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Mafia d’entreprises sénégalaises : Des éléments de la Douane complices des pilleurs de l’économie nationale

vendredi 22 septembre 2017

L’administration de la Douane sénégalaise a démantelé ces derniers jours, un vaste réseau de fraudeurs. Bénéficiant d’exonérations, ces fraudeurs incriminés, ont organisé une mafia bien huilée. En complicité avec des agents de cette même corporation, ces fraudeurs ont exploité la faille du système douanier pour mieux sucer l’économie nationale. Les soldats de l’économie sont aussi, aux trousses des « hors la loi », distribuant de l’huile contrefaite sur marché sénégalais. Leral a mené sa petite enquête pour percer le mystère de cette traque aux fraudeurs. Enquête…


L’administration douanière a découvert ces derniers jours, un vaste réseau de fraudeurs. Les membres de ce réseau de pilleurs de l’économie nationale, informe une source bien renseignée, sont constitués de multinationales, de pétroliers, d’importateurs, de banquiers, de concessionnaires, d’industriels et de commerçants. Ces trafiquants auraient occasionnés un véritable manque à gagner à l’économie nationale.

L’affaire qui a intrigué au plus haut niveau les soldats de l’économie, concerne des pratiques « hors la loi ». Lesdites pratiques révélées par les douaniers, heurtent même, la conscience citoyenne. Ainsi, l’affaire de la fraude a semble-t-elle, été bien organisée pour contourner les procédures légales, acceptées par l’administration douanière. L’astuce consiste, d’après la source, à impliquer des agents de cette même corporation. L’idéal, dit-on, est de trouver des facilitateurs de l’opération de fraude.

Ayant été informée des œuvres de ces mafieux, la Douane a pris l’initiative de mener une enquête exhaustive pour déterminer l’implication des uns et des autres. Et, l’enquête engagée par les services compétents, expose le mode opératoire bien huilé des fraudeurs. Les contrevenants, précise la source, introduisent un seul et unique document d’exonération, plusieurs fois, pour retirer autant de produits frauduleusement.

Les pertes, estime la source de Leral, se chiffre à plusieurs dizaines de milliards de FCfa. Face à ce massacre économique, la douane a pris l’engagement de lancer une traque aux fraudeurs pour déterminer le niveau d’implication des entités ou personnes citées dans cette affaire. « C’est un système mise en place par des entreprises, ayant la complicité des déclarants pour tromper la vigilance des douaniers », insiste la source, qui se réserve de citer les différentes entreprises, agents de Douane et commercants ciblés par l’enquête.

Mais, il a été révélé dans cette dynamique de fraude que le Sénégal perd chaque année, plus de 500 milliards de Fcfa avec les exonérations fiscales, soit 30% du budget. Alors que les entreprises bénéficiaires n’investissement et ne créent pas non plus d’emplois au Sénégal. Plus cocasse, ces entreprises exonérées rapatrient tous leurs bénéfices vers l’extérieur sans même payer d’impôts à l’Etat du Sénégal.

L’enquête de la Douane, prévient la source, envisage de lourdes sanctions par rapport à la législation douanière. Puisque, regrette-t-elle, plusieurs infractions aux Code douanier sont relevées dans la pratique de ces fraudeurs. Sous ce registre, la source précise que certaines entreprises impliquées dans cette vaste fraude, craignant les sanctions prévues par la loi, se sont empressées à proposer des négociations.

Mais, l’administration de la Douane dans sa volonté d’en finir avec les pilleurs de l’économie nationale, refuse de céder. Elle compte cette fois-ci, aller jusqu’au bout de sa logique pour sanctionner de manière exemplaire, ces réfractaires qui œuvrent ou rament à contre-courant de l’ordre établi. « Les structures impliquées voulaient payer moins de droits. Mais, les services de la Douane se sont opposés à toute négociation. Lesdits services veulent attendre la fin de l’enquête et les détails des préjudices subis », renseigne la source.

La fraude de l’huile

La Douane sénégalaise est aussi sur une autre enquête concernant la fraude sur l’huile. Cette fois-ci, c’est des commercants sénégalais qui distribuent sur le marché, de l’huile contrefaite. Ils usent de subterfuges pour mettre des étiquettes sur des bouteilles, destinées à ravitailler le marché national.

Cette huile importée, relate la source, est présente sur le marché et dans beaucoup de boutiques. Face à cette situation, une autre source médicale évoque la possibilité de contracter des problèmes de santé avec la consommation de cette huile qui concurrence localement, celle des entreprises sénégalaises, spécialisées dans le domaine.

D’après l’enquête de Leral, la fraude sur l’huile a atteint aujourd’hui, des proportions inquiétantes. Mais, la Douane, révèle-t-on, travaille avec les renseignements, la gendarmerie, la police, l’administration et les populations, pour lutter contre la fraude des denrées alimentaires. Et, les soldats de l’économie veulent mieux jouer son rôle de protection de l’économie sénégalaise, pour barrer la route aux fraudeurs et contrebandiers.

« La corruption, la fraude fiscale, les détournements et les complots politiques sont le fondement du sous-développement du pays. Le milliardaire sénégalais, plusieurs des politiciens, chefs religieux et personnes influentes ignorent l’adresse du trésor public. Ils ne se présentent jamais pour payer leurs impôts ou au moins remplir une déclaration douanière sans tricherie », a déploré une source.

Selon l’ancien directeur général de la Douane, Boubacar Camara, la corruption reste favorisée par les hommes politiques. Les foires de fraudes, retient-il, s’organisent dans des ministères, le trésor public, au port autonome de Dakar, à l’aéroport entre douaniers, transitaires, politiciens et commercants.

A date récente, relève-t-il, des bateaux de fer sont souvent déclarés pour un chargement de bonbons ou d’oignons, du matériel électronique ou des objets de valeur, déclarés pour des mouchoirs ou de la friperie.

Pis, des ONG, regrette-t-il, importent sous les yeux d’une douane complice, des cargaisons de marchandises ou du matériel lourd pour des sociétés de la place. Cette culture de désobéissance, prévient-il, ne fait que défavoriser l’économie du pays.

O WADE Leral

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