Depuis que le gouvernement français avait déconseillé fermement, hier, à tous les ressortissants français d’aller en Mauritanie, y compris ceux participant au Lisbonne-Dakar, le rallye-raid ne tenait plus qu’à un fil. Il a été coupé par Amaury Sport Organisation (ASO), qui a suivi la recommandation de l’Etat et n’a pas voulu prendre le risque de faire partir l’épreuve à l’aventure.
Car avec un tracé particulièrement axé sur le passage en Mauritanie, où la caravane devait passer huit jours sur les quinze de la course, les risques étaient trop présents. Et laisser les concurrents s’élancer sur un parcours s’arrêtant au Maroc, après seulement cinq jours, n’aurait eu aucun sens.
Depuis 1979 et la première édition initiée par Thierry Sabine, jamais le plus grand rallye-raid du monde n’en était arrivé à cette extrêmité. Des ponts aériens avaient déjà été mis en place pour éviter des zones à risques, des étapes avaient été annulées, mais jamais la caravane n’était restée à quai, alors que les concurrents étaient déjà réunis à Lisbonne depuis mercredi. En 2000 et en 2006, les ponts aériens avaient permis d’éviter le nord du Mali et le Niger, alors que l’an dernier, des menaces du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC algérien) avaient conduit à l’annulation de deux étapes.
Daniel Bilalian, directeur des sports de France Télévisions diffuseur historique de l’événement a explique : « On en est à deux recommandations de prudence du gouvernement et je pense que la menace sur la traversée de la Mauritanie est bien réelle au delà du brigandage qu’on a pu connaître dans les années précédentes. Là, c’est effectivement une menace armée de groupes déterminés, voire kamikazes. S’il arrivait la moindre chose, c’était toute la crédibilité d’AS0 qui serait remise en cause. Quels que soient les enjeux d’audience ou économiques, on n’a pas à engager la vie de compétiteurs dans une épreuve sportive. »
C’est un coup dur pour l’ensemble des pilotes, qui avaient envie de participer à cette aventure, et pour l’organisateur, contraint d’annuler l’un des plus gros événements de son année. Et encore une fois, une compétition sportive est pris en otage par des considérations géopolitiques. Mais c’est bien la décision la plus sage qui a été prise.
Source : Du site offiiciel du Rallye
