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Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, porte-parole dela famille Tidiane : « Ce que Al Makhtoum a plus que nous »

lundi 31 mars 2014

Le 8 décembre 2012, loin de la cité religieuse de Tivaouane, dans la grisaille d’une nuit parisienne, Serigne Mansour Sy s’éteignait. Hier, lors du Panel organisé par les « dahiras » de Serigne Mansour pour rendre hommage à l’homme multidimensionnel, Serigne Abdoul Aziz Sy « Al Amine » a fait beaucoup de révélations.


El hadji Abdoul Dabakh avait désigné son successeur. « Je ne défends que la vérité. J’ai le même père et la même mère que Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy. Et je reconnais qu’il a un plus, que les anciens lui ont légué, que nous n’avons pas. Lorsque la succession s’est posée, il m’a fait comprendre qu’il détenait le pouvoir spirituel « baatine ». C’est vrai que c’est un legs que lui a donné notre père, Seydi Ababacar Sy, mais dans cette maison, c’est le plus âgé qui dirige toujours. Et c’est ce que je défends toujours. Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh avait écrit pour dire qu’après sa disparation, c’est Serigne Mansour Sy qui serait le Khalife. Quand il a quitté ce bas monde, Serigne Mansour m’a appelé au téléphone pour me dire qu’El hadji Abdoul Aziz avait envoyé un émissaire pour lui demander d’aller aux mausolées d’El Hadji Malick Sy et de Serigne Babacar Sy. Serigne Mansour est allé ensuite à Dakar lui rendre compte. El Hadji Abdoul avait écrit un poème à l’intention de Serigne Mansour, qu’il a demandé à Pape Moctar Kébé de déclamer. Serigne Mansour a dit alors à ce dernier de venir au quartier Golf pour qu’il le décore. Le soir, Serigne Mansour, qui avait pensé que Golf était éloigné, a pris un boubou et 200 000 FCfa, qu’il a donnés à son fils Serigne Cheikh Tidiane pour qu’il les remette à Pape Moctar Kébé. Lorsque Cheikh Tidiane est arrivé sur place, il n’a trouvé personne. On lui a alors dit qu’El hadji Abdou a eu un malaise après le départ de Serigne Mansour Sy. Qui m’a demandé de venir à Dakar. Le lendemain, je suis allé à l’hôpital Principal, où j’ai trouvé le marabout. Il était devenu méconnaissable. Il ne parlait plus. Je suis revenu à Tivaouane pour prendre quelques habits. C’est vers 4 heures que le Président Abdou Diouf m’a appelé au téléphone pour me demander d’aller voir le Général Wade, qui devait me confier un message confidentiel. Le Général Wade m’a alors révélé qu’El hadji Abdoul n’attendait que son heure. J’ai été au Palais pour voir le Président Diouf, qui devait se rendre au Gabon et qui a prié pour qu’il ne lui arrive rien. Je lui ai alors dit de remercier Dieu parce qu’El hadji Abdoul Aziz a eu la chance de vivre plus longtemps que son père et son grand frère. Le Président Diouf m’a alors interrogé sur celui qui devait succéder à El hadji Abdoul Aziz Sy. Je lui ai dit que c’était Serigne Mansour Sy, parce que c’est toujours l’aîné de la famille qui hérite du Khilafa. Le Président Diouf s’est alors interrogé sur de probables contestations dans la famille. Je lui ai fait comprendre que la volonté des anciens sera respectée. Le Président Diouf est parti au Gabon, le Khalife s’est éteint derrière lui. Serigne Mansour m’a alors téléphoné vers 5 heures du matin pour m’annoncer la disparition d’El hadji Abdou Aziz Sy. Il a été inhumé à Tivaouane. Serigne Mansour a hérité du Khalifat. Il avait quelques inquiétudes. Je lui ai fait comprendre que je le soutiendrai à 1000% (mille pour cent). C’est ainsi que nous avons cheminé ensemble jusqu’à sa disparation. Je ne l’ai jamais trahi. »

60 ans de conflit, c’est trop. « Après sa disparition, j’ai téléphoné à Cheikh Tidiane pour lui annoncer la nouvelle. Quelques jours plus tard, il m’a téléphoné pour me dire qu’il m’envoyait une délégation. C’était Pape Malick, Abdourahmane et El Hadji Malick. Ils sont venus pour que j’aille présenter avec eux les condoléances de Serigne Cheikh à Sokhna Fatou Sy. Il m’a remis 10 millions FCFa en guise d’« adiya ». Sokhna Fatou Sy m’a alors dit qu’elle ne voulait de soutien que l’unité de la famille Sy. Elle m’a dit que 60 ans de conflit, c’était trop. Cela arrange certains individus, parce qu’ils se nourrissent de la division au sein de la famille Sy. Je suis toujours là pour asséner mes vérités à tout le monde. Les gens font tout pour diviser la famille. Si cela a perduré, c’est parce que nous l’avons voulu. Il était temps d’arrêter cela. »

L’œuvre de Serigne Mansour Sy, un viatique pour les générations futures. « Serigne Mansour était très discipliné et très généreux. Par son œuvre, il est aujourd’hui dans le cœur de tous les musulmans. L’homme doit toujours œuvrer pour entrer dans la postérité. Aujourd’hui, tous les membres de la famille d’El hadji Malick sont présents à Tivaouane. Par le biais de son fils Ass Malick Sy, Serigne Cheikh m’a instruit d’encadrer les jeunes. C’est pourquoi j’ai arrêté mon traitement médical pour venir assister à cette cérémonie. Si j’avais raté cette cérémonie, beaucoup de Sénégalais iraient en enfer, parce qu’ils commenteraient des choses qu’ils ne maîtrisent pas. Cette journée est exceptionnelle car Serigne Mansour Sy était un homme de Dieu. Il était sympathique et très courtois. Quand il était jeune, il a étudié et quand il est devenu adulte, il était très instruit. Il a formé plusieurs enseignants. Il a encadré bon nombre d’imams qui dirigent les prières dans les mosquées de Dakar. Serigne Mansour Sy avait une université populaire. Nous devons nous battre pour préserver le legs des anciens. J’ai dit aux jeunes de la famille que j’ai 86 ans et Serigne Cheikh en a 88. C’est à eux de perpétuer le legs. Ils doivent s’instruire pour tenir haut le flambeau ».

Quelqu’un qui n’est pas Tidiane, offre 150 millions FCfa pour parachever la mosquée. « Nous allons bientôt vers le parachèvement de la mosquée d’El hadji Malick Sy. Il y a déjà quelqu’un qui n’est pas de la confrérie tidiane (Cheikh Amar : Ndlr) qui a décidé de verser 150 millions FCfa en 3 tranches, pour participer aux travaux de la mosquée. Il a déjà remis 50 millions FCFa, que l’on a versés dans un compte. »

L’Observateur

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