On vous connaît comme l’animateur de l’émission Penthio sur Walf Tv, mais qui est Pape Ngagne Ndiaye ?
Je suis un Gawlo, né à Dakar le 1e avril 1973, je suis un petit bout de personne d’1 mètre 75, qui fait moins de 60 kilos, je suis de teint noir. Je suis un journaliste formé sur le tas et je suis fier de ça. Parce que c’est un métier qui m’était destiné. Car, si je n’étais pas devenu journaliste, je serais aujourd’hui avocat. Comme Dieu a fait que je ne pouvais pas faire le métier d’avocat, je me suis orienté vers le journalisme, car la convention régissant ce métier offre la possibilité aux journalistes formés sur le tas de l’exercer.
Comment êtes-vous arrivé au journalisme ?
(il répète la question) De par mon sang d’abord. Mon père, El Hadj Boucounta Ndiaye, joue du Xalam (instrument traditionnel à cordes) et chante, ma mère est la grande soeur de Feu Ndiaga Mbaye. Donc, je suis journaliste avant ma naissance. Je n’ai fait que moderniser ce métier dans ma famille. Et mon oncle Ndiaga Mbaye disait souvent quand il m’entendait faire mes revues de presse que j’étais journaliste dans l’âme et que lui était Gawlo. Donc, il avait vu que je ne chantais les louanges de personne et que j’essayais d’apporter la bonne information aux auditeurs.
Que faisiez-vous avant d’embrasser le métier de journaliste ?
J’ai fait des études jusqu’en classe de 3e secondaire. Après mon Brevet d’études, je suis allé faire une formation en comptabilité à Asafin, mais comme j’avais un goût prononcé pour l’argent, je me suis lancé dans une structure dénommée Afrique Loisirs Productions qui faisait dans l’évènementiel. J’y étais en compagnie d’un ami Khalil Seck qui fait partie des premiers animateurs de la place, avec Koloss, Boubs, Jules junior. Khalil est le frère de Coumba Gawlo, il vit actuellement en Belgique. Mais, dans ces organisations d’événements, ils nous arrivaient de perdre et ce n’était pas facile du tout. Après, je suis parti tenter ma chance à la radio Oxy-Jeunes (radio communautaire de la banlieue dakaroise). Celui qui m’a auditionné a vite remarqué ma voix et ma culture. A quand remonte votre collaboration avec la radio Oxy-Jeunes ?
Cela remonte à 1998. J’y présentais le journal et je faisais des émissions politiques, culturelles. J’ai présenté le journal de la culture pendant deux ans à Oxy-Jeunes et j’ai eu la chance de bénéficier d’une formation offerte par des Canadiens aux journalistes qui étaient à Oxy-Jeunes, vers les années 1999-2000.
Comment s’est passée votre intégration à Walf Fm ?
C’est Aliou Ndiaye, alors Directeur des programmes de la radio Walf Fm, qui m’a appelé pour me dire de le rejoindre.
Parce que le rêve de tous les journalistes de Oxy-Jeunes, c’était de rejoindre Walf. Mais personnellement, cela ne m’empêchait pas de dormir. Parce que j’étais fidèle à la Radio Oxy Jeunes, malgré ce que j’y gagnais.
C’était combien ?
Avant de quitter Oxy-Jeunes, je gagnais 50 000 F Cfa par mois. Mais pendant longtemps, on ne me remettait que 5 000 F Cfa pour frais de transport. Deux ans de suite, je venais émarger chaque fin de mois et l’on me remettait 5 000 F Cfa. Et quand Aliou Ndiaye m’a appelé en compagnie de Sophie Ahodécon, je lui ai répondu vaguement que j’allais venir le lendemain. Et comme je tenais à ma parole, je suis parti rencontrer Aliou Ndiaye à Walf. Quand je me suis entretenu avec lui, il m’a fait savoir la somme que j’allais toucher à la fin du mois, je lui ai opposé un niet catégorique. Au fil des discussions, on est tombés d’accord sur un montant que je ne peux malheureusement pas vous révéler. Mais à Walf, j’ai eu la chance d’avoir un patron en la personne de Sidy Lamine Niasse qui a très tôt cru en moi, à travers les revues de presse que je faisais. Et il a changé ma catégorie rapidement.
Quelle était votre catégorie ?
J’étais à la catégorie 2 et il m’a aligné à la catégorie 3. Mais je ne peux pas vous révéler ce que je percevais. Mais, j’ai eu cette chance à Walf. Et j’ai commencé à faire un tabac à travers les revues de presse, en créant un style qui m’est propre, avec un Wolof accessible à tous.
Est-ce que les auditeurs appréciaient votre revue de presse, car les revues de presse sur les ondes sont aujourd’hui réputées dépourvues de tout sérieux ?
Non ! Parce que les revues de Pape Ngagne donnaient l’essentiel à l’auditeur, et j’y mettais du sérieux. Car, je ne badinais pas avec ma revue de presse, je ne jouais pas avec. A Walf, quand je fais une revue de presse, personne n’ose me déranger. Parce que je prends trop au sérieux ce que je fais. Je ne m’intéresse qu’à l’information, ce qui fait que je n’ai pas le temps de saboter avec. Et puis, je n’ai pas le droit de jouer avec l’information, par respect aux auditeurs, du métier et par rapport à moi-même. Ensuite vous avez débuté l’émission Penthio. Comment est né ce concept ?
C’est Aliou Ndiaye qui a créé le nom Penthio, car j’ai démarré l’émission sous sa direction en 2003. Je rends toujours à César ce qui lui appartient, je fais rarement une interview sans citer son nom. C’est lui qui a créé l’émission Penthio.
Quand on entend Pape Ngagne Ndiaye dans son émission Penthio, c’est comme un policier qui fait un interrogatoire aux politiques. Pourquoi adoptez-vous cette posture controversée sur le plateau de Walf ?
Ce qu’on m’a appris c’est que l’interview et l’interrogatoire de police, c’est la même chose. La seule différence, c’est que le policier rédige un procès verbal, alors que le journaliste n’en a pas le droit, parce qu’on ne le lui a pas demandé. Donc, quand on m’assimile à un policier, je dis que c’est le boulot qui l’exige. Et puis, j’anime une émission d’interview contradictoire. Toujours, j’essaie d’apporter la contradiction à mon interlocuteur. Par exemple, il me dit que cette couleur est blanche, je lui réponds « je ne suis pas d’accord » et il me donne ses raisons.
Est-ce que Pape Ngagne Ndiaye journaliste formé sur le tas ne faisait pas son émission pour régler des comptes ?
Quand je faisais des émissions à Walf, je me souciais peu de ma formation. Je pense à la formation quand je réponds aux questions de mes confrères à qui je voudrais montrer toute ma fierté de faire ce métier. Quand je bosse, je suis le plus professionnel des professionnels. Parce que je ne voudrais pas prêter le flanc et permettre aux gens de dire : « Ce qu’il a fait, il ne devait pas le faire, il est nul, il n’est pas formé. » C’est ce que j’évite le plus dans ce métier. Donc régler des comptes, je n’y ai jamais pensé.
Avez-vous profité du plateau de Penthio pour devenir l’ami de certaines autorités ?
Cela n’est pas possible. Parce que l’émission Penthio n’est pas complaisante. (il hausse le ton) Je vais vous dire une chose et je ne cesserai de le répéter : A chaque fois que je reçois un invité, j’essaie toujours de préparer notre prochaine rencontre dans une autre émission. Car, j’évite au maximum qu’il y ait entre moi et l’interviewé des affinités.
Aucune autorité ne vous a jamais invité à son baptême ou autre chose ?
(Exaspéré) Oooh ! Si on m’invite à un baptême, j’y vais, mais je ne me rappelle pas avoir été invité à un baptême d’une personnalité. J’ai eu la chance, le jour de mon mariage, de recevoir Farba Senghor et c’est une de ses militantes qui l’a averti pour lui dire que Pape Ngagne célébrait son mariage. Il m’a alors appelé pour me dire qu’il va venir et je lui ai dit que cela n’en valait pas la peine. Mais, Farba a insisté et cela m’a marqué, son attitude m’a beaucoup fait plaisir. Car, je discutais avec Souleymane Diop (journaliste chroniqueur basé au Canada, Ndlr) sur skype dernièrement et il m’a avoué que Farba est un homme bien. Et le fait que Farba vienne à mon mariage avec ses gardes du corps m’a fait chaud au coeur. Car, la somme, qu’il m’avait remise, n’était pas importante.
Combien vous avait-il remis ?
La somme que Farba m’avait remise, ajoutée à celle que Sidy Lamine (Niasse) m’avait donnée, fait en tout et pour tout 90 000 F Cfa. C’est Sidy Lamine qui a scellé l’union, qui est allé prendre ma femme et qui est revenu chez moi. Cela est plus important que les sommes d’argent. Les déplacements de Sidy Lamine et de Farba Senghor sont plus forts que des milliards de F Cfa.
Est-ce que dans vos émissions, l’homme Pape Ngagne Ndiaye n’a jamais rappelé à l’ordre le journaliste Pape Ngagne qui peut paraître trop cassant ?
Non ! Parce que je n’ai jamais été loin avec un père de famille. Cela, je n’ose pas le faire, ma culture, ma déontologie et mon éthique ne me le permettent pas. Donc, je défie quiconque de me dire que j’ai été trop loin avec un tel ou un tel. Je n’ose pas le faire, rien ne me le permet. Une fois, je me suis amusé à regarder de nouveau l’émission avec Awa Guèye Kébé, après je me suis mis à rire et à me dire que, des fois, je peux être chiant. Cela m’est arrivé aussi avec Khoureïchi Thiam, c’est-à-dire que l’opinion peut comprendre, mais les politiques ont du mal à suivre. Car, j’ai aujourd’hui des problèmes avec les Libéraux, mais les Socialistes sont les premiers à rire de mes déboires avec Farba Senghor. Car, j’ai fait une émission avec Abdoulaye Wilane, mais c’était une émission difficile. J’ai fait aussi une émission avec Aissata Tall Sall et je lui ai dit que je n’ai pas toléré son habillement lors de la première marche des journalistes.
Vous êtes-vous fait des ennemis avec Penthio ?
Non ! Pas des ennemis, c’est de tout ça. Car, si je prends un opposant dans mon émission, les gars du Palais vont sauter de joie et vice-versa. J’en suis persuadé et les gens de chaque camp disent souvent que ce journaliste est brave, qu’il a posé les bonnes questions.
Est-ce qu’il n’est pas temps pour les politiques au Sénégal d’avoir cet esprit de dépassement dans cette manière de juger les journalistes ?
Quand il y a eu une brouille avec les responsables de Walf, j’ai reçu des coups de fil de partout : l’opposition, le mouvement syndical, la mouvance présidentielle, les grands noms de la presse. Beaucoup ont pris leur téléphone pour me témoigner de leur soutien, de leur compassion.
Qu’est-ce qui est à l’origine de cette brouille avec la direction de Walf ?
Vraiment, je souhaite ne pas revenir sur cette brouille. Parce que je ne veux pas violer le pacte signé avec mon patron de Walf qui stipule qu’aucune des deux parties ne doit plus parler de cette histoire en public. Parce qu’au-delà de tout, c’est l’intérêt du Groupe Walf qui prime.
Est-ce que Penthio n’a jamais suscité de la jalousie au sein de la rédaction de Walf ?
Non ! Je vais vous expliquer une chose. L’émission Penthio a fait beaucoup de victimes. C’est ce que Souleymane Jules Diop m’a dit dernièrement. C’est après mon émission qu’on a démis Mahmout Saleh (de son poste de conseiller du Président Wade), la même chose pour (Mamadou Lamine) Mansaly des jeunesses libérales. Doudou Wade, aussi, a été accueilli par des pancartes. Cela dit, je ne crois pas à la jalousie au sein de ma rédaction. Parce que tout le monde s’implique quand je réalise Penthio. Même s’il arrive que Sidy Lamine tienne une réunion du Conseil d’administration, quand je lui dis que j’ai besoin des membres de la rédaction pour l’émission Penthio, il les met tout de suite à ma disposition.
On dit de Aïssatou Diop Fall, la directrice des programmes, qu’elle ne supporterait pas que les autres journalistes rayonnent et c’est ce qui est à l’origine de votre brouille avec la direction de Walf ?
Aïssatou, je la respecte beaucoup, je l’estime, je l’adore. Elle est une femme brave qui n’a pas de problèmes, mais on n’a pas les mêmes Vibes (sensibilités professionnelles) jusqu’à se concurrencer. Je suis sous sa tutelle parce qu’elle est la directrice des programmes et elle apprécie ce que je fais. Parce que je ne devais pas faire la dernière émission avec Farba Senghor, car je devais aller au Magal du Kazou Rajab, mais elle m’a dit qu’on ne pouvait pas enlever cette émission du programme et que c’était fondamental le rendez-vous avec les auditeurs et téléspectateurs. Si elle nourrissait de la jalousie à mon encontre, elle n’allait pas avoir ce comportement.
Dans votre émission, l’on a l’impression que vous écrasez vos invités ...
Ecraser l’invité n’est pas l’objectif de l’émission. Parce que la télévision réclame élégance et intelligence. Et mes invités ; je les regarde les yeux dans les yeux avec courage et désintéressement. Il faut avoir du courage pour faire mes émissions. Car, je n’attends rien en retour de mes invités.
Est-ce que c’est l’impertinence ou l’envie de choquer qui fait le charme de votre émission ?
Je vais te donner deux exemples : j’ai posé une question à Mamour Cissé. Je lui ai dit : « Mamour, tu n’es pas capable de diriger ton foyer et tu prétends diriger ce pays ? Je ne suis pas d’accord avec ta manière de faire. Parce que tes deux épouses se sont bagarrées lors d’un meeting que tu organisais au Cices jusqu’à perturber l’organisation. » Mamour Cissé et une partie de l’opinion ont estimé que je ne devais pas poser cette question. Quant à Farba, c’est mon « ami », parce qu’il est très favorable et disponible pour répondre à mes émissions. Quand il est arrivé à l’émission, j’ai essayé de le taquiner en disant au technicien de le prendre sous un bon angle, car c’est lui qui est allé demander la main de ma femme.
Qu’est-ce qui s’est passé pour qu’il profère des menaces à votre endroit ?
(II freine) Excusez-moi, mais si je reviens sur cette affaire, je risque de violer le pacte passé avec Walf. Toutefois, j’ai tenté de vérifier avec lui une information « devinette » qui avait été relayée dans certains journaux. Parce que les lecteurs l’avaient sous leurs yeux, car c’est paru dans un journal de la place *.
Pourquoi avoir repris la « devinette » ?
Je laisse le soin au journal qui a sorti la « devinette » de répondre à la question. Je pense qu`il n’y a pas plus important que ça. On a un gouvernement, on a des, ministres de la République qui sont concernés par une devinette qui sévit dans les dans les coulisses de l’Etat, dont chacun essaie de s’en laver les mains. Alors, je considère que c’est une opportunité pour moi quand j’ai un ministre en face de moi de lever un coin du voile de cette « devinette » parue dans la presse. Pour moi, rien n’était plus important que cela.
Est-ce qu’un journaliste peut se baser sur une devinette pour fonder une information ?
Ce sont les dérives de notre corporation. Si on se met à énumérer les dérives de notre métier, nous risquons de passer la nuit ici...
Qu’est-ce qui s’est passé par la suite quand Farba Senghor a proféré des menaces à votre encontre ?
(Il se braque) Je ne reviens pas là-dessus.
Une frange de l’opinion pense que Papa Ngagne a perdu de sa crédibilité, car il s’est fait désavouer en public par ses responsables de Walf sans qu’il ne bronche...
Cela n’engage que ceux qui pensent que j’ai perdu de ma crédibilité. Pour moi, je reste le même Pape Ngagne. C’est tout. Les réponses que je donne ici, c’est pour ne pas violer le pacte.
Quand est-ce que vous avez signé ce pacte ?
C’est un pacte verbal et je ne vous en dirai pas plus.
Donc, on peut assimiler vos accusations contre Farba de mensonge, car la direction de Walf censée vous soutenir, vous a démenti. Est-ce qu’aux yeux des auditeurs et téléspectateurs de Walf, vous ne risquez pas de passer pour un mythomane ?
Ce n’est pas grave. Tout ça, ce n’est pas grave. Je ne vais pas y revenir
Est-ce qu’en retournant à Walf, vous ne serez pas dans vos petits souliers après toutes les déclarations que vous avez faites dans certaines parutions ?
Je vais être animé de la même fougue qu’à mes débuts à Walf. On est des humains, il peut y avoir des incidents de travail, mais après la pluie, le beau temps. Je vais retourner travailler et puis la page est tournée.
Quand comptez-vous reprendre votre poste à Walf ?
Je compte reprendre le 1e septembre Inch’allah.
Comment vous trouvez Pape Cheikh Sylla votre remplaçant à Penthio ?
Même quand c’est moi qui anime l’émission Penthio, c’est Pape Cheikh qui fait tout le boulot hors antenne. A chaque fois, c’est lui qui se décarcasse pour faire les questionnaires. Alors quand il me remplace pour faire l’émission, à l’occasion de mes jours de congé, c’est extraordinaire. Et les auditeurs et téléspectateurs de Walf vont découvrir qui est Pape Cheikh Sylla. Certains peuvent dire qu’ils préfèrent Pape Ngagne à Penthio, mais personne ne dira que ce que fait Pape Cheikh n’est pas bien.
Est-ce qu’il arrive à votre femme de donner son opinion sur l’émission Penthio ?
Ma femme est banquière à la Bceao, elle critique bien sûr ce que je fais. Avant, elle m’envoyait des messages pour me dire d’être moins agressif et je respectais ce qu’elle me disait... Pourtant, elle ne suit pas souvent mes émissions, car elle est prise par son travail. Elle quitte à 6 heures du matin pour aller au boulot, elle ne revient chez nous que vers 19 heures.
Elle s’occupe de la maison et au moment, de la rediffusion, elle ne regarde pas, car elle doit se lever tôt le matin.
Est-ce qu’on vous interpelle dans la rue pour vous dire de revoir la manière de parler à vos invités ?
Je suis habitué à ce genre de critiques. II y a même des gens qui m’appellent au téléphone pour me dire tout ce qui leur passe par la tête. Mais ce sont les aléas du métier. Je fais mon travail, je ne cherche pas à avoir des amis, ni des ennemis.
Quelle est l’émission Penthio qui vous a le plus marqué ?
C’est l’émission que j’ai faite avec mon père Pape Samba Mboup (Ministre, Chef de cabinet du Président Abdoulaye Wade, Ndlr), car c’est l’ami de mon père. C’est une émission qui a marqué les Sénégalais. Car, j’ai un ami qui, trois ans après, s’est retrouvé à Paris et on lui a vendu la cassette pour qu’il l’écoute de nouveau. Aussi, toutes les émissions que j’ai faites avec Sidy Lamine m’ont marqué.
Est-ce que Sidy intervenait dans la préparation de vos émissions ?
Jamais. Je peux juste le consulter, comme je consulte tous les membres de la rédaction. Parce que c’est un journaliste.
Comment faites-vous pour cumuler la gestion du site Penthionet.com, et votre métier de journaliste à Walf ?
Ce site Penthionet.com appartient à un ami qui vit en Belgique. Comme je suis journaliste, je l’aide à balancer certaines informations. Je ne suis pas le propriétaire de ce site. Je l’aide à piloter le site au Sénégal, mais je ne suis pas le gestionnaire et cela ne m’a jamais gêné dans mon travail.
Vous refusez d’en être le propriétaire, mais le rapprochement avec votre émission Penthio est très tentant...
Ce n’est pas la même chose, il y a une différence entre Penthio.net et Penthio.
II y a une information qui vous annonce à la télé de Youssou Ndour. Est-ce vrai ?
Cela fait trois ans qu’on m’annonce chez Youssou Ndour, notamment à la Rfm. Certains ont même annoncé qu’on m’y avait fait une proposition alléchante. Mais je tiens à dire que ce qui m’intéresse ce n’est pas l’argent, mais qu’on me laisse ma liberté de ton et d’expression. Et que toutes ces rumeurs qui m’annoncent partout et nulle part sont infondées. Je suis toujours à Walf, parce que j’ai un devoir de fidélité envers ce groupe de presse.
Quels sont vos regrets dans votre carrière de journaliste ?
Je regrette de n’avoir pas fait des études en journalisme dans une école de communication. J’en avais pourtant la ferme résolution. Un jour, je suis allé voir Latif Coulibaly, le directeur de l’Issic, qui m’avait vanté les avantages que la formation pouvait me procurer. Mais, après je me suis dit tout le monde ne peut pas apprendre le journalisme sur les bancs. II faut que je représente les journalistes qui sont formés sur le tas.
Est-ce à dire que vous vivez votre manque de formation académique comme un complexe ?
Non ! Mais il y a un moment, quand il s’agit d’occuper des postes de responsabilités dans une rédaction, il faut nécessairement avoir des diplômes. C’est vrai que c’est important d’avoir de l’expérience dans ce métier, mais le diplôme peut toujours servir. Quand je me suis rendu compte qu’en fin de compte, nul ne peut passer outre son destin, j’ai décidé de surseoir aux études de journalisme que je voulais faire.
Est-ce qu’il vous arrive le soir de sortir d’aller en boite ?
Je ne suis pas un people. Je suis un grand « innocent » qui ne sait rien de ce que signifie le mot bal. Cela fait deux ans que je n’ai pas mis les pieds dans une boîte de nuit.
Est-ce qu’il vous arrive de lever le coude ?
Je n’ai pas encore commencé (rires).
Qu’est-ce qui explique vos cheveux blancs à votre âge ?
Les cheveux blancs, c’est naturel chez moi. II y a deux choses qui sont héréditaires chez moi : Mes lèvres rouges et mes cheveux blancs.
M.T.G
* La devinette parue dans un journal de la place disait qu’un Ministre de la République avait épousé son assistante comme deuxième femme dans la plus grande discrétion. Cela dans le but de ne pas subir les foudres de sa première épouse.
Source : Weekend Magazine
