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Procès pour viol aujourd’hui : Cheikh Yérim Seck n’est pas sorti de l’auberge - Les versions du journaliste, de l’étudiante et du personnel de Keur Madamel

mercredi 12 septembre 2012


Cheikh Yérim Seck sera aujourd’hui devant le juge pour répondre du délit de viol sur Ndèye Aïssatou Tall, fille du magistrat Boubou Diouf Tall. Seulement, les éléments d’informations qui ressortent du procès-verbal d’enquête ne plaident pas en faveur du journaliste. Cheikh Yérim Seck, accusé de viol par Ndèye Aïssatou Tall, la fille du magistrat Boubou Diouf Tall, sera aujourd’hui devant le juge. Le journaliste qui nie les faits de viol devra compter aujourd’hui sur une bonne défense pour se tirer d’affaire car, en plus de la version de la jeune fille, les témoignages des employés de l’auberge Keur Madamel où a eu lieu les faits l’accablent. Le Quotidien a eu quelques-uns de ces éléments qui ressortent du procès-verbal d’enquête. Ainsi, il y a de nouvelles révélations dans cette affaire qui a fini de faire les choux gras de la presse. La jeune fille Ndèye Aïssatou Tall est âgée de 20 ans. Elle était étudiante en première année à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis et de­vait se rendre hier, selon des sources qui ont rapporté ses propos con­tenus dans le procès-verbal, à Mont­pellier pour poursuivre ses études. Elle est revenue sur les circonstances dans lesquelles elle a fait la connaissance du journaliste. Elle soutient avoir connu Cheikh Yérim Seck le 31 août dernier au Conseil économique et social lors d’une émission télévisée et que c’est M. Seck qui a envoyé quelqu’un pour lui demander son numéro de téléphone. Un numéro qu’il a remis à ce monsieur qui s’appelle, dit-elle, Sou­leymane Astou Diagne. Depuis lors, ajoute-t-elle, ils s’envoient des Sms ou s’appellent parfois. Selon Mlle Tall, le journaliste voulait la déposer chez elle à la fin de la cérémonie, mais elle a décliné l’offre. Elle ajoute que Cheikh Yérim Seck est venu chez elle le lendemain, mais il n’est pas entré et est resté à dix mètres de la maison. Par la suite, ils ont tourné dans le quartier à bord du véhicule, pendant 30 minutes avant qu’elle ne rentre chez elle. « Deux jours après, sans aucune nouvelle de lui, il me rappelle pour me dire qu’il était en voyage à Conakry. Il me propose qu’on se revoit et c’était vers le 4 septembre 2012. Mais à chaque fois, je décalais car j’étais trop occupée. C’est à la suite de cela qu’il m’a demandé qu’on se voit à la Résidence Keur Madamel aux Alma­dies. Je lui ai dit que je ne suis pas partante parce que je ne souhaite pas qu’on se voit dans une résidence. Il a soutenu que c’est une résidence privée qui appartenait à un de ses amis, que ce n’est pas une auberge. Je lui ai reprécisé que je ne voulais pas qu’on se voit dans des endroits pareils. Après il me propose qu’on se voit chez son frère qui habiterait à Ouest-Foire puisque, dit-il, il ne veut pas s’afficher publiquement. Je lui ai dit que c’est ok, puisqu’il s’agit de la maison de son frère. Suite à cela nous avions conclu qu’on se voit le 6 septembre 2012, mais on a re­porté cette date jusqu’au lendemain parce qu’il n’était pas disponible. Finale-ment, on a fixé le rendez-vous pour le 8 septembre. Jusqu’au samedi matin (le jour des faits), il était prévu qu’il passe me prendre pour qu’on aille chez son frère, mais au réveil j’ai trouvé son message sur mon portable », a raconté, selon nos interlocuteurs, la jeune fille aux enquêteurs.

« Il m’a pénétrée violemment et j’ai crié très fort » Ndèye Aïssatou Tall qui narre son histoire soutient que Cheikh Yérim Seck l’a appelée deux minutes avant son arrivée pour lui demander de monter directement au premier étage et à la chambre 9. Selon nos sources, la jeune fille est revenue sur les détails de cette rencontre qui a abouti sur une affaire de viol. « Je suis montée et j’ai tapé à la porte de la chambre 9 et il m’a demandé d’entrer. J’ai trouvé Cheikh Yérim Seck sur le lit en train de travailler avec son ordinateur. On a discuté pendant qu’il continuait à travailler. Après, on s’est embrassé pour ensuite flirter. Il m’a demandé de me déshabiller et j’ai refusé. Il a tenté à plusieurs reprises de me déshabiller, mais j’ai pu résister tout en lui disant que je suis vierge et que je ne suis pas là pour le sexe. Il s’est lui-même déshabillé complètement avant de mettre un préservatif pour m’enlever ensuite mon pantalon et mon slip de force. Il m’a maintenue de force sur le lit et a commencé à se frotter à moi. Comme il était plus fort, je n’arrivais pas à le repousser. Et puis, il m’a dit que comme c’est lui qui sera mon futur époux, c’est à lui de me dépuceler. J’ai tenté vainement de le repousser. C’est ainsi qu’il m’a pénétrée violemment et j’ai crié très fort. J’ai entendu deux voix dehors mais ils ne m’ont pas porté secours. J’ai pleuré aussi. Quand j’ai réussi par la suite à me dérober, j’ai vu que le lit était taché de sang. J’ai aussitôt sauté du lit pour prendre mon pantalon et mon slip pour entrer dans les toilettes et refermer aussitôt à clef. C’est de là que j’ai constaté qu’il y avait beaucoup de sang. J’ai voulu me nettoyer, mais je n’arrivais pas à ouvrir le robinet. J’ai pris du papier de toilettes pour faire un tampon. Pendant mon temps dans les toilettes, M. Seck frappait à la porte tout en me disant qu’il était désolé. Quand je suis sortie il a commencé à s’excuser en me parlant de mariage. J’ai répondu que je n’étais pas intéressée », a-t-elle soutenu. Ndèye Aïssatou Tall précise aux enquêteurs que Cheikh Yérim Seck avait fermé la porte de la chambre à clef après son acte et avait caché les clefs. Mieux, ajoute-t-elle, le journaliste avait proposé de la déposer après sa douche mais elle a refusé arguant qu’elle veut rentrer seule. Et que c’est quand elle a menacé de faire un scandale qu’il a accepté d’ouvrir la porte. « Il a ouvert la porte et je suis partie. Je tiens à préciser qu’après les faits, M. Seck a continué de m’appeler et de m’envoyer des textos pour s’excuser », dit-elle.

Les témoignages accablants du personnel de l’auberge En outre, le document rapporte que les témoignages du personnel de l’auberge qui était présent le jour des faits corroborent avec certains propos contenus dans la déclaration de la jeune fille faite devant les enquêteurs. La réceptionniste a, selon nos sources, déclaré avoir entendu un cri strident, relayé par l’écho de l’immeuble abritant la résidence et « dont elle est sûre, ne pouvait provenir que d’en haut et à la chambre 9, d’autant que les résidents des autres cham­bres étaient tous sortis ». Le comptable confirme aussi avoir entendu le même cri. La version du réceptionniste en chef qui est aussi le chef d’hébergement rejoint celle des autres. Mieux, il a dit aux gendarmes qu’il a tapés trois fois à la porte de la chambre 9 après le cri et Cheikh Yérim Seck a ouvert la porte pour le rassurer. Ces employés de l’auberge confirment aussi la présence de sang sur le drap couvrant le lit après le départ de M. Seck. A noter que le père de la fille et sa sœur ont été auditionnés par les gendarmes.

« Je ne vois pas de différence entre frotter et pénétrer » L’administrateur du site dakaractu.com a apporté, lui aussi, sa version des faits. Là où la jeune fille parle de viol, Cheikh Yérim Seck soutient le contraire. Il parle de rapports sexuels consentants. M. Seck confirme avoir donné un rendez-vous à Ndèye Aïs­satou Tall à la Résidence Keur Ma­damel. « A son arrivée, la porte n’était pas fermée à clef, elle est entrée, m’a rejoint au lit, m’a em­brassé sur la bouche avant de s’installer entre mes jambes. Nous avons beaucoup discuté puisqu’elle devait se rendre en France le mardi (hier). Nous avons commencé à nous embrasser et elle s’est déshabillée, moi aussi. J’ai mis un préservatif et l’acte sexuel a commencé. Après quelques instants, alors que je me frottais à elle, je l’ai pénétrée. La fille avait consenti à ce qu’on ait un rapport sexuel. Je per­siste et signe qu’elle s’est déshabillée volontairement sans aucune forme de pression. J’ai commencé à frotter et tout le monde sait que dans ce domaine on ne peut rien contrôler. Je ne vois pas de différence ma­jeure entre frotter à l’entrée et pénétrer. Au cours de l’acte sexuel que nous avons eu, elle ne m’a à aucun mo­ment demandé d’arrêter ou repoussé ». Après j’ai voulu la ramener chez elle, mais elle avait refusé. Je me suis rendu devant chez elle pour la revoir, mais elle refusait de répondre à mes appels. C’est ainsi que je me suis ren­du chez moi et c’est par la suite que j’ai été convoqué à la gendarmerie nationale, a soutenu, pour sa part M. Seck devant les enquêteurs de la section de recherches de la gendarmerie de Colobane.

Lequotidien.sn

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