Les étudiants sénégalais en France attendent toujours le paiement de leurs bourses. Quand ils parlent de trois mois de retard, le chef de service chargé des bourses étrangères, Ousmane Thimbo, rectifie pour dire qu’il ne reste qu’un seul mois à payer. En tous les cas, des étudiants ont essayé perturber le fonctionnement du service des bourses, vendredi dernier. Il a fallu l’intervention du ministre Moustapha Sourang, pour que les étudiants revoient leur position.
Le ministre leur avait promis de leur payer les bourses hier. Si ‘nous sommes venus vendredi occuper le service de gestion des étudiants au consulat de 11 à 16 h, c’est pour réclamer le paiement des trois mois de retard de nos bourses. Depuis ce jour, on est en négociation avec Moustapha Sourang qui nous a expliqué qu’il est en tractation avec l’Etat pour débloquer la situation. Vendredi, le ministre s’était engagé à payer tous les mois de retard ce lundi’, explique El Hadji Sarr, président de l’Amicale des étudiants afro-carabéens et coordonnateur de l’Association des étudiants sénégalais de la région parisienne.
Mais à sa grande surprise, les sous ne sont tombés qu’à compte-gouttes. Car un seul mois sera payé ce mardi. Ce qui explique qu’ils aient à nouveau tenté hier d’occuper le centre de gestion des bourses du consulat du Sénégal dans la capitale française. Un centre qui gère toutes les bourses étrangères. ‘Ce matin (hier, Ndlr), nous nous sommes rendus compte qu’ils ne vont payer qu’un seul mois et non les deux, comme il avait été convenu avec le ministre’.
Apparemment, le paiement de la bourse d’octobre ne va pas calmer la colère des étudiants. Ils promettent de se battre jusqu’à ce que tout leur dû soit payé. Quitte à saisir le président de la République qui est pourtant, depuis hier, à Lyon. ‘Nous allons continuer la lutte. Nous allons faire de sorte que le président soit saisi de cette situation’, promet El Hadji Sarr. Pour lui, si d’ici le 8 décembre, l’Etat ne leur paie pas, ce sera trois mois qu’il leur devra. Ce que réfute le chef de service des bourses étrangères, Ousmane Thimbo.
‘Les boursiers ont été payés jusqu’au mois de septembre, donc il ne reste actuellement que le mois d’octobre’ soutient-il. Selon lui, si ‘les étudiants disent qu’ils ont deux mois de retard, c’est parce qu’ils comptabilisent le mois de novembre qui est en cours’. A l’en croire, ‘une bourse n’est payée qu’après avoir étudié le mois entièrement. Puisque le mois de novembre n’est pas encore à sa fin, on ne peut pas réclamer de bourse pour ce mois’. En conclusion, il avance qu’il ne reste qu’un seul mois à payer : celui d’octobre qui est en train de l’être. Certes, mais qu’est-ce qui explique ce retard alors ? ‘Ce retard est consécutif au retard des renouvellements’, répond simplement M. Thimbo.
Pour faire baisser la tension au sein de son service, notre interlocuteur tente de rassurer. ‘On a eu le ministre tout à l’heure (hier, vers 11 h, Ndlr). Il nous a dit que le gouvernement a pris des solutions pour éviter de pareilles situations. Ils vont essayer de voir avec des sociétés bancaires de la place pour qu’elles avancent les sommes à payer et que le gouvernement régularise après’, informe-t-il. Tout en laissant entendre que le gouvernement est ‘conscient des retards’.
Mais au-delà du ministre, les étudiants interpellent le président de la République. ‘La simple volonté du ministre ne suffit pas. Il faut qu’on lui donne les moyens de solutionner les problèmes. Et cette solution ne peut venir que du chef de l’Etat. Tout le monde sait que l’Etat n’a pas d’argent, mais ce qui est alarmant, c’est qu’il arrive à débloquer de l’argent pour d’autres situations moins prioritaires. Alors, nous demandons donc à ce qu’on nous respecte un peu plus’, lance-t-il.
Source : Walf
