QU’EN EST IL DE LA PROBLEMATIQUE DE LA RENAISSANCE AFRICAINE DANS LE CADRE DU CHOIX DU PROCHAIN PRESIDENT DU SENEGAL ?


Dans toute idéologie et dans toute langue, on y trouve la dimension socioculturelle du peuple générateur. D’où l’impératif pour le prochain president du senegal de repenser et de redéfinir les systèmes politiques au moyen desquels il va gouverner notre pays. Ce faisant, toutes les idéologies que nous avons importées de l’occident et d’ailleurs devrons être ré-inventees en conformité avec les valeurs de nos sociétés. Sur le plan religieux, une relecture contextuelle des livres qui ne perd pas de vue nos histoires et nos réalités socio-culturelles doit être envisagées. Par rapport à l’usage de la langue française, dont la présence en Afrique a été longtemps guidée par des idéologies racistes et nihilistes qui ravalaient nos langues au rang de dialecte, notre système éducatif doit concevoir des programmes qui au préalable préparent l’enfant à cet état de fait et l’informent de cette réalité pour le prémunir contre les dangers inhérents a la consommation de cette langue, qui est aussi consommation de la culture française. Je pense qu’on devrait préparer nos enfants à l’acceptation de leur propre culture pour éviter une société à deux visages. Cette problématique est déjà en prémisse dans notre constitution avec les nationalités, mais elles se posent avec beaucoup plus d’acuité aujourd’hui avec le fils du Président Wade qui est souvent égratigné par le fait majeur qu’il ne connaît rien à la culture du peuple qu’il voudrait bien conduire vers le développement. Il devrait relire Cheikh Anta et autres à propos des relations entre culture et développement. Nous devons élaborer un programme qui intègre la vison africaine du monde de telle sorte que l’élève au terme de son cursus scolaire représente une quintessence de nos valeurs culturelles, dont tous les composants ses idess seront conçus et développés à partir d’un paradigme afro-centré. Il faut impérativement créer un « je » ou un « nous » africain si on aspire à sortir de la situation de peuple mentalement aliéné et rompre définitivement avec tout ce qui pérennise la colonisation. Le débat sur l’identité culturelle doit être posé car devons conquérir notre liberté culturelle et spirituelle d’abord avant de songer a un développent économique. Le développement de la Chine et l’exemple du Japon sont assez illustratifs sur cette question de l’identité culturelle. Toute l’entreprise de la colonisation a reposé sur deux principaux objectifs : expropriation de ressources et mission de civilisation synonyme de nihilisme culturel. Donc les produits qui sortiront de cette entreprise auront une identité française ; la preuve ce sont les 4 communes Dakar, St-Louis, Rufisque et Gorée. La statue de Faidherbe encore debout dans la ville de Saint-Louis et qui suscite naïvement la ferté de ses habitants est révélatrice de combien nous sommes loin de comprendre de ce dont nous sommes victimes. Ce qu’a fait Faidherbe en son temps est aujourd’hui jugé à la Cour Pénale Internationale. Nous exhibons fièrement l’image de celui qui a combattu nos “waliyous nationaux”, qui a repoussé tous ceux qui se sont légitimement battus pour gagner la liberté de vivre sur leurs terres. La statue de Dupont et Demba, qui selon le Président dépeint une amitié entre le France et le Sénégal pendant la guerre est une pure falsification de l’histoire car nos soldats, les tirailleurs sénégalais, ont reçu des balles à la place de ceux qui devaient combattre pour la libération de leur patrie. Quelle drôle d’amitié quand on sait que les pensions de retraite des anciens combattants, les Demba, ont été portées au même niveau que celles de leurs camarades français, les Dupont au mois de mai 2011, avec effet rétroactif de 4 mois. Ils ont attendu 66 ans après la mort de la quasi-totalité de ces vaillants Demba pour que la justice les rétablisse dans leurs droits. Je vois encore Gorée lieu hautement symbolique de l’esclavage devenir un simple lieu de divertissement. L’Afrique ne peut pas véritablement se développer tant que tous ses problèmes ne sont pas profondément étudiés et que des réponses y soient apportées par les intellectuels et hommes de culture africains et non ceux que j’appelle les « Intellectraitres ». Je reste afro-pessimiste pour le devenir de l’Afrique tant que nos dirigeants ne se décident pas finalement à démontrer objectivement à nos enfants que le bourreau qui a porté un coup mortel à l’Afrique c’est l’occident, qu’on apprenne ouvertement aux nôtres que le FMI et la Banque mondiale sont des dictateurs économiques et qu’on explique aux populations comment l’Occident fait chanter nos dirigeants pour profiter de nos matières premières. Je resterais afro-pessimiste tant qu’on considérera que cet Ordre mondial est un fait indéniable, incontournable pour le développement. Et pour moi, tous les pôles de production de savoir tel que les télévisons, l’éducation nationale doivent participer à ce projet d’éclairage des rapports Nord-Sud et à l’entreprise de construction d’une conscience noire pour la renaissance africaine. Voila autant de choses qui constituent un frein pour une véritable renaissance africaine. Par ailleurs, enseigner les écritures de Cheikh Anta ou de Nkrumah ou d’autres sur la philosophie africaine, sur l’identité de l’homme noire, sur les voies de la renaissance noire serait des pistes à explorer au moment où ces débats reviennent sur les tables des états les plus développés du monde (débat sur l’identité nationale en France). Nous avons encore des valeurs très vivaces en Afrique pour lesquelles beaucoup d’occidentaux nous envient et qui font qu’ils viennent se ressourcer chez nous ;d’où l’imperatif d’essayer d’abord de les encrer dans notre education,d’autant plus que l’afrique traditionnel a encore beaucoup a donner a l’occident.