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“ Ku êmb sa sankhal êmb sa kersa ” : Le nouveau régime à l’épreuve de la souveraineté

vendredi 1er février 2013


L’analyse sommaire d’actes posés par le Président Macky Sall depuis sa prestation de serment porte à croire qu’il a vendu ou est entrain de vendre ce que nous avons de plus précieux : notre SOUVERAINETE.

La promptitude suspecte de la signature de nouveaux accords militaires avec la France ; juste au sortir des dernières élections présidentielles sénégalaises et à l’orée de celles françaises nous porte à y voir les termes d’un respect d’accords scellés par gages avec le gouvernement de Sarkozy avant même la victoire de Macky Sall.

Ce premier acte d’importance en manière de politique internationale, posé en catimini, loin d’avoir été une promesse électorale ou un objectif programmatique affiché a suscité des interrogations sur bien d’autres décisions de gouvernance mises en branle par SEM Macky Sall.

En effet : Comment peut-on envisager la nomination d’un collaborateur particulier, courroie de transmission privilégiée de toute l’activité gouvernementale, au su et au fait des décisions les plus essentielles de la république, notre CHER SENEGAL ; en l’occurrence un directeur de cabinet présidentiel en la personne d’un ancien ambassadeur européen, que d’aucun prendrait pour un agent d’intelligence aux services des intérêts français. N’a-t-il pas été ambassadeur de l’Union Européenne aux îles Fidji ? En cas de conflits d’intérêts entre le Sénégal et l’Europe ou la France de quel bord flancherait-il ? Pour combien ont pesé les influences des lobbies franco-européens à sa nomination ?

Kula abal ay bët fako neex ngay xool.

Comment peut-on envisager la nomination concomitante d’un responsable du management gouvernemental, commandant de notre navire SUNUGAL et d’un intendant national, garant de notre économie, tous deux étant reconnus dans le cercle restreint des fidèles élites locales au service de la défense des intérêts financiers français. N’ont-ils pas été des Directeurs de banques sénégalaises de filiales françaises ? Et membres du Conseil d’Administration de BNP Paribas ? Ne représenteraient-ils pas seulement au sommet de l’état les intérêts de BNP, de Bolloré, de Bouygues ?

Ku la fees loo yapp loola.

Comment peut-on envisager la nomination d’un chargé des échanges et émissions d’informations relatives à notre NATION, mission sérieuse requérant une maitrise parfaite des réalités du pays et des nécessités d’interactivités de ses composantes en la personne d’un ministre de la communication en rupture de ban avec nos préoccupations, priorités et urgences ; d’ailleurs sait-il les sérier. Car depuis des lustres il a préféré l’autre Rhin (Allemagne) à notre cher SENEGAL. Au nom de quoi veut-il être la voix de ceux qui sont la voie ?

Gan du yewwi bëy.

Comment peut-on envisager la nomination d’un gouvernement de 25 membres, peut-être extensible à 30 et en finir par l’adjonction d’un shadow team gouvernemental l’élargissant à 42 ministres. Cela ne dénoterait-il pas d’un défaut d’autonomie en la personne du président de la république ? D’une contrainte par chantage de ses alliés politiques à récompenser ? Ou pire, d’une perte de souveraineté à l’échelle locale ?

Digé bor la.

Comment peut-on envisager la mise sur pied d’une fondation de première dame, dans le sillage de celles précédentes et déjà décriées avec euphorie, urbi et orbi, par des ténors politiques du nouveau régime, pour leur inutilité avérée ? Comment comprendre alors que ces mêmes ténors politiques puissent en si peu de temps, se démettre et s’employer à la mise sur pied de l’entité « Servir le Sénégal » si ce n’est pour être dans les bonnes grâces de Madame Sall ? Et ce, un mois seulement après la prestation de serment du président élu, et la volonté déclarée de ses conseillers d’en finir avec de telles structures. C’est donc dire que s’il ne tenait qu’à Macky Sall et ses ouailles plus jamais une fondation ou un cabinet de première dame ne verraient le jour. Revenir les créer si promptement, avec à l’appui non un personnel technique mais plutôt avec de gros calibres politiques de la trempe de Moustapha Diakhaté et Alioune Fall ne serait-il pas de nature à susciter nos inquiétudes ? De sur quoi en faire une affaire de famille présidentielle avec l’intervention claire-obscure de Abou Abel Thiam qui plaide : « Aubrun est ami à la famille Sall avant que celle-ci n’accède au pouvoir », (notez son lapsus révélateur : c’est la famille Sall ou Macky Sall qui accède au pouvoir). Cela ne dénoterait-il pas d’un défaut d’autorité du Président de la République et d’un manque d’autonomie de ses conseillers ? Ou pire, d’une perte de souveraineté à l’échelle locale, via un leadership souterrain au sein de la famille présidentielle ? Les sénégalais ont élu Macky Sall et non sa dame ou sa famille, l’avenir nous dira qui fait et défait au plus haut sommet de l’état.

Kêr gi, kêr gi ku yor yar bi ?

Tous les travers ci-dessus mentionnés sont bien connus de l’aréopage médiatico-politique du président Macky Sall, qui paradoxalement se tait, telle une carpe. Pour quel prix ? Il s’avère qu’aujourd’hui on assiste à une conspiration du silence de la part de certains acteurs politiques et autres plumitifs dont on ne pourrait un seule instant douter de la sagacité de la réflexion et de la profondeur des analyses. Mais que silence de leur part ! Ne serions-nous en droit de les suspecter de connivence avec le système en place, pour avoir obtenu leur part du gâteau ou en attente de la leur ?

Ku êmb sa sangal êmb sa kersa

Mais qui aime bien châtie bien dit l’adage. Au moment où les stratégies de mise en incubation du Nouveau Type de Sénégalais se cherchent et se mettent en place par la promotion d’une pratique politique basée sur l’ETHIQUE, la BONNE GOUVERNANCE, ne pas alerter ici et maintenant l’opinion publique ou se complaire dans des propos comme « laissez le président travailler » constituent des attitudes de compromission lourdes de dangers. La recherche d’une concrétude pour ce Nouveau Type de Sénégalais, auquel la majorité des sénégalais a souscrit avec ESPOIR pour alterner l’alternance, relève d’une mission sacerdotale exigeante, à assumer pour le SENEGAL ou à trahir pour des intérêts personnels. To be or not to be, that is question.

Papa THIAM

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