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[ VIDEO ] Me Augustin Senghor, président de la fédé-foot : ‘Il est prématuré de parler de l’avenir d’Amara Traoré’

vendredi 27 janvier 2012

Me Augustin Senghor, président de la fédé-foot : ‘Il est prématuré de parler de l’avenird’Amara Traoré’

Après l’élimination du Sénégal de la présente Coupe d’Afrique des nations (Can) 2012, Me Augustin Senghor, président de la Fédération sénégalaise de football (Fsf) n’a pas perdu de temps pour faire le point. Face à la presse, hier, le patron du football sénégalais n’a pas fait dans la langue de bois pour reconnaître l’échec cuisant des ‘Lions’ dans cette campagne. Sur le sort réservé à Amara Traoré (sélectionneur national) qui serait le responsable au premier plan de cette élimination prématurée du Sénégal, Me Senghor a demandé d’attendre que l’évaluation se fasse d’abord par le Comité exécutif de la Fsf. Avant de prendre toute autre décision idoine. Extraits.


Elimination prématurée du Sénégal, un échec

‘Ce match perdu contre la Guinée-Equatoriale arrive à la suite de celui que nous avons perdu, samedi dernier, contre la Zambie. Deux défaites qui sont synonymes de l’élimination de notre équipe nationale de la présente campagne de la Coupe d’Afrique des nations. C’est forcément un sentiment de déception et d’amertume qui nous anime. De tout, c’est le schéma qu’on attendait le moins. Personne n’avait imaginé, avant le démarrage de cette Can, qu’un tel scénario, pouvait se produire. Avec le groupe de joueurs de talent que nous disposons, le peuple sénégalais avait placé beaucoup d’espoirs en cette équipe, ainsi que l’opinion internationale. C’est même l’opinion internationale qui a fait du Sénégal l’un des supers favoris de cette Can. De sorte qu’on avait fini par placer beaucoup d’attente en cette équipe du Sénégal. Qui, malheureusement, n’a pas répondu aux attentes. Elle a même déçu dans un groupe où le Sénégal est donné super favori devant la Zambie, la Guinée-Equatoriale et la Libye. Mais, à l’arrivée, on a été battu par la Zambie et la Guinée-Equatoriale. Des résultats auxquels aucun observateur ne pouvait s’imaginer’.

Statut de redoutable outsider usurpé

‘On n’a pas été trop exigeant en nous-mêmes dans la préparation de cette Can. On s’est notamment rendu compte qu’on est loin d’être des outsiders redoutables. On n’en est même pas. Pour avoir été éliminé au premier tour, l’histoire retiendra qu’on n’était pas parmi les favoris de cette Can, ni un outsider redoutable. En un mot, il faut oser dire que le Sénégal n’a tout simplement pas été à la hauteur des attentes. Ne pas sortir de cette poule A, où on était donné favori et à juste raison, devant des équipes de moindre envergure, est un échec. Il faut, toutefois, avouer qu’on avait déjà conscience que l’équipe traînait des limites collectives. Etre une grande équipe demande beaucoup de choses que nous n’avons pas encore. Cette équipe a besoin du temps pour grandir afin d’avoir un vécu’.

Refuser de se considérer toujours comme le meilleur

‘Avec cette élimination prématurée de notre équipe nationale, pour nous autres Sénégalais, on a l’impression que c’est l’histoire qui se répète. Parce qu’après chaque échec à une Can, on replonge dans les mêmes travers. On cherche à tout raser pour reprendre à zéro. Et, ce n’est pas avec ce fonctionnement qu’on pourra gagner quelque chose sur la scène internationale. C’est pourquoi, je pense qu’il est temps qu’on mette fin à cette mentalité. Il est surtout temps qu’on comprenne que le Sénégal est encore très loin d’avoir la meilleure équipe du continent africain. On sort d’une crise qui avait plongé le football sénégalais dans une léthargie totale. On est encore dans une phase de reconstruction qui n’est pas encore terminée. Il faut, alors, beaucoup plus afin de bâtir une équipe compétitive qui pourrait nous valoir d’énormes satisfactions sur la scène continentale et internationale. C’est vrai que le brillant parcours réussi dans les éliminatoires est exceptionnel. Sortir premier du groupe E devant le Cameroun et la Rdc est exceptionnel. La reconstruction est même partie très vite. Mais, il faut le considérer comme un raccourci. Parce qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour que le football sénégalais devienne l’un des meilleurs du continent africain’.

Objectif raté

‘Pour cette Can 2012, notre premier objectif, n’était pas de remporter le trophée. On s’était fixé comme objectif principal d’atteindre les demi-finales. Le staff technique avait parlé, de son côté, de quart de final. Mais, pour n’avoir atteint aucun de ces deux objectifs, cette campagne est tout simplement un échec. On a échoué. Il faut oser le dire. Notre élimination prématurée dans cette Can est un échec. On a failli par rapport aux attentes de tous les Sénégalais. Mais, il faut noter que cet échec ne traduit pas le vrai visage de notre équipe nationale. Elle a juste montré un visage conjoncturel dans cette compétition. Cet échec ne traduit pas la vraie valeur de cette équipe nationale du Sénégal qui nous a, quand même, valu d’énormes satisfactions dans les éliminatoires de cette Can 2012. C’est pourquoi, je pense que ce n’est pas le moment de jouer à la chasse à la sorcière. Surtout que nous avons un dernier match de poule à jouer, dimanche prochain, contre la Libye. C’est un match que l’équipe doit jouer à fond pour le remporter. Afin de terminer la compétition en beauté. Restons alors mobilisés jusqu’au bout. Parce qu’il nous faut respecter l’esprit de cette compétition’.

Sort d’Amara Traoré

‘Il est prématuré de parler de l’avenir du sélectionneur national. Il faut d’abord lui laisser le temps de terminer les matches de poule. Amara Traoré a signé un contrat à durée déterminée avec l’Etat du Sénégal. C’est vrai qu’il avait un objectif bien précis à atteindre dans cette Can. Mais, ce n’est vraiment pas le moment de parler de son avenir à la tête de cette équipe nationale du Sénégal. Ce n’est pas le moment de prendre les décisions hâtives qui pourraient compromettre les acquis. Le temps de l’évaluation n’est pas encore arrivé. C’est à la fin de la compétition, une fois à Dakar, qu’on procédera à l’évaluation. C’est à l’issue de cette évaluation que le Comité exécutif du football sénégalais prendra les décisions qui s’imposent. Mais, à mon avis personnel, je pense que la poursuite du plan programme de l’évolution de notre football n’est pas attributaire de l’échec cuisant de nos ‘Lions’ à Bata. Même s’il ne manquerait pas que des décisions majeures soient prises au sortir de la réunion que le Comité exécutif de la Fédération sénégalaise de football tiendra une fois à Dakar. Après cette évaluation, on situera la part de responsabilité des uns et des autres’.

Consolider les acquis

‘Au Sénégal, on a toujours tendance à penser qu’on est meilleur que les autres. Que nous avons la meilleure équipe du monde. Alors que la réalité est qu’on n’a même pas le niveau qu’on se donne. Il nous faut beaucoup travailler pour rivaliser d’adresse avec ce qui se fait de meilleur dans les autres pays. C’est pourquoi, j’insiste à dire qu’il serait bien que les décisions idoines du Comité exécutif soient prises dans la lucidité et dans la sérénité. C’est à ce prix-là seulement qu’on pourra faire avancer notre football. Il nous faut éviter de prendre des décisions hâtives qui pourraient ruiner tous les acquis. Il faut qu’on arrive à prendre des décisions idoines tout en assurant une continuité dans le travail. Faire en sorte que les acquis ne soient pas jetés dans la poubelle. Parce qu’au retour d’une campagne, on n’a pas su prendre, de façon très réfléchie, les décisions qui s’imposent. Il nous faut surtout prendre des décisions qui pourront aider à sauvegarder ce groupe de joueurs talentueux que nous disposons. Ce groupe a besoin de temps pour s’éclore. C’est l’opinion internationale qui lui a mis une certaine pression pour qu’il passe à côté de sa Can. On a fait de ce groupe un super favori de cette Can. Alors qu’une grande équipe se forge dans le temps. Les leçons de cet échec doivent justement aider à prendre, dans le futur très proche, les meilleures solutions afin de rattraper le temps perdu’.

Cas Moussa SOW

‘Il n’y a aucun cas de joueur qui se pose dans la tanière. Aucun joueur, que je sache, n’a pris la décision de quitter le groupe. Pour ce qui concerne Moussa Sow, il est juste en partance pour Fenerbahçe où il doit être transféré très prochainement. Vous savez tous que le Mercato sera fermé le 31 janvier prochain. On est juste à quelques jours de cette date. Ce matin (hier matin) ses frères sont venus nous exposer le cas. Au vu de l’urgence et de la tournure des évènements, je ne vois aucun intérêt à le retenir. Surtout que Moussa Sow devrait juste partir pour 24 heures. Au cas échéant, dès demain, il sera de retour dans le groupe. Mais, après cette conférence de presse, on va en discuter avec le ministre d’Etat, ministre des Sports, Abdoulaye Makhtar Diop, pour prendre la décision qui s’impose. Il nous faut surtout prendre en compte, des fois, l’intérêt des joueurs qui ont leur carrière et leur avenir à gérer. C’est vrai que nous avons un match d’enjeu à jouer contre la Libye. C’est un match que nous voudrions bien gagner pour terminer la compétition en beauté. Mais, je ne vois aucun inconvénient à laisser partir Moussa Sow pour qu’il aille passer des visites médicales afin de parapher un nouveau contrat. Et, en tant que dirigeant, notre devoir consiste aussi à appuyer les joueurs dans leurs démarches’.

Accompagnement de l’Etat

‘Je tiens à souligner ici que l’Etat a fait tout ce qu’il avait à faire. Il a donné tout ce qu’il avait à donner. L’Etat a mis l’équipe dans de meilleures conditions de performance. Par conséquent, on ne peut que lui dire merci. Et, ce soutien de l’Etat ne date pas d’aujourd’hui. Il nous a toujours accompagnés dans toutes nos missions’.

Rôle de Bilal Dieng et Lamine Dramé dans la ‘tanière’

‘Bilial Dieng et Lamine Dramé sont dans la périphérie de la ‘tanière’. Bilal Dieng est notamment un proche du sélectionneur national Amara Traoré. C’est son homme de confiance. C’est quelqu’un avec qui Amara travaille depuis le temps où il était entraîneur de la Linguère de Saint-Louis. Et, tant que sa présence a une utilité, voire une nécessité pour le coach et son staff technique, nous n’y trouvons aucun inconvénient. Ceci est aussi valable pour Lamine Dramé que nous avons trouvé dans la périphérie de la ‘tanière’. Lamine Dramé y est depuis le temps du Cnf (Comité de normalisation du football sénégalais). Pour cette Can, il faut noter que Lamine et Bilal sont entièrement pris en charge par la Fédération sénégalaise de football’.

Message d’encouragement et de soutien de l’Etat

‘Nous n’avons pas encore reçu de message de l’Etat comme la dernière fois, lors de notre défaite contre la Zambie. Nous avons juste discuté avec le ministre d’Etat, ministre des Sports, Abdoulaye Makhtar Diop qui a reconnu, comme nous, l’échec de notre campagne. Il y a aussi le ministre conseiller Serigne Mbacké Ndiaye, qui nous a fait parvenir un message d’encouragement, par le biais d’un de ses proches. Peut-être qu’à l’issue du Conseil des ministres, le message de soutien de l’Etat pourrait nous arriver’.

Démission du président de la Fsf

‘Il faut toujours s’attendre au départ d’un président. Soit, c’est par une décision personnelle ou par celle de l’instance qu’il dirige. Pour ce qui est de mon cas, je ne suis accrocheur à aucun poste. Nous travaillons pour le bénéfice du football sénégalais. Mais, personnellement, je ne pense pas encore à quitter mes fonctions de président de la Fédération sénégalaise de football (...)’

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