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SINE-SALOUM - Etude pour un aménagement et un développement touristique durable

jeudi 19 février 2009

Les chemins de l’attraction

Quel tourisme pour la région naturelle du Sine-Saloum ? L’étude faite, à cet effet, a été restituée avant-hier aux différents acteurs du secteur. Des leviers ont été identifiés pour rendre attrayante cette zone qui dispose de réels potentiels touristiques.


D’un coût de 37 milliards de francs Cfa, l’aménagement de la région naturelle du Sine-Saloum programme la réalisation de 5 000 à 10 000 lits au cours des 20 prochaines années, de services, d’hôtels, de résidences etc. Pour arriver à une telle estimation, le ministère des Sénégalais de l’extérieur, de l’Artisanat et du Tourisme, grâce à un appui de la Banque mondiale, a confié au bureau d’études Scet Tunise-Uram-Sengrasol, l’étude d’élaboration d’un plan d’aménagement et de développement touristique durable de la zone du Sine-Saloum.

Cette étude de 18 mois, a démarré le 22 mai 2007 et s’est déroulée sur deux phases principales. La première concerne le diagnostic, la stratégie de développement et le schéma directeur technique, alors que la deuxième est consacrée aux schémas d’aménagement des sites retenus à l’étude économique et à l’étude d’impact sur l’environnement. En 2008, le processus de mise en œuvre de la grappe tourisme industrie culturelle artisanat d’art a identifié huit mesures dont l’étude pour l’élaboration d’un plan d’aménagement de la zone nord et de la zone du Sine-Saloum.

La restitution de la première étude sur la région naturelle du Sine-Saloum a été faite avant-hier, en présence des services de l’Etat dans les régions concernées (Fatick et Kaolack). Pour le gouverneur de Kaolack Abdoulaye Sène, « le plus important est de passer à l’action au-delà des discours, voir rapidement les mécanismes de mise en œuvre de cette étude. Il faut que la zone soit aménagée, protégée et profite aux populations de cette zone. Cette rencontre est un pas en avant pour mieux structurer la démarche ».

Le plan d’aménagement est un outil pour l’augmentation de la capacité d’accueil des hôtels du Sénégal, une ouverture vers d’autres marchés, mais aussi pour rendre le tourisme plus performant. Un secteur touristique qui est passé d’une croissance de 5,4% en 2006 à 7,1% en 2007. Pour l’année 2009, il est prévu des arrivées de l’ordre de 911 mille touristes. « Même si on observe que le rythme de la croissance a ralenti du fait de la crise financière mondiale, il faut adopter de nouveaux produits », pense le directeur de cabinet du ministère des Sénégalais de l’extérieur, du Tourisme et de l’Artisanat.

Ces nouveaux produits concernent le tourisme de santé, l’écotourisme, le tourisme balnéaire. Pour satisfaire de telles exigences, il faudrait « l’institution d’une réglementation plus adaptée, une promotion plus dynamique, un plan de qualité et une meilleure formation dans le secteur du tourisme » mais aussi, une proposition de réformes dans le Code des investissements pour ce secteur dont les enjeux financiers sont énormes avec la mise en place de moyens et outils pour un partenariat public privé.

Pour Rachid Taleb l’un des consultants, « le tourisme a besoin de zone comme le Sine-Saloum et le Sine-Saloum a besoin du tourisme qui est un vecteur de développement économique. La solution pour le développement du tourisme sera une bouée de sauvetage pour cette région » qui a toujours reçu des touristes attirés par la nature.

Mais, il y a des contraintes qui freinent le secteur, comme l’accès à l’eau potable, les ressources humaines, le problème de l’énergie, les atteintes à la mangrove, l’érosion maritime, la non implication des populations dans le tourisme local, bien qu’il offre des opportunités en ressources naturelles. « Le diagnostic est que la région n’est pas encore une destination touristique », soutient M. Taleb selon qui, « la future clientèle recommande de ne pas user tout de suite du haut de gamme. Mais de commencer par les gammes moyennes ».

Les acteurs privés comme administratifs qui saluent une telle étude, insistent sur la maîtrise du foncier, l’accès à l’eau potable, à l’électricité, aux routes. Aussi, demandent-ils une solution pour le désenclavement et plaident pour un transfert des compétences du tourisme aux Collectivités locales, l’implication des migrants et le développement d’un partenariat public-privé.

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