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Le CUSE sur la pacification de l’espace scolaire : Une année scolaire sans turbulence, c’est possible !

mardi 26 novembre 2013

Voilà bientôt deux ans qu’au milieu d’une année scolaire tumultueuse en proie à une longue grève des enseignants, accentuée par l’indifférence du gouvernement d’alors, plus préoccupé par des questions électorales que par la destinée de l’école publique sénégalaise, le Cadre Unitaire des Syndicats d’Enseignants (CUSE) décidait de suspendre son mot d’ordre de grève en mi-février 2012, de participer au réaménagement du calendrier scolaire et à l’organisation des examens. Les promesses et engagements des actuels tenants du pouvoir avaient entre autres raisons fini de convaincre des organisations comme la nôtre à sauver une année scolaire que tous les observateurs avertis qualifiaient de déjà perdue.


le 26 juin 2013, la Coalition des Syndicats d’Enseignants (CSE), à la suite de plusieurs plans d’actions avait décidé encore une fois de faire violence sur elle-même en suspendant provisoirement son mot d’ordre de grève et en permettant le déroulement normal des évaluations de fin d’année.

De juillet 2012 à ce jour, nous nous sommes engagés avec les gouvernants actuels dans des négociations qui s’éternisent. Celles-ci ont commencé avec l’inventaire en séance plénière des différents points de revendications qui devaient être examinés lors des travaux en commissions avant d’être finalisés dans le cadre d’une inter commission bipartite dont le rapport général a été décliné en projet de protocole d’accord. Simplement, ce dernier qu’on croyait définitif a hélas fait l’objet de réserves émises par une partie de la délégation gouvernementale ; ce qui retarde sa signature.

Or, l’Ecole publique sénégalaise doit absolument sortir de ce cycle chaotique et traumatisant de grèves, de débrayages, de rétention de notes et de boycott d’examens. Pour y arriver, l’ADEPT, ancrée dans sa vocation de défenseur de l’école publique, attachée à la revalorisation de la condition des enseignants et fidèle à sa philosophie de mettre en avant un dialogue sincère et constructif, recommande au Gouvernement de renoncer à la politique de pourrissement, de bannir la communication fondée exclusivement sur la ruse et la manipulation et visant essentiellement à diaboliser les enseignants, et d’aller sans détours vers la signature et la mise en œuvre du protocole d’accord avant la fin du mois pour rester en phase avec les recommandations de Saly V formulées au cours de la 5e session du Comité du Dialogue Social/Secteur Education Formation (CDS/SEF).

En outre, nous voudrions rappeler au Gouvernement que la neutralité étant un des piliers de la Fonction publique, il ne peut refuser aux fonctionnaires ce qu’il a accepté pour les décisionnaires car nombreux sont les jeunes enseignants qui ont fait un parcours du combattant avant d’acquérir aujourd’hui ces statuts.

Permettez-nous, au passage, de rendre un vibrant hommage aux pionniers de la vacation, à ceux-là qui, dans les années 1990, ont débarqué dans des contrées perdues de l’intérieur du pays munis d’un seul ordre de service, trinquant en silence, mais dans la dignité, neuf (9) mois durant sans salaire. Permettez-nous de louer le sens de l’honneur de milliers de volontaires, de vacataires et de contractuels qui ont servi et continuent de servir dans des zones hostiles, loin de leur famille, loin de la civilisation de l’électricité et des TIC. Le dépaysement, les rigueurs du climat, la méconnaissance des réalités culinaires, les longues heures autour d’une lampe tempête le soir sont autant de sacrifices que toutes les Sénégalaises et tous les Sénégalais devraient apprécier à leur juste valeur.

C’est dire que la validation aux deux tiers des années de vacation et de contractualisation avec rappel, en plus d’être une question d’éthique, reste un impératif pour aller dans le sens d’une trêve. Oui une trêve : cette autre recommandation ô combien vitale de Saly V. A l’endroit de nos camarades syndicalistes, nous comprenons les velléités guerrières et les luttes de positionnement des uns et soutenons l’engagement militant des autres. Toutefois, il faut avoir le courage de reconnaitre les efforts consentis par le Gouvernement sur bien des points de la plateforme revendicative et la mise en œuvre du plan de dépérissement des corps émergents dans le secteur éducation/formation. Il reste que cette phase de transition doit être gérée avec réalisme et souplesse tout en restaurant et préservant l’honneur et la dignité de nos collègues d’où la nécessité d’assurer le recrutement des nouveaux sortants des écoles de formation des enseignants. Egalement, nous invitons les camarades à faire encore des concessions sur les modalités de la prise en charge du rappel et d’accepter l’échelonnement sur plusieurs années. Par ailleurs, le secrétariat de l’ADEPT s’est particulièrement appesanti sur des questions trop souvent reléguées au second plan et dont la prise en charge efficiente aiderait à éviter bien des frustrations légitimes qui plombent de façon significative le bon fonctionnement du système. Les retards de salaires, les décisions et rappels au titre de reclassement, de validation ou d’avancement et autres indemnités d’examens, les lenteurs administratives en somme constituent un frein à la motivation et au progrès.

Le chaos qui a prévalu sur l’espace scolaire sénégalais depuis plusieurs décennies et qui menace de refaire surface à tout moment peut et doit être éviter. Il y va de la solvabilité du gouvernement et de sa capacité à prévenir et à résoudre les conflits mais aussi de notre crédibilité et notre bonne foi en tant que partenaire.

Que la confiance mutuelle soit restaurée, que chaque partie prenante respecte ses engagements. Que les acteurs s’engagent à crédibiliser le CDS/SEF et qu’ils s’investissent pour la promotion du dialogue social. Que les camarades à la base gardent confiance en leur direction syndicale.

Ce nouveau pacte de confiance est nécessaire pour engager les Assises de l’Education qui permettront de poser-nous l’espérons- les jalons d’un système éducatif crédible et performant dans un environnement apaisé. Vivement que chacun joue sa partition pour un Sénégal meilleur !

Fait à Dakar, le 24 novembre 2013 POUR LE SECRETARIAT Ndiaga Sylla Secrétaire Général National du CUSE

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