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Rapport accablant de Human Right Watch sur les tueries de Conacry : Daddis Camara mouillé par sa garde présidentielle

jeudi 29 octobre 2009

Le premier rapport sur la Guinée Conakry fait par l’Ong américaine Human Rights Watch (Hrw) enfonce le Président du Comité national pour le développement et la démocratie (Cndd), le capitaine Moussa Dadis Camara, sur les massacres du 28 Septembre. A l’issue d’une mission de dix jours, Hrw a réussi à interroger des parents de victimes des massacres, des femmes violées, des militaires qui ont participé aux tueries ainsi que des leaders de l’opposition. D’ailleurs, Hrw a conclu que les violences sexuelles et les massacres commis au stade le 28 septembre semblent avoir été à la fois planifiés. Toutes les personnes responsables, y compris celles ayant donné des ordres, devraient répondre de leurs actes devant un Tribunal pénal, tout comme les personnes ayant essayé de dissimuler les crimes et de faire disparaître les indices.


Des canons de fusils, des chaussures et des bâtons dans le sexe des femmes

27 victimes de violences sexuelles interrogées par Hrw, dont la majorité a été violée par plus d’une personne, affirment avoir vu au moins quatre femmes tuées par des membres de la Garde présidentielle après avoir été violées, y compris des femmes qui ont reçu des balles ou des coups de baïonnette dans le sexe. Certaines victimes ont été pénétrées avec des canons de fusils, des chaussures et des bâtons. Toujours dans le document de Hrw, des victimes et des témoins ont décrit comment les viols ont eu lieu publiquement dans le stade, ainsi que dans plusieurs zones aux alentours du terrain, y compris dans la salle de bain qui se trouve à proximité, les terrains de basket, et l’annexe du stade. En plus des viols commis dans le stade, de nombreuses femmes ont décrit comment elles ont été conduites, par la Garde présidentielle, à partir du stade et d’une clinique médicale où elles cherchaient un traitement à destination de résidences privées, où elles ont enduré jours et nuits des viols collectifs brutaux.

Une enseignante et une femme professionnelle racontent leurs viols

Une enseignante âgée de 35 ans a décrit à Hrw le scénario de son viol : « Lorsque les tirs ont commencé, j’ai essayé de courir, mais les Bérets rouges m’ont attrapée et m’ont traînée au sol. L’un d’eux m’a frappée deux fois sur la tête avec la crosse de son fusil. Et quand je suis tombée, trois autres se sont jetés sur moi. L’un a dégainé son couteau et a déchiré mes vêtements tout en me blessant au dos. J’ai essayé de me débattre, mais ils étaient trop forts. Deux m’ont maintenue à terre, tandis que l’autre me violait. Ils ont dit qu’ils allaient me tuer si je ne leur laisse pas faire ce qu’ils voulaient. Ensuite, le second m’a violée, puis le troisième. Ils me battaient tout le temps et ont dit à maintes reprises qu’ils allaient nous tuer tous. Et je les croyais. A environ trois mètres, une autre femme avait été violée et lorsqu’ils ont fini, l’un d’eux a pris sa baïonnette et l’a enfoncée dans son vagin, puis a léché le sang qui s’y trouvait. J’ai vu cela, juste à côté de moi… J’ai été tellement effrayée qu’ils ne le fassent à moi aussi. »

Une femme violée pendant 3 jours

Ce qui est grave dans cette affaire au moment où les familles des victimes étaient encore dans la douleur, les hommes du capitaine Moussa Dadis Camara continuaient à satisfaire leur libido sur des femmes séquestrées dans des maisons privées. C’est le cas de cette femme âgée de 42 ans qui témoigne.

« En essayant de m’enfuir des coups de feu, j’ai vu un petit groupe de Bérets rouges violer une jeune femme. L’un d’eux a enfoncé son fusil dans son sexe et a tiré. Elle n’a plus bougé. Oh Dieu, chaque fois que je pense à cette fille qui est morte de cette façon… Je ne peux pas le supporter. Et tout de suite après, un autre Béret rouge m’a attrapée par derrière, me serrant très fort et me dit : ‘Viens avec moi, ou je vais te faire la même chose.’ Il m’a conduit dans un camion militaire sans fenêtres. Il y avait là environ 25 jeunes hommes et six femmes, moi y compris. Après une certaine distance, ils se sont arrêtés et les soldats ont dit à trois ou quatre femmes de descendre. Plus tard, ils se sont arrêtés devant une deuxième maison où ils ont dit aux femmes qui sont restées de descendre.

J’ai immédiatement été conduite dans une pièce et la porte a été fermée à clef derrière moi. Quelques heures plus tard, trois d’entre eux sont entrés dans la chambre. Tous habillés en tenues militaires et avec des bérets rouges. L’un d’eux avait un petit récipient de poudre blanche. Il y trempa son doigt et l’enfonça dans mon nez. Puis, tous les trois ont abusé de moi. Le lendemain, ils ont abusé de moi à nouveau et après, d’autres sont venus deux par deux. Je ne sais pas combien ou qui sont-ils. Je sentais mon sexe brûler. J’étais tellement fatiguée et hors de ma tête. Les trois premiers se regardaient entre eux quand ils me violaient.

J’étais là pendant trois jours. Ils ont dit : ‘Tu ne penses vraiment pas sortir d’ici en vie, n’est-ce pas ?’ Et parfois ils discutent entre eux : ‘Faut-il la tuer maintenant ?’ ‘Non, utilisons la d’abord avant de la tuer.’ Parfois j’entendais des pleurs de femme à partir d’une pièce voisine : ‘S’il vous plait, s’il vous plait… oh mon Dieu, je vais mourir.’ Le dernier jour, à 6 heures du matin, les soldats ont mis une couverture sur ma tête et m’ont conduite pendant un certain temps pour me laisser au coin d’une rue, toute nue. » A suivre…

Source : LObservateur

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