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Sénégalais de la Diaspora : Les Modou - Modou durement touchés par la crise

lundi 7 septembre 2009

La crise économique et financière mondiale, dont les conséquences sont fortement ressenties en Espagne, n’épargne pas la forte colonie sénégalaise touchée par un fort taux de chômage, a confié à l’APS un journaliste sénégalais établi à Madrid.


‘’De puis deux ans, l’Espagne traverse une grave crise économique sans précédent. Une crise qui s’est traduite par un taux de chômage qui avoisine les 19%, alors que dans des pays comme la France, l’Italie, l’Angleterre ou le Portugal le taux de chômage se situe entre 6 et 10%. Cette situation n’épargne pas la forte colonie sénégalaise – plus de 100.000 d’après les dernières statistiques - pressente en Espagne’’, a dit Ibrahima Wade, en vacances au Sénégal.

De tous les pays européens, l’Espagne est celui dont l’économie est le plus durement touchée par les conséquences de la crise. Le chômage a continué d’y augmenter au deuxième trimestre de l’année en cours.

Selon ce journaliste, qui vit dans la capitale espagnole depuis 2001, ‘’beaucoup de nos compatriotes sont aujourd’hui en chômage surtout ceux qui travaillaient dans le secteur de la construction et de l’hôtellerie. Les temps sont vraiment durs’’.

‘’Ceux qui ont des papiers ne parviennent plus à trouver du travail, tandis que la majorité des clandestins qui ont investi le secteur de la vente ambulante sont pourchassés à longueur de journée par les policiers municipaux. Avec la crise, les immigrés sont considérés comme les boucs émissaires’’, a fait savoir M. Wade, ancien reporter au quotidien privé Walfadjri.

‘’Les contrôles de police sont plus récurrents et plus sévères, et on note de plus en plus la préférence nationale, au moment de recruter un travailleur. Toutes choses qui font que les immigrés en général et le Sénégalais en particulier vivent cette crise économique et financière au premier plan’’, a-t-il souligné.

Prié de dire si les flux migratoires se poursuivent dans ce contexte, il a indiqué que ‘’depuis la mise en place du dispositif Frontex, le nombre de clandestins venus en Espagne par le biais des embarcations de fortune a considérablement diminué’’. Maintenant, a-t-il affirmé, ‘’ce sont surtout les immigrés sénégalais d’Italie qui ont afflué vers l’Espagne ces derniers temps’’.

Selon M. Wade, ‘’depuis le retour au pouvoir de Berlusconi avec ses alliés xénophobes de la Ligue du nord, beaucoup d’immigrés clandestins ont fui l’Italie pour venir s’installer en Espagne. Car quoi qu’on dise l’Espagne est de loin beaucoup plus tolérante en matière d’immigration clandestine que beaucoup de pays européens’’.

Toutefois, a-t-il fait savoir, ‘’cette tolérance est mise à rude épreuve’’ par la crise économique, d’où les ‘’nombreux contrôles d’identité notés ces temps-ci à travers tout le territoire’’.

Ainsi face à cette situation, a-t-il ajouté, ‘’beaucoup d’émigrés sénégalais pensent au retour mais les nouvelles qui proviennent du pays ne les y encouragent guère. Pour dire vrai la situation actuelle au Sénégal n’incite pas au retour. D’où le grand dilemme de nos compatriotes’’.

Il a relevé qu’en attendant d’y ‘’voir plus clair’’, certains ont commencé à jeter leurs baluchons sur des pays nordiques comme la Suède, la Norvège ou le Danemark. Ibrahima Khalil Wade a également souligné que ‘’beaucoup de jeunes sénégalais sont en détention dans les prisons espagnoles pour le délit de vente de CD contrefaits, précisant que le délit relatif à la propriété intellectuelle est passible de 6 mois de prison ou du rapatriement.

‘’Mais beaucoup d’émigrés clandestins préfèrent faire 6 mois de prison plutôt que d’être expulsés vers le Sénégal qu’ils assimilent à l’enfer’’, a-t-il conclu.

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