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Salif Sadio tue Magne Diémé : le boucher de Diouloulou fait encore couler du sang

vendredi 19 octobre 2007

Salif Sadio aurait tué Magne Diémé, le chef de la faction rebelle du Mfdc basé à Diakaye. Ismaïla Magne Diémé avait, à la tête de plusieurs rebelles proches du gouvernement sénégalais, engagé une guérilla contre le chef rebelle Salif Sadio, dans le but de le « forcer » à adhérer à la dynamique de paix ou de le tuer.


Curieusement, c’est au moment où Salif Sadio a été défait, et sa fuite organisée vers la Gambie, que tous ceux qui se battaient contre lui, notamment la bande à Kamougué Diatta et Abdoulaye Diedhiou, ont été arrêtés par les autorités gambiennes. La Gambie avait alors fait savoir, par des sources officieuses, que ces personnes étaient impliquées dans la tentative d’assassinat du président gambien, lors d’un coup d’Etat.

Il était indiqué, de façon claire, que ces rebelles ne seraient libérés que si le Sénégal, accusé d’avoir baigné dans le complot contre Jammeh, remettait le « colis » Ndour Thiam, du nom du colonel auteur de la tentative de coup d’Etat, à Yayah Jammeh. Le président gambien l’a fait savoir clairement aux envoyés du président Wade, partis il y a un mois négocier leur libération.

Yayah Jammeh a fait un petit geste, en libérant Kamougué Diatta, qu’il avait libéré un an auparavant après une première arrestation. La question est maintenant de savoir comment et pour quelles raisons, Magne Diémé, qui était détenu par Yayah Jammeh, s’est retrouvé dans les mains du boucher Salif Sadio, qui a assouvi sa soif de vengeance en l’égorgeant.

Jammeh voudrait ainsi envoyer un signal clair au Sénégal, et lui indiquer qu’il vont tous passer dans les mains de leur ennemi, si Ndour Thiam n’est pas livré assez vite. La psychose d’une attaque imminente est si présente en Gambie, que Jammeh a annulé toutes ses rencontres internationales, pour se replier avec quelques fidèles à Diakaye, son village natal, transformé en bunker imprenable.

Son régime est fragilisé ces derniers temps par le départ des frères Edwards, qui étaient le bras armé de son régime, et qui se seraient réfugiés au Royaume Uni. Dans ses moments d’incertitude, le colonel gambien s’est toujours appuyé sur des factions du Mfdc. Kamougué Diatta, qu’il vient de libérer, a été membre de sa garde rapprochée dans ses premiers moments au pouvoir, en 1995.

Salif Sadio parachève ainsi la liquidation de tous les chefs rebelles du Mfdc. En janvier 2001, dans la forêt de Baraka di Mandioka, il avait piégé et assassiné son rival Léopold Sagna, avec plusieurs de ses lieutenants. Cette décapitation avait fait de lui le chef suprême du Mfdc, et obligé l’abbé Diamacoune à coopérer avec lui.

A la mort du prélat, Salif Sadio, qui n’a pourtant bénéficié d’aucune formation militaire, s’est allié à Krumah Sané, qu’il reconnaît maintenant comme le nouveau chef de l’aile politique du Mfdc. Quand le Sénégal a soutenu l’actuel chef d’état-major de l’armée bissau-guinéenne pour l’assassiner, Salif Sadio a trouvé refuge aux abords de la frontière gambienne. Le refus du gouvernement sénégalais de négocier avec Krumah Sané pourrait compliquer la situation pour le gouvernement sénégalais.

Or, livrer Ndour Thiam signifierait pour Wade un aveu d’implication dans le coup d’Etat de mars 2006. Jammeh a poussé le vice jusqu’à organiser, il y a exactement un an, une rencontre entre le président Gbagbo et Salif Sadio. Le président ivoirien voulait ainsi répondre à l’implication non souhaitée de son homologue sénégalais dans le conflit ivoirien, et son parti-pris pour les jeunes rebelles du Nord.

Source/Seneweb

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