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Nouvel articleLe Saes suspend son mot d’ordre de grève jusqu’après l’élection

vendredi 23 mars 2012


Ce vendredi 23 mars 2012 s’est tenue une réunion du Bureau National élargi aux bureaux de sections de tous les campus à la salle du Conseil de la Faculté des Sciences économiques et de Gestion(FASEG) de l’UCAD.

Il a été question de partager d’abord les résultats des dernières rencontres avec le Président de la République sortant. Nous devions également apprécier la suite de notre mouvement en considérant la fin de la campagne électorale et conséquemment ce que nous avons appelé « l’après-25 mars 2012 ».

Après d’âpres échanges comme cela se doit dans une organisation démocratique, le Bureau National élargi - qui avait décrété le mot d’ordre à compter du 7 décembre 2011 – a décidé non pas de suspendre le mot d’ordre encore moins de le lever, mais d’observer une pause jusqu’à la mi-avril pour permettre la mise en place du nouveau Gouvernement.

Tenant compte de la période du vote avec les déplacements des étudiants, des enseignants et du personnel administratif, les enseignements reprendront effectivement le mercredi 28 mars 2012 à 8H.

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs les journalistes

Le 2e tour de la campagne électorale se termine aujourd’hui. Le SAES, fidèle à son habitude, ne fera ni dans l’indifférence feinte, ni dans la neutralité calculée. En effet, quoi qu’il advienne, le SAES restera ferme dans ses positions malgré toutes sortes de pressions, de calomnies, de tentatives d’infiltration et de confusion dans la tête des militants.

Après plus de trois mois de blocage total de notre système d’Enseignement Supérieur à la suite du non respect par le Gouvernement des différents accords signés pour certains depuis plusieurs années (2002 et 2005) et celui récent de 2011, nous avons pu constater, avec beaucoup d’amertume que quand le choix des hommes est fondé sur un soi-disant poids politique au détriment de la compétence technique et de la hauteur nécessaire à avoir pour assumer certaines tâches, le résultat est tout simplement exécrable. Si cela ne portait pas préjudice à tout un système, on n’en aurait, certes, pas fait cas ici.

Nous reconnaissons, forcément, que la lutte du SAES pour l’amélioration des conditions de travail dans l’Enseignement supérieur a pu heurter plusieurs franges de la population en commençant par les étudiants et leurs parents notamment.

Cependant un gain que nous considérons fondamental réside dans le fait que les étudiants – principales victimes – ont d’abord eu une réaction de rejet dû à la campagne de désinformation et de dénigrement systématique du Ministre en charge de l’Enseignement supérieur. Mais devant notre détermination à ne point flancher malgré certaines tentatives d’intimidation des leurs, les étudiants ont demandé à nous rencontrer pour, au départ, nous sensibiliser dans le sens de « sauver l’année ». C’est ainsi que nous avons, tour à tour, rencontré un groupe appelé « E3 » puis récemment, un autre qui s’est présenté comme l’ensemble de tous les délégués d’amicales de toutes les facultés et UFR des cinq universités.

Ces échanges nous ont permis de constater que les enseignements ne se limitent pas aux murs des amphithéâtres ou autres salles de TD et TP. En effet, après notre démonstration les étudiants ont compris que l’on s’est arrêté pour les aider à mieux réussir même si l’angoisse de la perte d’une année pesait fortement sur eux. Aussi, de nouveaux rapports se sont tissés entre notre organisation et celles des étudiants pour porter, désormais, ensemble le combat pour la réalisation du PACTES (Plan d’Amélioration des Conditions de Travail l’Enseignement Supérieur). Ceci est d’autant plus vrai qu’ils ont porté devant le Président de la République les points saillants du protocole signé avec le Gouvernement.

Conformément aux décisions de nos instances, nous avons continué à discuter avec le Président de la République en exercice pour arriver à la conclusion que le Ministre de l’Enseignement supérieur et celui des Finances ont bien profité de ce moment d’incertitude pré-électoral pour snober le SAES.

Cependant, tout n’est pas noir pour autant. En effet, les Recteurs sont entrain de faire les calculs pour la conversion des enveloppes des heures complémentaires en postes d’assistants, en guise d’illustration, le Recteur de l’UCAD travaille sur 150 postes. L’équipement du bloc pédagogique est entrain d’être accéléré, pour le bloc scientifique de Ziguinchor, le marché a déjà été passé sans oublier le bloc pédagogique de l’UGB déjà mandaté.

Les arriérés des structures sanitaires ont été épongés avec même un acompte pour 2012. N’oublions pas aussi le règlement des arriérés du CAMES qui figurait en bonne place sur le préavis en cours.

Nous avons, volontairement, mis en suspens certains points pourtant importants mais c’était notre façon de montrer notre flexibilité pour aider le Gouvernement à sortir de cette situation.

Comme nous le disions à l’entame de notre propos, nous sommes à la fin de la campagne et nul ne sait de quoi demain sera fait. Ainsi, nous devons prendre date, en clôturant nous-mêmes cette campagne dans laquelle nous avons été entraînés à notre corps défendant.

Aujourd’hui nous mettons dos-à-dos les deux candidats à la présidence pour leur dire que nous observons une pause qui n’est ni une levée du mot d’ordre, ni une suspension. Il se trouve simplement que nous devons nous adapter à la respiration de notre République qui, pour ainsi dire, sera en apnée jusqu’au-delà de la prestation de serment du Président élu le 25 Mars 2012. A la mi-avril au plus tard, nos instances seront de nouveau convoquées pour apprécier selon le cas de figure qui se présentera à nous.

Il est important de noter que l’EPT n’est pas concernée par cette pause puisque l’exigence était de ne commencer l’année que lorsqu’un Directeur sera régulièrement élu. L’élection du directeur de l’EPT, par ses pairs, comme en a été convaincu le Président de la République, reste une exigence non négociable. Au demeurant, la situation à l’EPT est sous la responsabilité et sous la couverture légale du Bureau National.

Cette pause, paradoxalement mettra mal à l’aise certaines personnalités car l’opinion publique se rendra compte de ce que le SAES dénonce sans compter 16000 bacheliers non encore orientés qui n’accepteront sûrement pas la sentence du ministre selon laquelle : « il n’existe aucun texte disant que tous les bacheliers doivent être orientés ».

Il est clair que la maladie du système éducatif dans son entièreté ne sera point soigné en une année ou deux. Ce retour aux amphithéâtres n’est qu’une façon de rappeler à chacun ses responsabilités.

En vérité, le système éducatif de notre cher pays est malade d’une vision politique pas toujours très inspirée, d’une gestion calamiteuse par des ministres souvent dépassés par les réformes ; malade d’une politique éducative faite de manquements répétés dans le respect des accords, d’agressions renouvelées contre les enseignants, de retard récurrent dans le paiement des salaires et des indemnités, de déficit de constructions induisant des effectifs plus que pléthoriques dans les amphithéâtres et les classes.

C’est pour toutes ces raisons que nous voudrions clore cette note liminaire en interpellant une fois encore le prochain Président de la République sur la nécessité urgente de se mettre au chevet de notre système éducatif par des mesures hardies à la mesure des attentes des enseignants et à la hauteur des défis auxquels notre société est confrontée.

Nous saurions terminer sans citer M. Pierre Goudiaby Atépa, l’Association Sénégalaise des Femmes Diplômées d’Universités et M. Abdou Mbacké NDAO qui nous ont aidés à rencontrer le Président de la République sortant.

Nous vous remercions pour votre bienveillante attention.

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