Accueil du site > Actualités > MARCHE - Le Sames relance sa grève le 26 mars : Les médecins prolongent le (...)

MARCHE - Le Sames relance sa grève le 26 mars : Les médecins prolongent le supplice des malades

mercredi 19 mars 2014

Les membres du Syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames), déterminés dans leur combat contre « l’injustice », ont annoncé hier lors d’une marche à Dakar, une grève de trois jours à partir du 26 mars. Il s’agit pour eux, d’accélérer la cadence pour que les autorités soignent leurs maux


Les médecins du Sénégal sont rouges de colère. De la place de l’Obé­lisque au siège de la Radio­diffu­sion télévision sénégalaise (Rts), ils ont bruyamment étalé leurs préoccupations. « Ce combat est celui des populations, surtout les plus démunies. Nous aimerions qu’à la fin de cette lutte, que la prise en charge des patients puisse être améliorée (se soigner à moindre coût, recevoir des soins de qualité par le relèvement du plateau technique, la disponibilité en médicaments, le recrutement et l’affectation des médecins de toute spécialité capables de répondre aux sollicitations d’origines diverses, etc.) », souhaite Dr Mbaye Paye, secrétaire général du Sames. Cette prise en charge des patients, signale-t-il, passe par l’amélioration du statut social du médecin. Selon lui, la deuxième phase de leur revendication va débuter par une grève de 72 heures à partir du 26 mars. « Si le gouvernement persiste dans son mutisme intentionnel, nous passons à une vitesse supérieure consistant entre autres, à une accélération des urgences, c’est-à-dire prendre une seule structure hospitalière et y gérer toutes les urgences de Dakar. Il s’agit bien entendu d’une accélération de la cadence », menace Dr Paye qui, en outre, informe que cette marche traduit un état de frustration caché depuis très longtemps. « C’est la première fois au Sénégal, que des médecins marchent avec leur blouse. Nous avons déposé notre plan d’action depuis le 8 février malgré les négociations qui ont débuté depuis le 29 novembre 2012. Et rien n’a été fait. Cet état de fait déplorable se traduit par l’impossibilité de faire des propositions concrètes allant dans le sens de trouver des solutions aux revendications du Sames », s’alarment Dr Mbaye Paye et Cie. Pour eux, « on assiste, aujourd’hui, dans le secteur de la santé, à une gestion totalement opaque basée sur des jugements de valeur, des liens d’amitié et de parenté ». En ce moment, dénonce Dr Paye, « la gestion des ressources humaines n’est pas à l’ordre du jour au niveau du ministère de la Santé ». Dr Serge Kouajovi, chirurgien, étale également son indignation : « Ce n’est pas une fierté pour le pays de voir le personnel de la hiérarchie la plus élevée, c’est-à-dire spéciale, se retrouver dans la rue pour manifester son mécontentement. » Pour lui, la lutte sera « dure » et « âpre ». « Nous y sommes préparés. Il y a va de deux choses essentielles : nous sommes là pour les populations. Et, le deuxième aspect, c’est le respect. Ces deux éléments font une motivation importante de se battre et de réussir », renseigne le chirurgien. Venu apporter son soutien aux médecins, le secrétaire général de la Fédération des travailleurs du Sénégal (Fgts) explique : « Nous pensons qu’au moment où on parle de Couverture maladie universelle au Sénégal, si les médecins sont dans la rue, c’est que rien ne marche. Le programme lui-même, est malade. » C’est pourquoi, prévient Sidya Ndiaye, « tous les syndicats vont se mobiliser autour de cette lutte pour mutualiser nos forces pour que ça passe ou ça casse ». Pour M. Ndiaye, il est temps que l’Etat prenne à bras-le-corps le problème de la santé et qu’il arrête de les divertir par des slogans.

Répondre à cet article