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WADE-IDY - Dissipation des nuages et discussions soutenues : Bruits d’un jeu de chaises musicales

mardi 1er avril 2008

La sortie, dimanche dernier dans l’émission Grand Jury de la Rfm, de Me Ousmane Sèye, l’avocat de l’Etat dans l’affaire des chantiers de Thiès, est, à bien des endroits, révélatrice d’une météo politique annonçant un climat relationnel plus doux entre le président de la République et son ancien Premier ministre et ex-n°2 du Parti démocratique sénégalais (Pds), Idrissa Seck. Ce dernier court tout droit vers un non-lieu total à l’issue de sa prochaine convocation devant la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice. Et cerise sur le gâteau du « père adoptif » et de son « fils d’emprunt », les discussions entre les deux hommes n’ont pas éludé un prochain jeu de chaises musicales au niveau de l’attelage gouvernemental, à la faveur du retour de Idrissa Seck.


Des spécialistes de la météo politique, branchés sur le Palais, évoquent dans quelques salons feutrés de Dakar que le Président Wade prépare un remaniement ministériel qui, en partie, entre en droite ligne avec les discussions qu’il a échangées avec son ancien Premier ministre et actuel maire de Thiès, Idrissa Seck.

C’est ainsi qu’il faut saisir la réactivation du dossier relatif aux chantiers de Thiès avec la convocation de Idrissa Seck devant la Commission d’instruction de la Haute cour de justice, le 15 avril prochain, sans doute pour rendre un non-lieu définitif dans l’affaire des chantiers de Thiès.

Une éventualité que n’exclut, d’ailleurs, pas une des voix autorisées dans ce dossier, l’avocat de l’Etat, Me Ousmane Sèye, qui évoque, pour motiver cette issue pour Idrissa Seck, « la jurisprudence Salif Bâ ». Ce dernier, ancien ministre de l’Habitat, de la Construction et du Patrimoine bâti de l’Etat, avait été blanchi le 14 janvier 2008, sur l’affaire des chantiers, accusé qu’il était de complicité.

Or, ce serait une incohérence que d’accorder un non-lieu pour Salif Bâ, en tant que complice et le refuser à Idrissa Seck, principal accusé dans l’affaire des chantiers de Thiès. D’ailleurs, l’avocat de l’Etat a sorti un détail qui vaut son pesant de béton dans cette affaire des chantiers de Thiès, surtout dans le contexte actuel, marqué par des inquiétudes dans l’entourage présidentiel face au soufre social.

Mieux, l’avocat de l’Etat a reconnu, une fois encore, le caractère politique de ce dossier qui, pour cette raison, aura aussi une solution politique. Et sa « proposition » de dissolution de l’Assemblée nationale par le président de la République pour l’organisation d’élections législatives couplées avec les Locales est loin d’être innocente.

Si elle rencontre une oreille attentive du locataire du Palais Léopold Sédar Senghor, Wade aura participé à « venger » son « fils d’emprunt » et en même temps à liquider le contentieux différé entre lui et Macky Sall, le président de l’Assemblée, avec qui les nuages ne sont pas complètement dissipés.

Faut-il voir à travers le prisme de la sortie de Me Sèye, les échos sortis des « discussions devenues fréquentes entre Wade et Idy » ? En tout cas, aucun démenti ne s’est élevé quand la presse a révélé l’existence de discussions assidues entre le Président Wade et son ancien directeur de cabinet. Des confidences dans les deux camps croient savoir, d’ailleurs, que ces discussions ont récemment porté, entre autres, sur le retour de Idrissa Seck dans la proximité présidentielle.

L’ancien Premier ministre, au regard de la posture qu’il a affichée depuis l’annonce de ses retrouvailles avec Wade, ne cracherait pas sur le principe de retourner auprès du « Vieux ». Cependant, disent nos météorologues politiques, M. Seck a posé une condition relative au départ du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, Me Ousmane Ngom, de la place Washington. Il reprocherait à ce dernier d’avoir joué un rôle important dans le traitement du dossier des chantiers de Thiès avec des allures d’une « vengeance personnelle ».

CONSULTATIONS SECRETES

En perspective du prochain jeu de chaises musicales, des confidences renseignent que le « président de la République a commencé déjà à consulter secrètement des personnalités ». Au milieu de la semaine écoulée, Me Wade a rencontré une personnalité bien introduite dans le secteur bancaire pour lui proposer le poste de ministre de l’Economie et des Finances. Cette personnalité a décliné l’offre pour ce poste. Tout comme elle a décliné une seconde proposition présidentielle d’occuper le poste de ministre du Commerce.

Abdoulaye Diop, l’actuel argentier de l’Etat, aurait-il renoncé à continuer à diriger cette station ministérielle, lui à qui on prête d’avoir voulu débarrasser le plancher, après sept ans de présence ? Une palme de longévité dans les gouvernements de Wade que seul Cheikh Tidiane Gadio, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, a réussi à lui ravir. « Si le ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances est resté si longtemps à ce poste, c’est parce que les bailleurs de fonds l’avaient retenu pour sa compétence et sa crédibilité.

Il avait manifesté plusieurs fois son désir de se libérer », confie un conseiller au ministère des Finances. L’homme a pu, pendant tout ce temps, faire dans un jeu d’équilibre entre le Président Wade et les institutions financières internationales qui apprécient ses qualités à manager le Trésor public. Abdoulaye Diop va-t-il quitter le ministère de l’Economie et des Finances, pour monnayer son savoir-faire à la Banque islamique de développement (Bid) ? En tout cas, des rumeurs persistantes « l’envoient » dans cette structure bancaire.

Cette fois-ci, le Président Wade envisage-t-il de libérer son ministre de l’Economie et des Finances ? On avance même le nom de l’actuel ministre-délégué au Budget, Ibrahima Sar, pour garder l’argent des Sénégalais. Mais, les institutions financières internationales qui sont très regardantes sur le profil de l’argentier de l’Etat, ne semblent pas très emballées pour le cas de M. Sar.

Dans les salons douillets de Dakar, on dessine le profil d’une personnalité en poste dans une institution financière internationale à Washington. Vrai ou faux, on parle des compétences de cette personnalité et de sa proximité avec Karim Wade, le fils du président de la République.

Quel sera l’avenir de l’actuel Premier ministre, dans l’éventualité d’un remaniement ministériel ? Hadjibou Soumaré va-t-il subir les « destins tragiques » de ses prédécesseurs à la station primatorale, Moustapha Niasse, Mame Madior Boye, Idrissa Seck et Macky Sall ? Nos météorologues politiques sont encore dans le brouillard par rapport à cette question.

source : le quotidien

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