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Thiéyène, l’autre symbole de l’échec du colon à contenir l’influence de Bamba

samedi 14 décembre 2013


Le fondateur du mouridisme, Ckeikh Ahmadou Bamba (1853-1927), après son exil au Gabon et en Mauritanie, a aussi vécu l’isolement pendant quatre ans et six mois à Thiéyène, dans le Djoloff, où une caravane sur ses "traces" s’est rendue ces derniers jours en perspective du Grand Magal de Touba.

Dans le but de restreindre son influence, l’administration coloniale française avait, durant son placement dans cette localité, limité à six le nombre de visiteurs qu’il devait recevoir par jour.

‘’Le but à atteindre étant de restreindre le plus possible le nombre et l’importance des pèlerinages chez Ahmadou sans toutefois porter atteinte à la religion musulmane en employant des moyens vexatoires envers les adeptes, la solution, la meilleure semble résider dans la création d’une obligation administrative que devrait observer tous ceux qui désirent venir à Thiéiane.’’

Cette explication est contenue dans une correspondance de l’administrateur du cercle de Louga au Gouverneur du Sénégal à Saint-Louis, en date 03 octobre 1907.

La tentative de l’administration coloniale de restreindre son influence va toutefois se solder par un échec patent. La mesure n’a pas, en effet, eu l’effet souhaité et attendu, qui était de limiter le nombre de visiteurs de Cheikh Ahmadou Bamba.

Et on va même assister à une sorte d’effet boomerang, car le colonisateur français ne pouvait plus freiner l’ascension vertigineuse du mouridisme ni même contrôler les contacts et agissements du marabout.

Lors du passage de la caravane "sur les traces de Cheikh Ahmadou Bamba", Thiéyène, niché dans la communauté rurale de Boulal, est apparu comme ‘’un village paisible’’.

La maison où habitait Serigne Touba a été réhabilitée en 1981 par son petit-fils Serigne Mbacké Madina. Il s’agit d’un titre foncier de quatre km2 qui est détenu par la famille.

En quittant Thiéyène, les Français avaient mis le feu au village pour effacer toute trace de vie mais, aujourd’hui, il existe six "daara" (écoles coraniques) autour du village.

Le 27 mars de chaque année, des milliers de fidèles convergent vers la localité pour la célébration de son Magal et se recueillir aux cimetières où reposent Sokhna Faty Issa Diop, mère de Mame Thierno Birahim, frère cadet de Serigne Touba, et Sokhna Marième Diop, mère de Cheikh Issa Diène qui a surveillé les travaux de la mosquée de Diourbel.

Durant l’exil de Cheikh Ahmadou Bamba au Gabon, des gens malintentionnés avaient fait courir le bruit qu’il s’y était éteint.

Ce fut un moment insupportable pour son frère cadet Mame Thierno à qui il avait confié sa famille. Mais sa mère Sokhna Faty Issa Diop l’avait remis en confiance, en calmant ses inquiétudes.

‘’Reprends-toi. Ton frère est toujours en vie. Il m’avait promis de m’assister à mon enterrement et je suis encore vivante’’, lui avait-elle dit.

En 1908, durant son isolement à Thiéyène, Serigne Touba s’est occupé personnellement de l’enterrement de Sokhna Mame Faty Issa Diop

Le Magal de Touba célèbre, le 18 Safar du calendrier musulman, le départ en exil au Gabon de Cheikh Ahmadou Bamba.

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