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Népotisme et clientélisme politique : Macky Sall sur les pas de Me Wade

dimanche 19 août 2012

Pour galvaniser les Sénégalais qui l’avaient élu le soir du 25 mars 2012, avec plus de 65% des suffrages valablement exprimés, le président Macky Sall avait annoncé une gouvernance de toutes les ruptures. Mais les faits incitent plutôt à penser de continuité de la politique de népotisme et de clientélisme, qui a ravagé le régime de son prédécesseur, Me Abdoulaye Wade.


Le président Wade n’avait pas hésité à faire de son fils, Karim Wade, le ministre d’Etat le plus pourvu en départements stratégiques et le plus craint. Son successeur Macky Sall n’a pas de fils majeur. Mais, juste après sa nomination à la magistrature suprême, il a confié à son beau-frère, Mansour Faye, la Protection sociale et la Solidarité nationale. Un doublon, au moins, du ministère de la Santé et de l’Action sociale. Me Abdoulaye Wade avait fait de son neveu, Doudou Wade, le président du groupe parlementaire libéral. Le beau-père du président Macky Sall, Abdourahime Ndiaye dit « Homère », même si on ne lui connaît pas de production intellectuelle, est devenu le Président du Conseil d’administration de Petrosen. Il n’aura pas beaucoup de difficultés, parce que Macky Sall a commencé son ascension vers le sommet de l’Etat, comme Directeur général de cette stratégique boîte. Me Abdoulaye Wade avait fait nommer ses neveux et petits-fils comme directeurs et proches collaborateurs : Bara Sady, Port autonome de Dakar, Ndiouga Sakho, Sapco, le Colonel Bara Cissokho, son aide de camp, Lamine Faye, son garde de corps, etc. Macky Sall a fait de « son « griot », Farba Ngom, un député. Le frère du bailleur de son parti, Harouna Dia, est devenu le questeur de l’Assemblée nationale. Au regard de ces quelques exemples, pour ce qui est du népotisme, donc, point de « rupture » entre Macky Sall et son prédécesseur. Ils sont comme deux gouttes d’eau, en matière de politique « politicienne ». Pour illustration, opposant, Me Wade avait juré de supprimer le Sénat, qu’avait institué le président Abdou Diouf. Il le fera le temps d’une rose, parce que la Haute chambre finira par être « reconstruite ». Macky Sall avait signé les « Assises nationales » qui condamnent cette institution. Sous Macky, l’arrivée des nouveaux Sénateurs est attendue le 30 septembre prochain. Car, comme son devancier, il a fait trop de promesses, qui le lient encore, et doit caser sa clientèle politique. Il veut d’un second mandat. C’est ce qui fait que malgré son engagement de se limiter à un gouvernement de 25 membres, il a fait entrer, par la fenêtre, des « ministres conseillers » à ses côtés, dont même des « ministres d’Etat ». Une « anomalie sauvage », dirait Antonio Negri, parce qu’il n’y a pas de « ministre d’Etat » dans le Gouvernement d’Abdoul Mbaye. C’est dire que d’un point de vue factuel, en place des « ruptures » annoncées, c’est plutôt la continuité par Macky Sall de la politique de népotisme et de recasement politique, qui caractérisait le régime de Me Abdoulaye Wade. Celui-ci fut son maître pendant près de trois décennies. Il a été le confident de Me Wade durant quatre ans. C’est, probablement, ceci qui explique cela.

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