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REDEVANCES AEROPORTUAIRES AU SENEGAL : L’Oaci crash sur le trop-plein de taxes

mardi 4 septembre 2012

Si le problème le plus urgent pour l’aviation africaine est la sécurité, sa trop forte taxation menace davantage sa capacité de servir de catalyseur économique. C’est en substance le message lancé Tony Tyler, directeur général et chef de la direction de l’IATA, s’adressant particulièrement au Sénégal, dans son discours d’ouverture, lundi 03 septembre 2012 à Dakar, de la Journée de l’aviation.


Le directeur général et chef de la direction de l’IATA(Association du transport aérien international), Tony Tyler n’y est pas allé avec le manche en parlant hier, lundi 03 septembre 2012, du financement nécessaire des infrastructures aéroportuaires. Mais c’est pour mieux dénoncer la kyrielle de taxes et autres redevances appliquées sur les billets d’avion notamment par le Sénégal ainsi que le caractère nébuleux de la gestion de leurs produits. S’exprimant à l’ouverture de la Journée de l’aviation organisée depuis hier par l’IATA à Dakar, M. Tyler n’a pas raté l’occasion de rappeler pour le regretter que, contrairement au gel des tarifs consenti par l’ASECNA, l’Agence des aéroports du Sénégal (Ads) « a augmenté les frais d’atterrissage internationaux de 13 % à compter de janvier 2012. » Après l’annonce de la hausse et malgré le retard de deux mois de la mise en œuvre de la mesure, « les consultations n’ont pas abouti à une meilleure compréhension des raisons motivant cette hausse », a-t-il expliqué.

Restant toujours sur la problématique des taxes aéroportuaires, M. Tyler de déclarer en sus que « la taxe de développement aéroportuaire est maintenant d’environ 68 $ (34 000 FCfa) par passager, soit la plus élevée d’Afrique. » Pire, « il n’y a guère de transparence quant à la gestion de ces fonds, qui sont perçus à l’encontre des principes de l’OACI », a-t-il renchéri avant d’estimer que, « même si l’aéroport doit ouvrir l’an prochain, il n’y a pas eu de réelle participation des compagnies aériennes – les usagers éventuels de l’aéroport – pour s’assurer qu’il répondra à leurs besoins. »

Le décor est ainsi campé et s’il considère l’exemple du Sénégal « comme une occasion de travailler ensemble, d’apporter des améliorations et d’aider les États de cette région à mieux comprendre que l’aviation n’est pas une vache à lait », il n’en indique pas moins que le Bénin, le Cameroun, la République démocratique du Congo, la Gambie, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, la Sierre Leone et le Togo « ont tous imposé des frais allant de 9 dollars par passager à plus de 50 dollars » tandis que la République centrafricaine envisagerait de suivre le même modèle. Principes non respectés

Si tous ces pays, à commencer par le Sénégal, se sont abrités derrière le prétexte du financement des infrastructures aéroportuaires, il n’empêche, l’OACI a énoncé des principes qui comprennent la transparence, la consultation des usagers et les liens entre les coûts et les redevances, comme l’a rappelé le directeur général de l’Iata. Principes non respectés notamment par le Sénégal puisque, pour que les bénéfices reviennent à ceux qui paient, le préfinancement n’est pas autorisé en l’absence de mesures de protection spécifiques pour les usagers.

L’enjeu est tel qu’aux yeux de l’Oaci, les politiques publiques devraient être conçues pour tirer parti de la capacité unique de l’aviation d’être un catalyseur de la croissance économique. Or, si cet outil puissant qu’est l’aviation est trop taxé, « sa capacité de servir de catalyseur économique est menacée », fait valoir le directeur général de l’Iata. De plus, de tous les continents, ce serait en Afrique que l’aviation a le plus grand potentiel de contribuer davantage au développement. Aussi, il ressort de la première Journée de l’Aviation qu’en améliorant la sécurité (25% des accidents seraient causés par des problèmes liés aux pistes d’atterrissage), en créant une approche commune conforme aux normes mondiales et en finançant les infrastructures de façon appropriée, l’aviation pourra avoir un impact encore plus positif sur le développement de l’Afrique.

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