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Un mois après la prestation de serment de Macky Sall : Un vent de Wadisme souffle au Palais - Nomination d’au moins 17 conseillers avec rang de ministres

jeudi 3 mai 2012


En moins d’un mois, le Président Macky qui avait fait de la réduction du train de vie de l’Etat son cheval de bataille a nommé dans son gouvernement de l’ombre au moins 17 minis­tres d’Etat, de ministres-conseillers et conseillers spéciaux qui ont rang de ministre.

On s’est offusqué du gouvernement pléthorique de Abdoulaye Wade et de ses ministres-conseillers nommés à bout de champ pour étouffer les frustrations des partenaires. Avec Macky Sall, on s’est félicité de la formation d’un gouvernement restreint de 25 ministres qui a été un engagement électoral ferme. Promesse tenue ! Après un mois d’exercice du pouvoir jour pour jour, le président de la République peuple chaque semaine son propre cabinet davantage de collaborateurs nommés sous le sceau de ministres d’Etat, ministres-conseillers et conseillers spéciaux. Oui, à côté du spécial team drivé par Abdoul Mbaye, un vrai gouvernement secret siège au Palais présidentiel. Ils sont à ce jour au moins 17 ministres d’Etat et de conseillers qui… « conseillent » le chef de l’Etat dans plusieurs secteurs qui doublent les prérogatives de certains ministres du gouvernement. Conseillers ou ministres-conseillers en Tics, Btp, Bonne gouvernance, agriculture entre autres sans oublier les trois ministres d’Etat (Aminata Tall, Marième Badiane, Amath Dansokho), la présidence de la République s’élargit dans toutes les compétences.

Ce gouvernement du Palais n’est-il pas aussi une « case clientèle politique » ? Ces nominations en porte-à-faux avec la promesse de campagne du nouveau chef de l’Etat sur la réduction du « train de vie dispendieux de l’Etat », pour reprendre ses mots. Quoique n’ayant pas de portefeuille ministériel, ces membres du cabinet du Président comme on les appelle, ont le rang de ministre avec les privilèges étatiques requis pour l’exercice d’un poste prestigieux. On est encore loin des libertés libérales mais, le nombre presque proportionnel entre le « gouvernement du Palais » et celui de Abdoul Mbaye constitue une préoccupation légitime majeure. Il s’est toujours engagé à bannir cette tare libérale pour le simple souci de réduire le train de vie de l’Etat. A ce rythme, le nouveau régime, apparemment soucieux de caser ses hommes, risque de tomber dans les mêmes travers que l’ancien qui avait la fâcheuse habitude de caser tous ses hommes à la présidence de la Ré­publique. Interpellé sur la question, le directeur de la Communication de la Pré­sidence, El hadj Kassé souligne qu’ : « Elles (ces personnes précitées) ont la dénomination de ministre, mais n’ont pas de charge ministérielle. Elles sont dans le cabinet du Président, on peut dire que ce sont des ministres sans portefeuille. » Ces arguments renforcent aussi les craintes agitées ci-haut notamment en termes de coût et surtout d’opportunités. Même si, selon certaines indiscrétions, il y a aussi des « conseillers ou des ministres-conseillers » qui auraient renoncé aux avantages liés à leur poste.

Autres faits : Il est curieux de constater que les nominations sont aussi effectuées sous le sceau presque du secret. Pas de traces sur le communiqué du Conseil des ministres. On sait que le Journal officiel n’est plus actualisé depuis plus de dix ans. Loin de ses préceptes républicains, on peut citer pêle-mêle Aminata Tall (ministre d’Etat, secrétaire générale de la présidence de la République), Jacques Diouf ; Baba Diao ; Abdou Latif Coulibaly ; Moubarack Lô ; Marième Badiane (ministre d’Etat), Amath Dansokho (ministre d’Etat) ; Mahmout Saleh (con­seiller) ; Moustapha Cissé Lô (con­seiller) ; Imam Mbaye Niang (conseiller) ; Abou Abel Thiam (porte-parole du Président) ; El Hadji Kassé (con­seiller) ; Zahra Iyane Thiam (ministre-conseiller) jusqu’à 17 membres. Sans être exhaustif bien sûr !

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