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Seniran Auto Sa secouée par un gros scandale : La direction de l’entreprise se fait rouler par un escroc

samedi 16 mai 2009

Promue pour être l’un des fleurons de l’industrie sénégalaise, l’entreprise Seniran Auto est confrontée à un gros scandale qui met en péril son développement. Un employé du nom de Cheikh Tall Sow a abusé les autorités de la société en se faisant recruter comme ingénieur sur la base d’un faux curriculum vitae. Il se trouve en prison pour plusieurs délits, dont faux et usage de faux documents, détournement d’exonérations fiscales et douanières, fausses factures, abus de confiance entre autres. Retour sur le plus grand scandale de l’histoire industrielle du Sénégal.


Cheikh Tall Sow. Ce nom ne vous dit pas grand’chose, certes. Pourtant, il est bien connu des fichiers des services de police, de la gendarmerie et de la justice. A l’entreprise Seniran Auto, rien qu’à l’évocation de son nom, on sort les mouchoirs pour se boucher le nez tellement, en deux ans de présence seulement dans cette entreprise (2007-2009), le sieur Cheikh Tall Sow s’est forgé aux yeux de tous les employés la réputation d’un monstre dont le ‘plaisir est de se dire qu’il était à la hauteur de l’ambition qu’il s’était fixée, celle d’être au sommet’. Cet homme est sans doute le plus grand escroc connu de l’histoire de l’industrie sénégalaise. Avec lui, tombent tous les records dans le domaine. Par le passé, on avait connu au Sénégal un homme qui avait le niveau du Bfem enseigner à l’Institut des sciences de la terre (Ist) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), un professeur de mathématiques à Pire se faire recruter sur la base d’un faux diplôme du bac. Les deux premiers faussaires, comme toujours, ont fini par être rattrapés par leur passé et ont fini en prison.

Mais jamais avant Cheikh Tall Sow, on n’avait vu ‘un ingénieur option automatismes à l’ Institut polytechnique de Grenoble’ se faire embaucher sur la base de ce faux diplôme ainsi que d’un Cv sorti de l’imagination fertile de l’intéressé.Pourtant, telle est l’histoire de Cheikh Tall Sow. En 2007, il entre à Seniran Auto après avoir réalisé l’installation téléphonique par l’intermédiaire d’une autre entreprise. Il a été ainsi recruté par la suite comme ingénieur à Seniran Auto sur la base d’un faux curriculum vitae (Cv) et un faux diplôme que lui-même a fabriqué. En habile manipulateur, il s’est fait l’ami du premier directeur de Seniran, M. Zahmatkesh.

Il va développer les mêmes liens privilégiés avec son successeur Abdourahmane Ghalambor. Ce dernier lui attribue une position officieuse de collaborateur privilégié qui peut parler et agir au nom de la société. Alors, Cheikh Tall Sow ne se refuse rien. Il profite de sa position de collaborateur de l’actuel président directeur général de Seniran pour piller, de façon systématique et organisée, la société au grand dam de cette entreprise modèle, fruit de la coopération entre l’Iran et le Sénégal avec la bénédiction des deux chefs d’Etat Ahmadinejad et Me Abdoulaye Wade.

Mais comme toute chose a une fin, le 3 octobre 2008, les travailleurs de Seniran Auto regroupés au sein d’un Comité d’initiative pour la sauvegarde des intérêts de l’entreprise, las de le voir ‘voler, piller la société au vu et au su de M. Ghalambor, le Président directeur général (Pdg), allant même jusqu’à prendre des décisions sans droit ni titre’, décident d’y mettre un terme en le mettant dehors. Son bureau a été fouillé sous le contrôle d’un huissier.

Ce qui a permis de mettre la main sur plusieurs dossiers compromettants et de malversations portant sur un préjudice estimé à des centaines de millions pour la société. ‘Ce même jour, c’est M. Ghalambor lui-même qui a accompagné Cheikh Tall Sow au commissariat de Dieuppeul pour déposer une plainte contre tout le personnel’, dit-on. Et la même source de nous apprendre que ‘le ministère de l’Intérieur a dépêché des forces de police à Seniran Auto pour assurer la sécurité et interdire l’accès à Cheikh Tall Sow’. D’ailleurs, jusqu’à ce jour, des policiers y montent la garde.

Au stade actuel de l’enquête ouverte par la Brigade de recherche de la gendarmerie, une dizaine de délits pèse sur ce faussaire doublé d’un délinquant à col blanc. Ils vont du faux et usage de faux au détournement d’exonérations douanières et fiscales, en passant par des faux écritures comptables, fausses factures, marchés fictifs, abus de confiance et la liste n’est pas finie. Le préjudice peut être estimé à des centaines de millions, voire plus.

Parmi les plaintes déposées par le Comité d’initiative pour la sauvegarde des intérêts de Seniran, il y a le cas de ce marché fictif portant sur la réalisation de raccordement des caniveaux à un réseau d’évacuation des eaux pluviales qui devait se faire au niveau de l’usine de Thiès. Ce marché évalué à une dizaine de millions n’a jamais été réalisé. Pourtant, un chèque de 16 millions 89 mille 595 francs représentant 65 % d’avance des travaux a été libéré par la comptabilité de Seniran Auto pour l’entreprise Total Grand qui est, en réalité, une entreprise fictive.

Total Grand n’existe pas à l’adresse indiquée sur les différents documents et le numéro de téléphone est celui d’un salon. Dans ce registre, il y a l’affaire de ‘Rose des champs’. Là aussi, il a été constaté une fausse facture établie au nom de cette société pour un montant de 100 000 francs. Après vérification, le responsable de cette entreprise a montré une autre facture d’un montant de 75 000 francs, pour le même achat et la même date. Dans une autre affaire, c’est un chèque de 5 millions qui a été remis à l’entreprise Axcom consulting sans garantie ni caution, alors que le montant réel était de 3 millions 325 mille francs.

La Douane sénégalaise tout comme la société d’hydrocarbure Elton ont été aussi roulées dans la farine par Cheikh Tall Sow et ses complices. En effet, le protocole d’accord qui lie l’Etat du Sénégal et Seniran Auto stipule une clause d’exonération fiscale et douanière. Cheikh Tall Sow a détourné à des fins personnelles les avantages de cet accord. La preuve est faite avec l’affaire de la société ‘Touré Equipements’ sise à l’avenue Blaise Diagne qui a importé du matériel informatique d’une valeur d’environ 108 millions de francs Cfa. Où est ce matériel ? En tout cas, la commande n’est pas arrivée à Seniran.

Auprès d’Elton également, Cheikh Tall Sy a eu à encaisser des exonérations d’une valeur de vingtaine de millions sur l’exonération de l’achat de carburants à laquelle Seniran n’a pas droit. Il existe également plusieurs dépenses à coups de millions sans pièces justificatives effectuées par Cheikh Tall Sow sur la base de faux documents qu’il confectionne lui-même avec du matériel ultra-sophistiqué. Une partie de ce matériel est aujourd’hui entre les mains des enquêteurs de la gendarmerie. Le disque dur de l’ordinateur du sieur Sow détient d’autres surprises, nous dit-on.

Mamadou Sarr Source : Walf

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