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La pêche artisanale sénégalaise pulvérisée par les gargantuesques Russes et Chinois

jeudi 27 février 2014


Le dimanche 5 Janvier, l’Oleg Naydenov, un chalutier russe, a été arraisonné par les autorités sénégalaises pour pêche illégale dans ses eaux territoriales. Le 13 février, c’est un navire ukrainien qui a été débusqué, une fois encore, pour pêche illégale. Si ces navires clandestins dépeuplent les eaux territoriales de tous leurs poissons, les usines russes et chinoises de transformation de poissons frais en farine, finissent d’achever la pêche artisanale sénégalaise. Cela va sans dire, que les pêcheurs artisanaux subissent avec difficultés l’arrivée barbare de colosses qui les affament.

Des titans virtuoses de la déprédation

L’arrivée des Chinois et des Russes en territoire sénégalais – qu’elle soit légale ou illégale – n’enchante pas les Sénégalais. D’abord, c’est l’installation d’usines russes, chinoises et coréennes étendues sur un tiers du littoral sénégalais qui a posé de nombreux problèmes.

Destinées à produire une farine réservée à l’aquaculture et à l’élevage asiatique et européen, elles sont à l’origine de la croissance du chômage des pêcheurs en pirogue mais pas que, les activités de salages et de séchage annexées à la pêche et traditionnellement dévolues aux femmes, souffrent de l’installation de ces usines. Ce sont des milliers de femmes mais aussi des paysans qui pâtissent de la baisse d’activité de la pêche traditionnelle. Certaines racontent qu’il leur arrive de ne pas travailler pendant un mois.

Dans les faits, l’installation de ces usines, pourtant très légales, a doublé le prix du poisson et divisé par deux les salaires liés à la pêche. L’usine russe qui a besoin de 460 tonnes de poissons par jours pour produire 46 tonnes de farine, assèche les ressources des eaux côtières autrefois poissonneuses. Quant aux pêcheurs, ils peinent à débarquer 200 tonnes de poissons par jours depuis quatre ans.

C’est bien sûr sans compter sur les chalutiers russes qui extraient de manière illégale des tonnes de poissons avec des capacités de stockage de plus de 1000 tonnes. Ces chalutiers multirécidivistes sont peu inquiétés par la législation trop souple du pays et naviguent vers leurs territoires en toute tranquillité. Mais les victimes de ce pillage, ce sont les pêcheurs en pirogue qui n’ont pas d’autre choix que de s’éloigner des côtes et d’aller toujours plus loin en mer dans l’espoir de trouver du poisson. Les dommages collatéraux sont démesurés, puisqu’ils ne parviennent que difficilement à nourrir leurs familles.

Certes, le gouvernement essaye de raffermir ses lois pour permettre le renouvellement poissonneux de ses côtes, mais ses efforts s’avèrent d’ores et déjà insuffisants quand on comprend que c’est toute une population qui est assujettie au chômage et à une famine forcée par de vulgaires impérialistes appâtés par le gain. Ils se moquent éperdument des besoins de pauvres pêcheurs qui s’échinent à préserver le seul moyen viable de nourrir leurs familles. Mais même si le combat face à ces mastodontes semble perdu d’avance, la population et le gouvernement abusés doivent agir en cohésion pour mettre à la porte des pillards qui n’ont ni foi, ni loi.

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