démocratique sénégalais (Pds). Des étapes pour tous ceux qui se positionnent pour la succession du président Wade.
Dans le schéma qui avait été initialement tracé, Karim Wade devait faire ses armes dans la mairie de Dakar pour ensuite se mettre en pôle position et succéder à son père à la tête de l’Etat. Mais, c’était sans compter avec les électeurs dakarois qui ont fait échec à ce plan en votant massivement pour la coalition de l’opposition Bennoo Siggil Senegaal.
Ce redéploiement de Karim Wade qui s’est vu tailler un super ministère, dans l’arène politique nationale, montre que malgré le signal fort adressé par les électeurs au camp présidentiel lors des dernières élections locales, ceux qui veulent le voir succéder à son père à la tête du pays sont loin d’avoir abandonné leur projet.
La Génération du concret a jusqu’à présent évolué en dehors des structures du Pds. Or, Karim Wade demande aux membres de ce mouvement durant sa sortie à Thiès ce weekend de rejoindre massivement les structures de ce parti. Ce qui est loin de relever du hasard. La stratégie a désormais changé.
La succession de Me Abdoulaye Wade par Karim passe d’abord par un contrôle par ce dernier des structures du Pds. Ce qui pourrait le rendre plus légitime aux yeux de l’opinion.
Pour son retour dans l’arène politique après la gifle qu’il a reçue des électeurs le 22 mars dernier, Karim Wade a choisi Thiès. Ce qui est loin de relever du hasard. Il s’agit pour lui de défier Idrissa Seck, son adversaire le plus redoutable dans la guerre de positionnement pour la succession de son père et qui est retourné au Pds, jusque dans ses bases politiques.
Dans ce cadre, on peut à présent légitimement s’interroger sur le retard dans la publication du décret nommant Idrissa Seck vice-président de la République ainsi que l’a révèlé la Lettre du Continent. Sans doute un calcul pour éviter un retour rapide en force d’Idrissa Seck dans les rangs du Pds. Ce qui pourrait réduire les chances de Karim Wade de succéder à son père ?
Source : Nettali
