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Plainte contre un sénateur pour arriérés de loyer : Charles Mendy poursuivi pour près de 4 millions

mardi 2 octobre 2007

Décidément, le ridicule ne tue pas au Sénégal. Il a été beaucoup question d’outrage aux bonnes mœurs ces temps-ci. Un feuilleton orchestré par les pouvoirs publics. Pourtant, au même moment, un fragrant délit d’inélégance hante l’une des institutions. Un sénateur de la République, adjoint au maire de Guédiawaye de surcroît, Charles Mendy, doit à un tiers 4 millions d’arriérés de location. Et l’affaire risque bientôt d’atterrir devant la justice.


« S’il y avait une enquête de moralité en prélude à la nomination des sénateurs, le sieur Charles Mendy, adjoint au maire de Guédiawaye, n’en serait pas un », déclare Amadou Ndiaye, son logeur, à qui le tout nouveau sénateur doit, retenez bien, une ardoise de 4 millions d’arriérés de location.

Mais comment en est-on arrivé là ? Les faits remontent à très longtemps. Nous sommes en 1995. Charles Mendy revient fraîchement d’Italie après un séjour de plusieurs années « de souffrances, de sacrifices et de misère », raconte-t-il. A l’en croire, il y était allé après son admission au baccalauréat, pour travailler aux fins de réduire les souffrances de sa mère, veuve 5 ans après sa naissance. Soucieux de ses dures conditions d’existence, il dit être obligé de revenir au bercail à ses côtés pour la soutenir. Après de bons moments de réflexion, M. Mendy décide enfin d’investir ses économies dans le système éducatif.

Alors commence l’épineuse question de la recherche de locaux pour concrétiser ses ambitions. Charles Mendy rencontre enfin Amadou Ndiaye, un émigré établi aux Etats-Unis, qui avait une villa à louer dans le quartier de Guédiawaye. Mais, selon M. Mendy, le futur locataire, la maison inhabitée en ce temps-là, était un dépotoir d’ordures. Il décide alors de la transformer et la réhabiliter à ses dépens.

Le marché est conclu. Cent trente mille (130 000) francs par mois ne feront pas tressaillir le promoteur. Le contrat est signé. Et c’est Malick Thiongane, ingénieur polytechnicien, chef de la surveillance électronique à Sagam Sécurité, cousin du logeur qui se charge mensuellement de recouvrer la somme.

Alors, l’entreprise scolaire démarre ses activités. Nous sommes en octobre 1995. Le groupe scolaire marche à merveille. Son déclarant responsable se frotte les mains. Le logeur aussi ne se plaint pas. Point de querelles. Du moins jusqu’en 2000, l’année de toutes les désagréables surprises.

Que s’est-il passé ? Charles Mendy, l’ancien émigré, de s’expliquer : « En 2000, je me suis trouvé en face de deux difficultés. D’une part l’établissement était confronté, comme toute entreprise, à des problèmes de ressources financières. D’autre part, Thiongane, depuis novembre 2005, ne venait plus recouvrer. Ne le voyant plus, il m’était impossible de lui garder son argent à un moment où nous étions déficitaires. Cela s’est accumulé, à notre grand regret, depuis novembre 2005 pour atteindre aujourd’hui, 3,5 millions. La preuve de ma bonne foi : je ne dois rien à mes deux autres logeurs. »

Et de nous révéler que les locaux du groupe scolaire sont composés de trois villas. Nous avons tenté d’en savoir plus auprès de M. Thiongane qu’on accuse d’avoir déserté les lieux depuis 2005. « Je me suis rendu à plusieurs reprises à l’école et chez M. Charles Mendy pour recouvrer les 130 000 francs mensuels, mais il me faisait valser par des rendez-vous qu’il n’honorait jamais. Las de courir derrière lui chaque semaine, j’ai renoncé à cette charge qu’on a finalement confiée à l’agence immobilière Le banlieusard. »

Du côté du logeur, Amadou Ndiaye, on ne veut rien croire des propos de l’adjoint au maire et homme d’affaires. Au constat de l’irrégularité des versements mensuels cumulés qui s’élèvent pour lui à 4 millions, au lieu de 3,5 millions, Amadou Ndiaye, le propriétaire qui vit à New-York, précisément, à Saint Nicolas place, a porté l’affaire devant la justice et a désigné un avocat pour poursuivre le dossier.

Quant à la gestion, il dit avoir confié sa villa à l’agence immobilière Le Banlieusard, à Guédiawaye. Mais M. Top, le gestionnaire de cette entreprise refuse de livrer la moindre information sur le dossier, bien qu’il ait téléphoné à la rédaction montrant de bonnes dispositions, avant de se rétracter.

En tout cas, Charles Mendy précise là-dessus qu’il n’y a rien qui le lie à cette agence. Il aurait remis 1 million à son avocat pour la signature du contrat. Mais, le genre de contrat qui lui a été présenté déchargeait les impôts sur le groupe scolaire. « J’ai refusé de signer et l’avocat a disparu. » Que s’est-il dit entre lui et l’agence avec laquelle il devait signer le contrat ? « Je ne sais pas », a-t-il expliqué.

Loin de ce feuilleton qui, certes, ne se joue pas en sa faveur, le logeur demande l’expulsion immédiate du locataire pour non-paiement, la remise de la villa en l’état, le payement de toutes les factures qui viendront après et qu’un huissier fasse le constat après son départ. Et M. Ndiaye de conclure sous une forme interrogative : « Mendy accepterait-il que ses élèves restent des mois dans son établissement sans payer ? »

Source : Le Quotidien

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